L'espèce n'est pas morte.
Avant de partir en vacances je ne vais pas écrire sur:
" de Madame Le Pen et l'intégrité morale en politique".
" du malheur de n'être plus numéro un quand on a trente ans"
" de la difficulté d'être quand, bien que vendéen, on ne représente rien"
" de l'indécence qu'il y a à se maintenir à la tête d'un parti, fut-il socialiste, quand les militants vous ont désavoué."
" de l'antisémitisme d'un vieux candidat comme stratégie ultime de prise du pouvoir"
Etc etc.
Non je vais regarder plus haut. La performance n'est pas grande.
Dans ces temps difficiles, il faut lever les yeux, pour y trouver une raison de croire ou, à tout le moins, d'espérer
Alors si vous ne l'avez pas encore fait, allez voir "La bataille de Gaulle" d'après De Gaulle, l'impressionnante biographie de l'historien anglais Julian Jackson.
Les deux volets - L'âge de fer et J'écris ton nom- sont réussis; ce n'était pas écrit .
Ils ne sonnent pas seulement la gloire du Général, mais racontent aussi sa solitude, ses doutes, sa possible infidélité -cet homme en était un, il a pu avoir une faiblesse, on ne sait pas-, et son malheur face à la lâcheté.
Ils racontent la veulerie, la saloperie ordinaire, les vils calculs politiciens - cela me rappelle quelque chose- d'un côté, et de l'autre, l'héroïsme de quelques chefs et des obscurs soldats de l'ombre ou de la lumière, peu importe, qui aimaient leur pays.
Les acteurs sont remarquables: Abkarian en de Gaulle - une sacré- réussite, davantage même, une performance- Schneider en Leclerc, Magimel en Koenig, Kassovitz en Darlan, Kysyl en Moulin, Lhermitte impayable en Giraud, Russel Beale en Churchill et Anamaria Bartolomei, Livia, adorable résistante, impressionnante et merveilleuse.
Pour ne citer qu'eux.
Oui, il faut voir La Bataille de Gaulle
Et, puisque dans ces temps chauds, faute de pouvoir passer vos journées au cinéma et vous dépenser, vous aurez le temps de lire, alors:
Lisez "Mermoz" de Joseph Kessel
Kessel a fait la connaissance de Mermoz quelques années avant sa mort. Ils sont devenus amis.
On croit savoir qui était Mermoz, enfin je le croyais.
J'étais à mille lieues.
L'immense Kessel écrivain de l'épique et de l'âme humaine, nous entraine vers les sommets. Sommets du courage, de l'intelligence, des exploits surhumains, de la grandeur d'âme, de l'éthique, de l'intégrité, de l'amitié réelle qui ne reposait pas sur le statut, et de l'amour de son pays.
Ce livre est un choc; il faut l'avoir subi.
Oui, il y eut des temps en France, où des femmes et des hommes transcendaient l'histoire, montraient le chemin qui montait et passaient devant.
J'ai envie d'écrire à popos de de Gaulle, de Leclerc, de Moulin, de Mermoz, et de tous ces héros de l'ombre ou de la lumière, qu'ils étaient comme la Mère de Romain Gary à propos de laquelle il écrivait dans La promesse de l'aube:
" Ma Mère aimait la France, sans raison aucune, comme chaque fois que l'on aime vraiment".
L'espèce n'est pas morte, j'en suis convaincu.