lundi 24 novembre 2025

 


                                          Zucman ?

           A supposer que... ce n'est vraiment pas le moment !


Eh bien nous y sommes ! 

Pour la première fois dans l'histoire de la Vème République, le budget présenté par le gouvernement et modifié par l'assemblée a été rejeté à l'unanimité.  Moins une voix, soyons juste, celle de Monsieur Huwart député d'Eure et Loir. Aucun des députés du "camp présidentiel", à supposer qu'il existe encore, ne l'a donc voté.

Il n'y a dans cette affaire aucune cohérence chez ces femmes et ces hommes dont les votes deviennent tristement chaque jour davantage des outils  de chantage pour sauver leur siège, c'est à dire leur peau.

J'ai quelques fois envie de crier: "Mais monsieur Faure, la 11 ème circonscription de Seine et Marne on s'en fout ! C'est de la France qu'il s'agit ! "

Même chose pour tant et tant d'autres.

"C'est dans le vide de la pensée que s'inscrit le mal" ,  Hannah Arendt Les origines du totalitarisme.

Quelle tristesse!

 À l'heure où j'écris, on n'y voit donc plus rien, hors le risque de l'accident; comme dans le plus épais des brouillards.

Alors parlons d'autre chose.

La taxe Zucman semble enterrée,  mais comme quelques-uns parmi vous m'ont demandé ce que j'en pense, je vous le dois. 

Je souhaite toutefois en parler calmement et sans manichéisme. Après tout, Gabriel Zucman est un économiste jeune certes, mais reconnu. Au surplus, Olivier Blanchard ancien chef économiste respecté du FMI que l'on ne peut pas taxer de "mélenchonisme", est favorable à son instauration , en vertu du fait que, comme moi ou, moi comme lui cela est plus décent, "si on demande un effort à la collectivité, il me semble nécessaire de demander aussi un effort aux plus privilégiés". (Interview accordée au Nouvel Observateur.)

Et pourtant, je n'y suis pas favorable pour quelques raisons simples, tirées principalement de ma vieille expérience d'ancien banquier.

Pour rappel, le projet de Gabriel Zucman est de taxer au taux de 2%, chaque année, les patrimoines égaux ou supérieurs à 100 millions d'euros en ce compris le patrimoine professionnel qui, par parenthèse, en constitue l'essentiel.

100 millions, ce n'est pas rien, il est vrai.

200 millions davantage encore. 

Et 200 milliards que dire !

Pour Gabriel Zucman, cette taxe rapporterait 25 milliards dans les caisses de l'État. Olivier Blanchard l'estime lui à 10 milliards, c'est déjà plus raisonnable. 

On entrevoit le flou et comme dit le proverbe "quand c'est flou, il y a un loup"

Il est bien optimiste en effet, monsieur Zucman.

 Sur les 25 plus importantes fortunes professionnelles relevées par le magazine Challenge, 10 sont non-résidentes. Selon mon estimation, cela fait près de 5 milliards de manque à gagner. 

J'en connais d'autres, moins importantes, qui ne vivent plus en France. C'est sans doute malheureux mais c'est ainsi.

Pour autant, là n'est pas le sujet essentiel.

L'essentiel selon moi, le voici, dans une conversation que j'ai imaginée avec le jeune économiste. 


1) Beaucoup d'actionnaires seront dans l'incapacité de payer la taxe.

Gabriel, - vous permettez que je vous prénomme , je suis un vieux bonhomme vous savez -?. Eh bien je vais vous dire: ce n'est pas parce que vous avez 10 % d'une entreprise estimée à 1milliard qu'elle vous rapporte 2%, c'est à dire 20 millions, après impôts. Les dividendes sont votés par l'assemblée générale des actionnaires, vous le savez. Mais savez-vous que ce vote s'exprime  en fonction des résultats dégagés par l'entreprise et de sa capacité  à les payer, sans obérer les investissement futurs?  

Ils ne sont jamais votés en fonction de la valeur supposée de l'entreprise. 

Il est donc fort probable que dans beaucoup de cas, les actionnaires n'auront pas durablement, après impôt je vous le rappelle, les liquidités nécessaires pour payer cette taxe.

Quant aux créateurs de startups, dont les entreprises sont souvent excessivement valorisées alors qu'elles ne dégagent ni trésorerie ni bénéfice et qui , généralement, se paient très raisonnablement,  c'est simple: ils ne pourront pas. 

C'est exactement comme si vous décidiez de taxer un tennisman  prometteur sur la perspective  de ce qu'il touchera quand il aura gagné Rolland Garros et Wimbledon.

 Reconnaissez que c'est idiot.


2) Dans ce cas, l'État se paierait alors en actions 

Qu'à cela ne tienne, monsieur le banquier, ils paieront en nature.

 C'est simple, l'assujetti  mettra entre les mains de l'État des actions de l'entreprise dont il est actionnaire à hauteur de la contrevaleur nécessaire pour le paiement de cette taxe. Et, je vous rassure, ces actions seront privées de leur droit de vote, afin que l'État n'interfère pas dans la gestion. 

 Voila, qui est heureux. Mais n'êtes-vous pas quelque peu candide ?  Ce qu'une loi a fait une autre peut le défaire. 

Mais plus sérieusement Gabriel, c'est de cash dont l'État a besoin pour réduire son déficit. Pas d'actions.

Pas de problème, monsieur. J'y ai pensé. L'État les revendra. Aux salariés par exemple. 

Parfait! Mais ceux-ci, à supposer qu'ils en aient les moyens ou qu'ils le veulent,  voudront-ils acheter au prix que l'État a payé des actions sans droit de vote ? La réponse est dans le question, je le crains. Évidemment non. Dès lors, soit ils n'achèteront pas c'est le plus probable, soit ils exigeront un rabais et cela  entraînera une perte pour l'État.

Dans les deux cas, pardonnez-moi l'expression, l'État sera "marron". 

Mais non, car ce n'est pas tout, monsieur.  Ils pourront aussi, ces actionnaires en manque de trésorerie, vendre leurs actions à d'autres actionnaires plus fortunés.

Oh cela me paraît fort douteux. On peut imaginer que ceux-ci ne se précipiteront pas pour voir leur addition fiscale augmenter en vertu du rachat des actions de ceux-là.

Ah bon? Le pensez-vous ?

J'en suis certain.

3) Problèmes soulevés par les Pactes d'actionnaires.

Dans les entreprises non cotées, en dehors même des "pactes Dutreil" quand il y en a, les actionnaires sont liés très souvent par des accords en vertu desquels ils prennent des engagements réciproques, notamment de non-cession à un tiers non agréé. L'État en serait évidemment un.

Comment pensez-vous, Gabriel, que l'État gèrera la multiplicité des contentieux qui naîtront inévitablement ? 

On ne sait pas. Vous ne le savez pas. D'ailleurs on ne peut pas le savoir.

Je suis économiste, monsieur, sur ce sujet je ne saurais vous dire.

C'est pourtant un vrai sujet Gabriel, croyez-moi.


4) Comment traiter la question épineuse de l'évaluation de la valeur de l'entreprise?

J'ai une autre interrogation Gabriel.

Que vaut une  participation dans une entreprise non cotée ?Comment l'évalue-t-on ?  Selon quels critères ? Comment tient-on compte de la spécificité des secteurs économiques, de la localisation, de la concurrence, de l'ouverture aux marchés extérieurs , des bouleversements technologiques à venir?

 Et comment tient-on compte de la diminution de valeur pour détention d'une part minoritaire du capital de l'entreprise ? Car, comme disait le baron Albert Frère qui était un poète: "Petit minoritaire petit con, gros minoritaire gros con".  

Quand l'entreprise est cotée, pas de problème, c'est la valeur de marché. Elle est connue chaque jour, il suffit d'ouvrir son ordinateur, vous le savez bien. 

Mais regardez, Gabriel,  les fortunes professionnelles qui figurent dans le classement de Challenge; elles sont presque toutes constituées d'actions d'entreprises non cotées.

Je vais vous dire ce qui va se passer. Pardonnez ma prétention, j'ai fait moins d'études que vous, mais j'ai plus d'expérience. 

Chaque année le fisc tentera bien normalement,  de redresser la valeur  forcément raisonnable retenue par l'actionnaire taxable, et chaque année l'actionnaire taxable contestera bien normalement le redressement envisagé.

 Les tribunaux, comme s'ils n'avaient que cela à faire,  n'y suffiront pas. 

Plus grave, arrivera un moment où les actionnaires taxables, en ayant soupé, vendront. À un grand groupe ... non assujetti à la taxe Zucman. Ou à un fonds tout aussi épargné.

Puis ils ficheront le camp.

Réellement, Gabriel, il y a plus malin!

5) La taxe semble devoir au surplus soulever une multitude de problème juridiques

Comme je n'aime pas trop parler de ce que je ne connais pas bien, je n'aborderai pas ici ces sujets qui sont hors de ma compétence. Mais je lis, Gabriel, autant que je le peux; voyez-vous à mon âge on a le temps. 

Manifestement,  les problèmes juridiques sont très nombreux. Le Conseil constitutionnel, dit-on, trouverait à y redire.

Il est clair, si je lis bien, que les contentieux fleuriront, comme coquelicots en juin.


Gabriel, écoutez-moi. 

Vous savez que l'enfer est pavé de bonnes intentions. 

Vous êtes un économiste reconnu, vous avez beaucoup travaillé, vos intentions sont louables. Mais voilà, la vie ne se passe pas dans des laboratoires. 

Le résultat de l'instauration de la taxe qui porterait votre nom serait clair: 

Nous entrerions dans une période de contentieux innombrables préjudiciables à la marche des entreprises. Ils accentueraient davantage encore la méfiance des entrepreneurs vis à vis de la France. 

Beaucoup de "pays amis" n'attendent que cela.

Gabriel, je vous l'assure, à supposer que votre projet soit pertinent, vous avez compris que j'en doute, ce n'est vraiment pas le moment.









lundi 17 novembre 2025

 


                                            Les cocus paieront la chambre.


(Suite de: "Le Vicomte et le Ploutocrate")


Voilà maintenant ce que je crains.

Vincent Bolloré est très intelligent, travailleur, compétent et dispose de moyens d'influence considérables:

CNews,

C8

C Star

Europe 1

RFM

Prismedia Group (Capital, Geo, Voici, etc.)

Le Journal Du Dimanche: 120.000 exemplaires vendus chaque semaine en progression de 10%.

À travers Vivendi, il contrôle le groupe Hachette dont les Éditions Fayard, éditeur de Jordan Bardella, et du Vicomte, notamment.

Je laisse de côté Canal+  - filiale directe de Bolloré, et Havas  (6ème groupe publicitaire mondial) autre filiale de Vivendi qu'il n'utilise pas pour le service de ses "convictions"; ce ne serait pas son intérêt

Partout, il place ses hommes et ses femmes, tout aussi travailleurs, tout aussi compétents, tout aussi déterminés.

 Pascal Praud, Geoffroy Lejeune, Sonia Mabrouk, Laurence Ferrari, et les autres sont d'excellents professionnels qui savent ce qu'ils font et quelle idéologie ils servent.

Europe1 a gagné plus 300.000 auditeurs depuis le début de l'année; imaginez l'effet multiplicateur sur l'électorat.

CNews ne cesse de progresser; elle est devenue la 1ère chaîne d'information continue en France. 

Les journalistes et chroniqueurs sont payés pour faire avancer le rouleau compresseur derrière lequel marchent Marine Le Pen et Jordan Bardella.

Cela n'est pas nouveau; voilà des années que la droite radicale a mis en place sa machine de guerre.

Qu'a-t-on fait en face ? On s'est chamaillé.

Et on se chamaille toujours.

Il y a le feu pourtant. 

Rappelez-vous de Gaulle: "je laisse les partis faire leur petite soupe sur leur petit feu, dans leur petit coin"

Le problème est qu'aujourd'hui ce n'est pas de Gaulle qui peut dire cela mais, Marine Le Pen et Jordan Bardella. 

Ils regardent ravis:

- Les Républicains se déchirer entre deux ambitions à moins qu'il ne s'agisse de deux ambitieux : Wauquiez et Retailleau.

- Le "Bloc central" tout pareil, mais ils sont beaucoup plus nombreux à contempler le ciel en espérant l'onction divine.

- Les socialistes, qui essaient d'attirer le chaland dans une course aux amendements qui creusent les déficits et plombent la croissance pourtant molle, tirant ainsi benoîtement les marrons du feu pour les extrêmes.

Les Verts qui... on ne sait plus bien; d'ailleurs a-t-on jamais su si, pour eux, l'important était leurs alliances, fut-ce avec Mélenchon,  ou la cause essentielle qu'ils prétendent défendre. Soyons bon prince,  ils viennent de décider de participer à une primaire de la gauche unie, qui d'ailleurs ne le sera pas.

Laissons de côté LFI et son ineffable leader. Hors course me semble-t-il grâce à Dieu; un extrême de moins. Les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes.

Voyez-vous, ce spectacle terrifiant me fait penser au film "Prova d'Orchestra" (Répétition d'orchestre) de Fellini (1979).

Dans un oratoire, un orchestre s'installe pour répéter une oeuvre contemporaine, sous la direction d'un chef jupitérien et colérique.

La télévision est là. 

 Les musiciens se rebellent, contre l'autorité du chef, un délégué syndical prend la main.

Le chef sort.

Chaque musicien, grisé par la présence de la caméra se goberge, adapte son attitude et augmente l'importance de son instrument en lui donnant une place aussi particulière qu'imméritée dans la relation entre les pupitres . 

Le chef revient. Il est  interviewé à son tour et dit de son orchestre qu'il est devenu un regroupement d'individus dont les seuls mobiles sont  l'ambition et la haine.

L'oeuvre qu'ils sont là pour défendre n'est plus qu'un prétexte.

Soudain, une boule noire abat un des murs de la salle de répétition.

Foutoir indescriptible, chaos.

Puis les répétitions reprennent sous l'autorité rétablie d'un chef qui, oubliant l'italien, s'exprime en allemand.

Triste métaphore, pour moi, d'une démocratie dévoyée, qui me fait penser à celle que nous vivons. 

Les aiguilles de l'horloge tournent pourtant, qui nous rapprochent de l'arrivée du  Rassemblement National au pouvoir malgré un programme économique délirant. 

Le plafond de verre est brisé: le RN, augmenté du parti d'Éric Ciotti, de celui d' Éric Zemmour, et de la part des Républicains qui risque de basculer représente 40% des voix. 

 Le "front républicain" est mort; les français savent bien qu'il ne correspond à rien d'autre qu'à une alliance défensive d'adversaires qui se détestent et sont incapables de construire ensemble.

Oh je sais bien!

 Il en est qui se disent "Laissons les arriver au pouvoir; leur programme économique est tellement délirant qu'ils ne tiendront pas deux ans"

C'est exactement ce que Jacques Chirac avait pensé en 1981.

Il ne faut pas jouer à la roulette belge -pardonnez-moi, amis d'outre -Quiévrain- surtout quand il s'agit de ne pas confier son destin aux partis extrêmes.

 Tous ceux qui ayant un petit vélo dans la tête mesurent leur avenir sur l'étalon de leurs rêves  ambitieux me font penser à ce qu'avait écrit Jean-Baptiste de Froment dans "La bonne nouvelle".  Ils appartiennent "à la catégorie des cocus qui paient la chambre". 

En réalité non;  c'est nous qui la paieront. Bien davantage. 



lundi 10 novembre 2025

 


                                   


                        Le Vicomte et le Ploutocrate.

                          

Il y a peu, je me suis dit qu'il me fallait tout de même écouter le vicomte Philippe de Villiers pour m'assurer de la pertinence de ma répulsion.

Alors je suis allé sur YouTube et j'ai passé un temps infini, en tout cas il m'est apparu comme tel, à l'écouter dans "Face à Philippe de Villiers", l'émission que Vincent Bolloré, le Ploutocrate, lui a demandé de tenir sur C News chaque vendredi soir.

Puis je l'ai écouté interviewé par Sonia Mabrouk sur cette même chaîne.

Puis je suis allé écouter Pascal Praud et Laurence Ferrari sur Europe 1.

  Philippe de Villiers est sans nul doute le porte-étendard des idées de Vincent Bolloré,  qui lui a ouvert ses médias audiovisuels, les supports de la presse écrite qu'il contrôle et Fayard, sa maison d'édition.

Aujourd'hui je voudrais simplement vous dire, si besoin était, ce qu'est son antienne et ce qu'est sa méthode.

I) L'antienne d'abord:

-  Le sujet principal c'est l'immigration qui est la question centrale et la matrice de toutes les réformes.

Alors il va loin, le vicomte, il ne s'embarrasse pas de nuances, il sait que beaucoup de gens ont peur alors il instrumentalise. 

La France est submergée. Submerger: (verve transitif ):  envahir complètement. 

Il m'arrive de sortir de chez moi; je ne m'en suis pas encore aperçu.

Ce qu'on nous prépare c'est "la charia " et "le califat" (sic). 

L'immigration est-elle un problème?  A l'évidence oui.

Faut-il s'en occuper sérieusement tant ce sont les plus faibles qui la subissent - triste lapalissade- , à l'évidence oui.

Faut-il être d'un extrême sévérité, dans le respect de la loi, vis à vis de ceux que la France accueille et qui bafouent ses lois ? À l'évidence oui.

 Faut-il pour autant susciter et  encourager la haine de l'étranger et au premier chef de celui qui n'a pas votre couleur de peau ?

 Je ne peux pas m'y résoudre.

 

II) Sa méthode ensuite. 

Elle repose sur trois piliers : le trucage des chiffres, la radicalité et le mépris des autres.


1) On truque les chiffres, et pas qu'un peu. Plus c'est gros,  plus ça passe, alors allons-y. 

- On réservera les prestations sociales non contributives aux seuls citoyens français: économie 15 milliards.

Leur coût réel est de 6 milliards

Mensonge: 15-6= 9 milliards

Une paille!

- On mettra fin à l'aide au développement: 15 milliards.

Leur coût réel est de 4,3 milliards.

Mensonge: 15-4,3= 10,7 milliards

Une paille!

- On mettra fin aux subventions à l'installation d'éoliennes:  8 milliards.

Leur coût réel est de 0,9 milliard

Mensonge: 8-0,9= 7,1milliards

Une paille!

Sur ces seuls trois postes les mensonges proférés, à dessein, par le le Vicomte sur les chaînes de Monsieur Bolloré s'élèvent à 26,8 milliards d'euros.

Une paille!


4) La radicalité 

La syndicalisation des magistrats sera interdite. L'école de la magistrature dissoute, une autre créée ouverte aux policiers qui jugeront, eux, en connaissance de cause.

Après les magistrats, ce seront les enseignants, puis les journalistes.

C'est ainsi que les fascismes se sont installés puis ont prospéré; je ne m'y résous pas.


5) Le mépris .

- Lecornu, qu'est-ce qu'il a fait ? Rien ! On a des dirigeants qui n'ont jamais travaillé ou dirigé d'entreprise, dit le distingué vicomte.

 "Moi , je sais ce qu'est un EBITDA (*), un compte d'exploitation, un  bilan, j'ai créé Le Puy du Fou."  C'est son mantra au Vicomte, l'EBITDA; il le répète à foison. "Je sais ce que c'est qu'un EBITDA." Alors la marée des pauvres gens respectables qui l'écoute et le regarde se dit: "Ah il doit être vraiment très fort pour savoir ce qu'il y a dans un EBITDA , nous qui ne savons même pas ce que cela veut dire."

Mais dites-moi, Vicomte, qu'est-ce qu'elle a fait madame Meloni avant de devenir présidente du Conseil italien ?  

Et vos amis  Orbán en Hongrie, Fico en Slovaquie, et Kaczyński en Pologne  et tous les autres que vous aimez  et qui, comme Sébastien Lecornu,  n'ont jamais travaillé dans une entreprise ?

Et Marine Le Pen ? Et Jordan Bardella qui comme les autres... 

Faut-il donc, à vos yeux,  être d'extrême droite pour être exonéré de cette obligation de compétence entrepreneuriale - au demeurant souhaitable- ?

Est-ce que par hasard, Vicomte, vous ne mépriseriez pas les gens qui vous regardent et dont vous exploitez les peines ?

                                                    

En un mot comme en mille:

Monsieur Bolloré, caché sous le surplis d'un faux dévot - faux dévot lui-même-  a mis en place une organisation extrêmement  performante, j'y reviendrai la semaine prochaine sans doute,  dont l'objet social est essentiellement la diffusion massive d'une propagande mensongère fondée sur de faux bon-sens.

Voyez-vous, ce vicomte à la lippe haineuse me fait penser à ce qu'écrivait Simenon dans La Marie du Port :

"La caissière dînait à sa caisse, comme toujours, avec son air faussement distingué de femme sur le retour qui a eu des malheurs"

Car il en a eu des malheurs, le Vicomte.  À 76 ans, lui qui pensait incarner la France,  n'est au fond rien d'autre qu'un polémiste fétide au service d'un ploutocrate peu scrupuleux.

Comme destin, on fait mieux. 

Alors, il est aigri et, comme tous les aigris, il se venge.



(*) En français:  Excédent d'exploitation avant impôts, taxes, dépréciations et amortissements.







lundi 27 octobre 2025

 


                                            Drill, Baby, drill !


"Fore, Bébé, fore!"

C'est l'adresse qu'arrivant au pouvoir, le grand préservateur de la planète qu'est Donald Trump avait adressée aux compagnies pétrolières; elles n'en espéraient pas tant.

C'est ce que sont en train de faire, ici,  ceux qui creusent ou proposent de creuser le déficit, encore et encore tout en prétendant  qu'ils proposent l'exact contraire.

Dans Les Provinciales, Pascal avait écrit à un de ses correspondants:

"Je n'ai fait cette lettre plus longue que parce que je n'ai pas eu le loisir de la faire plus courte."

J'ai quelques loisirs désormais, j'ai donc fait court car au fond, rien ne sert de s'étendre.

Voilà donc notre beau pays, la France.

Voilà donc notre représentation nationale, le Parlement.

Voilà donc le monde qui regarde étonné - ou "sarcastique" comme l'a intelligemment écrit Gérard Courtois dans Le Monde - , ce que nous sommes en train de devenir.

Voilà donc les agences de notation qui nous dégradent et nous dégradent encore, non qu'elle craignent notre imminente faillite, - nous n'en sommes très probablement pas encore là-   mais elle savent que, comme d'habitude, nous ne respecterons pas nos engagements.

Elles pensent que notre budget est fondé, comme presque chaque fois depuis des décennies sur des prévisions de croissance optimistes que la réalité dément. Accordons à ce gouvernement qu'en la matière il paye pour les péchés des autres car ses prévisions (+1%) sont plutôt raisonnables.

Elles savent, les agences de notation, que nous n'avons plus de marge de manoeuvre ,de sorte que face aux risques potentiels, Dieu sait qu'il y en a, nous n'aurons pour citer Sylvain Tesson dans Blanc, d'autre choix que de dire: "survivons dans l'avalanche puisque nous n'y pouvons rien".

Pourtant on propose de dépenser, on propose de préserver, on propose de caresser dans le sens du confort au point qu'on en est confondu.

Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon, veulent rétablir la retraite à .... 60 ans. Oui, vous avez bien lu.  Le populisme est le populisme, de quel côté qu'il se trouve. Tout cela est fou.

Le pire c'est qu'ils le savent.

Drill, Baby, drill !


Les partis de l'axe républicain, sont appelés à travailler ensemble et à trouver des compromis intelligents. Pour l'heure ils semblent ne pas y être disposés.

Ils faut un budget pourtant, sinon, la faible croissance sera réduite à rien, les recettes fiscales baisseront , le déficit augmentera et la dette considérable continuera de s'envoler. 

Le pire c'est qu'ils le savent.  

Drill, Baby, drill !


À la fin, Marine Le Pen ou Jordan Bardella, ou les deux, se répartissant les rôles avec l'appoint de messieurs Zemmour et Ciotti finiront par ramasser la mise. 

Alors ça "drillera" mes amis, dans les caisses de l'État , mais pas que. 

Dans le socle de notre démocratie, aussi. 

Alors ils pleureront tous ceux qui, infiniment coupables,  n'auront pensé qu'à leur chapelle en prétendant penser à la France.

À tous ceux-là il faudra dire, citant Bossuet: "Dieu se rie des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes."








lundi 20 octobre 2025

 




                                   Un simple accident.


C'est le titre du film de Jafar Panahi, cinéaste iranien, à juste titre multi-primé,  qui a obtenu la Palme d'or à Cannes en mai dernier.

Le scénario est le suivant:

Un homme en voiture heurte un chien. C'est la nuit. Il est avec sa femme très voilée et leur fille à l'arrière, une enfant vive et dansante.

La voiture est abimée il va dans un garage. 

A l'étage un homme entend sa voix. Il se cache, terrorisé.

C'est qu'il croît reconnaitre celle de son tortionnaire dans les prisons des mollahs. Il en est certain même.

Après avoir kidnappé le bourreau, il agrège un petit groupe hétéroclite fait d'autres torturés, supposément par le même homme. 

Ils partent vers le désert.

Les uns veulent savoir avant de punir.

Les autres, aveuglés par les souffrances passées, certains de leur droit, habités par l'obsession d'une vengeance qu'ils pensent légitime fut-elle aveugle, veulent exécuter, sans délai.

C'est un film dur mais magnifique, tourné clandestinement avec l'appui de Philippe Martin producteur français fondateur des Films Pelléas auquel il faut rendre hommage. 

Je ne vous en raconterai pas davantage. La dernière scène est exceptionnelle.

Il faut le voir.

Si je m'appuie sur ce film aujourd'hui c'est pour vous dire le peu d'espoir que j'ai dans une paix durable entre Israël et la Palestine.

Le Hamas, le 7 octobre 2023, puis le gouvernement israélien et son chef Netanyahu, ont fait trop de mal, ont créé trop de haine pour que, parmi les vivants, ou les proches des morts, il n'y ait pas quelque part de volonté définitive de se venger.

Le 7 octobre 2023, 1.195 personnes ont été tuées et 251 ont été prises en otage, par le Hamas.

En riposte, les armées de Netanyahu ont pour leur part tué par balles ou par soif et par faim  60.000 personnes, au moins, dont 12.000 femmes et 18.000 enfants. Près de 2 millions de personnes ont été déplacées qui, maintenant, tentent regagner leurs terres et verront que de leurs maisons, il ne reste rien.

Forcément parmi toutes ces victimes indirectes, celles qui sont passées à côté des balles ou qui ne sont pas mortes de faim ou de soif, mais qui ont vu mourir les leurs,  il y en aura qui voudront se venger, à tout prix. 

Alors l'engrenage terrible se remettra en marche. 

C'est d'ailleurs ce que les clandestins du Hamas et Netanyahu souhaitent, chacun de leur côté. 

- Les premiers par pure folie meurtrière. Car que pouvaient-ils espérer d'autre le 7 octobre 2023 hors la déflagration? 

 - Le deuxième parce qu'il veut avec ses alliés d'extrême droite éradiquer le peuple palestinien. 

Trump a "fait le boulot", comme on dit, plutôt pas mal mais à la Trump:  vite et à sa gloire. Avec l'espoir de s’enrichir en passant. Son fils aîné  et son gendre sont déjà sur place. 

Dans L'archipel du Goulag Soljenitsyne a écrit: "Que votre mémoire soit votre unique sac de voyage". 

Le sac de voyage des survivants, côté coeur, est lourd de la mémoire des persécutés. 

Ils en portent un autre sur l'épaule droite, chargé de haine et de désir de vengeance et donc de tuer.

Le 19 mars 2024, j'avais titré mon article: "Après le 7 octobre" et pris pour appui "Comment ça va pas". livre magnifique de Delphine Horvilleur, femme rabbin exceptionnelle et grande intellectuelle.  

J'avais écrit:

"Les persécutés ont la mémoire longue. Chaque balle qui tue fabrique le fusil qui tuera".

Je ne crois guère à la paix hélas, espérant tout de même que plus tard, vous me moquerez en disant "Cassandre tu avais tort".

Alors je sauterai de joie.





lundi 13 octobre 2025

 


                                                         


                                 Pour faire un civet, il faut un lièvre.


    "Pour faire un civet, il faut un lièvre. Pour croire, il faut un Dieu."  a écrit Camus dans Les possédés.

Pour avoir confiance en son président, il faut un président.

 Nous n'avons plus à l'Élysée que l'ombre d'un pouvoir qui n'a plus d'autre pouvoir que celui d'assombrir son ombre.

La semaine passée je vous avais écrit: " je n'écris pas sur la nouvelle crise politique, c'est pour la prochaine fois".

La prochaine fois c'est aujourd'hui. Nous avons un gouvernement duquel sont écartés ceux qui postulent pour 2027, le garde des Sceaux ayant déclaré se mettre en congé de l'action partisane; comprenons "pour le moment". 

Un gouvernement de mission donc.

Le jeune Premier ministre qui le 8 octobre sur France 2 m'a plutôt impressionné, est peut-être enfermé dans un combat ingagnable. À tout le moins il aura servi son honneur. Car il en faut du courage pour s'engager dans une telle galère sous l'autorité d'un homme déconsidéré.

Lui, qui était hier encore ministre de la défense, connaît bien les périls qui nous guettent. Il sait qu'outre la santé, l'éducation, la justice, notamment, la France doit investir  dans son armement. Il essaie donc, ce jeune Premier ministre, espérant que peut-être, les responsables politiques pensant davantage au Pays qu'à eux-mêmes, nous aurons un budget.

Il est jeune; son courage est louable. On espère qu'il réussira. Espérer n'est pas pécher.

Car voyez-vous, j'ai beau regarder, je ne vois que des hommes et des femmes qui se querellent, ne cherchent pas d'autre solution que la démission du Président - qui y met du sien il est vrai- , ou la dissolution de l'Assemblée. C'est à dire l'inconnu.

Tous, aujourd'hui, me confirment dans le sentiment malheureux qu'ils ne sont pas à la hauteur des enjeux.

Non, pas des enjeux mais de l'Enjeu. 

Les français effarés par le spectacle qu'on leur offre se disent:"Le soir il y a quelque chose dans l'assiette, mais pas d'espoir". (Primo Levi: Trois chevaux").

Alors, comme souvent dans l'histoire, après avoir longtemps résisté, ils vont finir par céder.

Dans Le noeud gordien écrit après 1968 et publié en 1974 après sa mort, Georges Pompidou écrivait " Le fascisme n'est pas improbable, il est même plus près de nous que le totalitarisme soviétique" . Par parenthèse on se dit: "quel esprit supérieur!".  Eh bien nous y sommes.

Autour de nous les vestes brunes progressent, héritières assumées ou non des fascistes passés; il faut être prudent, au début, le temps d'assoir son pouvoir :  l'Italie, la Hongrie, la Croatie, la République Tchèque de Vaclav Havel. La Pologne de Lech Valeza peut-être demain.

Avec, ou en même temps, ou à côté du parti "mélenchonesque", le RN va donc déposer une motion de censure. Il sent son heure venir.

Pendant ce temps, les petits chevaux courent dans tous les sens, les issues du cirque sont fermées et les extrêmes attendent que la porte s'ouvre. 

Si cela continue, les français vont finir par l'ouvrir.

Alors pour conclure aujourd'hui, le Président Pompidou une dernière fois:

" Nul ne peut imaginer de gouverner la France sans procéder à une sorte d'examen de conscience politique, ni à se définir clairement à soi-même...une conception et je dirais une morale d'action".

La recherche d'une incarnation en quelque sorte, dans laquelle le peuple se reconnaitrait.


Comme disait le Général, vaste programme.





lundi 6 octobre 2025

 


                            Il n'y a pas de quoi se réjouir (suite)



Je n'écris pas sur la nouvelle crise politique, ça sera pour la prochaine fois. A peine a-t-il constitué son gouvernement, que le Premier ministre démissionne.

La suite, eh bien nous verrons. Le seule chose que je peux écrire ce soir , c'est que tout cela est gravement affligeant.   

Quand les petits chevaux sont dans le cirque et que le maître de manège est absent, - y en a-t-il d'ailleurs toujours un ?- , c'est le foutoir. En attendant les taux montent et montent encore.  

En attendant  quoi ? Nous aimerions bien le savoir.

J'ai donc choisi de  répondre à celles et ceux d'entre-vous qui m'ont écrit à la suite de mon article de la semaine passée. 

Je résume ce qu'ils ont fort justement exprimé à propos de la corruption ou de la morale en publique:

"Et Chirac à la mairie de Paris ?" 

Vous n'avez pas tort.

 Tenez, je me rappelle un soir - les faits sont prescrits depuis belle lurette, c'était bien avant 1995- je sortais d'un dîner à la Maison du Danemark sur les Champs Élysées. Alors que j'allais poser le pied sur le trottoir , un des convives me dit goguenard,  " Attention Monsieur, marchez avec précaution ces pavés ont couté fort cher". C'était un homme informé.

Et François Mitterrand ?

Qui a, entre autres turpitudes, fait loger somptueusement, à nos frais, sa maîtresse et leur fille commune ? Et à propos duquel on disait qu'il avait deux avocats, Badinter pour le droit et Dumas pour le tordu. Le premier va entrer au Panthéon, le second est déjà dans l'oubli.

Et tant d'autres, à des niveaux moindres, qui ont tant fauté.

Tous, s'en sont tiré, sans passer par la prison. Alors pourquoi Nicolas Sarkozy ?

La corruption n'est pas nouvelle, et son avenir semble assuré, facilitée qu'elle est par l'utilisation massive des bitcoins, monnaie virtuelle et occulte que rien ne règlemente ni ne contrôle et dont les narcotrafiquants, notamment, sont friands. 

Comme disait Félix Houphouët-Boigny qui s'y connaissait: "pour qu'il y ait des corrompus, il faut des corrupteurs". 

L'homme public est courtisé bien davantage que l'homme privé. Il arrive que quelques-uns succombent. J'en ai fréquentés beaucoup, ils ne sont pas si nombreux. 

Si donc, Nicolas Sarkozy a cédé dans le but de financer sa campagne présidentielle de 2007 cela n'est pas nouveau. À ce titre je comprendrais que l'on puisse estimer qu'en comparaison de quelques uns de ses prédécesseurs, il n' a pas été traité équitablement.

Encore qu'il n'est pas interdit de souhaiter que la morale progresse. 


Question plus importante: 

N'est-on pas en train d'institutionnaliser un justice politique qui se mêle de juger les affaires de l'État. 

Appartient-il à un tribunal de juger un homme d'État qui négocie avec un autocrate, voire un tyran ? 

Pour moi la réponse est évidemment non. Car à ce compte là, on ne devrait parler ni à Poutine, ni à XI,  ni à Netanyahu et sait-on jamais demain... suivez mon regard qui se tourne vers le couchant. La liste est longue. 

De Gaulle avait écrit dans Le Fil de l'Épée : "La perfection évangélique ne conduit pas à l'empire" . Tout est dit.

Le juge n'a évidemment ni la qualité, ni la légitimité pour ce faire. 

Reste que:

En 2006 Nicolas Sarkozy n'était pas président de la République mais futur candidat à l'élection présidentielle. Il n'a pas envoyé son directeur de cabinet puis son sous-ministre aux collectivités locales pour représenter la France dans une négociation essentielle pour elle.  Mais bien pour rencontrer un criminel, Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité par le pays au gouvernement duquel il siégeait afin de voir ce qu'on pouvait faire pour lui être "utile" et que, ceci fait, de l'argent a bien circulé.

Et cela, j'en suis désolé, ce n'est pas acceptable.

J'ajoute que si les 3 accusés n'avaient pas adopté un mode de défense  qui s'apparentait à un  "doigt d'honneur" adressé au Tribunal, les choses auraient peut-être tourné autrement.

Voyez-vous je pense à ce que Lanjuinais avait dit dans une harangue à l'Assemblée Nationale en 1793: "La première violation des principes fait toujours marcher de violation en violation".

Eh bien il arrive qu'on se fasse prendre puis condamner.