lundi 1 juin 2026

 



                                   J'ai envie de vous parler de l'Ukraine



En novembre 1991, je conduisis  en Ukraine une délégation de chefs d'entreprise du département d'Eure et Loir dans lequel je sévissais encore. Ils souhaitaient explorer la possibilité d'y développer des affaires une fois l'Ukraine indépendante.

Cela se passait 15 jours avant le référendum d'autodétermination. Nous fûmes accueillis par le patronat ukrainien à Kiev,  deux ministres dont celui de la santé, le département d'Eure et Loir comptant une industrie pharmaceutique solide

Le samedi, on nous emmena à l'Opéra voir une superbe représentation du Prince Igor de Borodine.

J'avais manifesté le souhait d'assister à l'office du dimanche à la cathédrale Sainte Sophie. Nos hôtes en étaient manifestement heureux. On nous accompagna, nous étions du côté droit de la tribune, surplombant la cathédrale bondée de croyants participant avec ferveur à un rituel magnifique. 

Le choeur à notre gauche, comme à toucher. En son sein des membres qui, la veille au soir, chantaient à l'opéra les Danses Polovstiennes.

C'était fascinant et je me disais, quel peuple !

Puis on nous fit visiter des usines, souvent délabrées dont la production était généralement limitée à une partie d'un tout, conséquence funeste de la division géographique du travail voulue par Staline. Il ne fallait pas qu'une des républiques soviétiques fut autosuffisante en quelque manière, de sorte qu'une commode dépendait de l'approvisionnement de plusieurs républiques: à l'une les pieds à l'autre les tiroirs etc.

Je me rappelle une usine de produits chimiques qui fabriquait aussi des shampoings . Nous regardions discrètement vers le toit pour éviter les gouttes qui tombaient depuis des tuyaux vétustes.

Nos interlocuteurs étaient sympathique, intelligents, souvent brillants. Ils attendaient la libération pour sortir d'un système absurde.

Et puis, nous fûmes autorisés à aller dans l'Oblast d'Ivano-Frankivsk, à l'ouest du pays.  C'était à l'époque une région militarisée interdite aux étrangers. Nous étions sous une bonne mais souriante garde.  On sentait bien que les choses changeaient.

L'atmosphère était joyeuse. Dans la rue, les hommes venaient nous serrer les mains avec effusion, les femmes nous embrasser. Nous étions les annonceurs innocents de la liberté. 

Comme tous les membres de la délégation, j'étais terriblement ému.

Évidemment depuis, je suis ce pays magnifique.

 Le 1er décembre 1991, les ukrainiens votèrent donc, en masse. Le taux de participation s'éleva à 84%. Ils avaient à répondre à la question suivante: 

     "Êtes-vous favorable à la déclaration d'indépendance de l'Ukraine ?" 

OUI: 92,26%

Que vota la Crimée aujourd'hui occupée ?

OUI à 56%.

Onze mois auparavant, en janvier 1991, le gouvernorat de Crimée avait organisé un référendum. La question posée aux électeurs était  :

"Êtes-vous favorable au rétablissement de la République socialiste autonome de Crimée comme sujet de l'URSS ?"

Le score fut tout aussi massif: 

OUI: 94,30% avec un taux de participation de 92%.

On imagine que ces résultats étaient sujets à caution. Cependant le croisement des deux scrutins dans cette singulière Crimée, dont la population russophone représentait à l'époque 67% de la population totale, montrait clairement qu'il y avait là un sujet.

L'Ukraine en a d'ailleurs toujours été un pour la Russie. Bien avant  Catherine II. Puis avec elle sérieusement. Puis incessamment jusqu'à Staline qui a affamé sa population entrainant la mort de plus de 5 millions de personnes. 

On comprend pourquoi les ukrainiens ont accueillis les allemands en libérateurs. Prétexte saisi par Poutine justifiant son "opération spéciale" par sa volonté de dénazifier l'Ukraine.  Un peu comme si Al Capone avait voulu éliminer le crime organisé.

La vérité est que pour la Russie, l'Ukraine n'existe pas. L'Ukraine c'est la Petite Russie, nom que Tchaikovsky  a d'ailleurs donné à sa 2ème symphonie.

Richard Moore, ancien chef des Services secrets britanniques cité dans Le Monde par Alain Frachon  a dit:

"Il y a deux Poutine. Le premier est réaliste, froid, brutal, c'est le Poutine qui marchande. Mais il y en a un autre, un idéologue qui, au fond de lui même est convaincu que l'Ukraine n'a pas le droit d'exister."


Alors je vais vous dire mon sentiment .

- En signant avec l'Ukraine, courant février 2014  un accord cadre,  dit de Partenariat pour la paix,  annonciateur d'une adhésion , et donc d'une possible installation de ses armes à la frontière russe,  l'OTAN et ses membres ont donné un prétexte à Poutine.  

- Peu de jours après, le 28 février 2014, il l'a saisi en envahissant la Crimée.

- Le lendemain des accords de Minsk du 12 février 2015, j'avais écrit à un ami "Poutine ne s'arrêtera pas là car il sait, comme Hitler, que les démocraties sont faibles".

On sait ce qu'il est advenu.

Comme celle de Trump en Iran, l'opération devait aller vite. On voit bien qu'il est embourbé.

Mais à la différence de Trump, qui faible et inconstant signera sans doute un mauvais accord avec l'Iran , Poutine ne cédera pas.

Son peuple est asservi et le FSB le surveille chaque jour davantage.

Poutine a des réserves de chair à canon, à laquelle s'ajoute celle que lui fournit la Corée du Nord et celle enfin (?) qu'il achète en Afrique. 

Ils partent se faire tuer et n'ont le droit que de se taire, car comme l'a écrit Laurent Mauvignier dans La maison vide, "on ne demande pas son avis à la chair à canon".

Il sait au surplus que Trump se moque de l'Ukraine , et voit bien la division de  l'Europe. 

Voyez-vous je suis consterné car en 2014, on devait savoir ce qu'était Poutine

Il y avait eu la Tchétchénie en 1994, puis la Géorgie en 2008. Ce n'était pas si loin tout de même ! 

On savait que ce type n'est pas un poète, et on aurait dû savoir ce qu'il y avait dans le cerveau de ce monstre brutal.

D'ailleurs, on le savait sans doute. Mais voilà, la suffisance. Toujours la suffisance.

Aujourd'hui, le peuple ukrainien et son armée résistent avec un courage et une sophistication des armes employées sidérants.

Dans Les disparus de Mendelshon, en lisant cette phrase:

"Et puis elle a eu une pneumonie, et puis elle allait mieux et puis elle est morte", j'avais pensé à l'Ukraine.

L'Union européenne, après la défaite de "mon ami Orbán" - je cite Marine Le Pen- , va enfin pouvoir débloquer l'aide de 90 milliards que le dit ami empêchait. 

Il y a de l'espoir, le pire n'est pas certain. 





 



lundi 25 mai 2026

 



                                    Anne, ma soeur Anne,



Près de 15 jours en Toscane. Merveilleuse Toscane, hors du temps, hors de la presse. Enfin presque, juste les titres.

Un temps trop court pendant lequel l'art vous extrait du monde, pour vous conduire dans des lieux où tout est beau.

Sienne, Lucques, San Gimignano, Pienza...

Un émerveillement constant fait de ruelles étroites bordées de maisons des XIII ème ou XIV ème siècles ,  de places à la fois sobres et majestueuses, d'églises en marbre peuplées de tableaux extraordinaires et de tant d'autres merveilles.

Et puis, avant de rentrer par Beaune et ses Hospices, Florence, l'inestimable, hélas "surenvahie" de touristes. 

360.000 habitants. 4,6 millions de visiteurs l'an passé.

Des queues sans fin (150 mètres sur 3 rangs pour entrer dans le Duomo; la fin de la file n'y entrera pas, les portes auront fermé), des rues envahies, le Ponte Vecchio transformé en souk à bijoux kitsch et de mauvaise qualité.  Les Offices inabordables si l'on n'est pas le premier de la file dès potron-minet. 

Ce n'était pas pourtant la pleine saison.

Alors nous avons trouvé notre bonheur ailleurs, à la Cathédrale Santa Maria Novella et dans deux palais superbes - le Palazzo Pitti et le Palazzo Vecchio - moins glamours pour les selfies, sans touristes à propos desquels on rapporte que le directeur des Offices aurait dit qu'ils défilent devant les tableaux leur tournant le dos, occupés à se photographier, ne regardant rien et n'apprenant rien.


Nous voilà revenus.

Retailleau devient climatosceptique, pensant sans doute que cela l'aidera. Le pauvre homme. "Il a dans son maintien l'importance bureaucratique d'un homme secondaire" (Balzac: Une ténébreuse affaire)

Le procès de Nicolas Sarkozy a tourné au déballage sordide.

Mélenchon invente une vie de misère à ses parents qui se seraient nourris à la soupe populaire et auraient été enterrés dans une fosse commune. Son père était receveur des postes, il avait créé Radio Tanger.  Sa mère était institutrice.  Ils devaient avoir des moyens suffisants pour se nourrir, n'est-ce pas? Au surplus,  quand ils sont morts,  à supposer qu'ils fussent indigents, lui était sénateur, confortablement installé et rémunéré depuis des lustres. Si cela avait été nécessaire, j'espère qu'il aurait apporté son concours.

Travestir la vie de ses parents pour servir l' obsession maladive de sa triste personne ! 

Ce type est décidément infect.


Les autres sont toujours là.

Notre Donald planétaire s'est fait ridiculiser par XI, c'était couru.

Poutine ne cède pas. Pareil.

En Israel l'extreme droite mène le bal.

La crise dure au Moyen-Orient. Combien de temps personne ne le sait. À supposer qu'il y ait accord avec l'Iran il sera mal ficelé et provisoire. Les conséquences de cette guère se feront sentir encore longtemps, sans doute. 

J'avais écrit mes craintes le 9 mars dans "À quoi ça tient le malheur des Hommes"

 À vrai dire il ne fallait pas être grand clerc. J'aurais tant aimé avoir tort.

" Il existe une différence importante entre l'optimisme et l'espoir "  écrit Siri Hustvedt dans Ghost Stories à propos du cancer hélas fatal de son mari, le grand écrivain Paul Auster.

Suis-je optimiste ? Non

Ai-je encore de l'espoir ? Oui

Après tout, des hommes  et des femmes ont bien été capables de créer toutes ces villes de Toscane. D'autres sont encore capables de les entretenir, de restaurer les tableaux abimés par le temps, de faire pousser des vignes sur des collines magnifiques. Et des champs d'oliviers, et des allées de Cyprès, sentinelles d'une campagne indescriptible, en tout cas par moi qui ne suis ni Jean d'Ormesson, ni encore moins Stendhal.

Alors je me tourne vers la fenêtre: 

- "Anne, ma soeur Anne ne vois-tu rien venir?"

- Je vois des cavaliers au loin, dans un grand désordre,  au pied de leurs destriers. En rang mais agités.

D'un côté en chemise brune une femme et un homme jeune; ils ne se sourient pas.

De l'autre, casaque rouge sang, un homme âgé qui s'agite et vocifère.

Entre eux une armée de prétendants:

- un vendéen. Il est maigre et fait des sourires aux chemises brunes. 

- deux anciens chefs de gouvernement; ils auraient convenu que le moins bien placé se retirerait au profit de l'autre. 

- d'autres qui hésitent ou font semblant. Ils sont nombreux et portent des casaques vertes ,ou rose foncé ,ou rose pâle ou, on ne sait pas. Et un ancien président, rondelet et jovial, tapis derrière un bosquet son cheval harnaché, comme attendant les fautes.

Je vois mal d'ici, ils sont loin.  L'heure n'est pas au départ.


- Dis-moi, Soeur Anne, cela fait bien du monde!  Benoît XVI a écrit: "chaque homme est nécessaire."

On viendrait à en douter.


- Calme-toi mon frère, il est encore bien tôt. À l'heure qu'il est, les français ont la tête ailleurs; il y a de quoi.

Il fait chaud, prends soin de ton espoir et garde-le au frais.




mardi 5 mai 2026

 



                              Hommage à Jean-Bernard Pommier,



       Ne pas vous écrire sur cet immense musicien aurait été une offense à notre amitié.

Alors voilà. Je vais me limiter à vous communiquer mes préférences dans son impressionnante discographie. Et puis vous verrez.


Bach

Concertos 1, 4 et 5 Orchestre de Cologne,  Marty.

Inventions (L'enregistrement qu'il préférait, confidence à Philippe Cassard qui lui avait consacré un de ses "Portrait de famille" le 14 avril 2023 disponible en podcast). 

Toccatas Intégrale (impressionnante)


Debussy

Pour le piano

Children's corner

Estampes.


Beethoven 

Intégrale des sonates pour piano (diapason d'or)


Schumann

Quintette avec piano (avec le quatuor Bernède)

Novelettes (Un sommet)


Est arrivé un moment où Jean-Bernard, homme de fort caractère,  ne voulait plus enregistrer pour des "majors" qui sortaient les disques trois, quatre ou cinq ans après l'enregistrement.

" Ce que je joue aujourd'hui n'est pas ce que je jouerai demain. Entre temps j'aurai travaillé, lu, interprété et vieilli."

Alors, on l'a aidé.

Il a enregistré et édité dans la foulée:

Mozart

L'intégrale des sonate pour piano (magistrale ) 

Brahms:

Intégrale

-  des sonates pour piano et violon avec Jaime Laredo

- des sonates pour piano et violoncelle avec Leonard Rose ( le dernier enregistrement de cet immense violoncelliste dont les trios de Schubert avec Stern et Istomin sont un sommet.)


Et puis à la toute fin, alors que son agenda de concerts était affolant, il est venu à Madrid enregistrer : 

"Entre tes mains" la symphonie pour cordes composée par mon frère Emmanuel .


Alors qu'il venait de terminer l'interprétation de l'intégrale des 32 sonates de Beethoven Salle Gaveau, je lui avais dit:

"Viens on t'emmène dîner"

Lui:

"Je ne peux pas, je file à Roissy, demain décollage pour Bangkok.

Ne m'en veux pas, je suis crevé, j'ai joué ce soir avec 40° de fièvre."

Je peux vous dire qu'avec ces 40° de fièvre, c'était magnifique.

C'était Jean-Bernard


Allez écouter, aussi,  sur Youtube, le 3ème de Beethoven avec Karajan et le Philharmonique de Berlin. Il avait 29 ans. C'est prodigieux.

Le 25 avril dernier Philippe Cassard avait bouleversé son programme pour lui consacrer un ultime Portrait de famille dans lequel il évoque d'ailleurs ce 3ème concerto;

Disponible en podcast, c'est extraordinaire. (*)


C'était notre ami


(*) , pas seulement parce que lui aussi cite Godart.

lundi 4 mai 2026

 




                                            Retailleau m'a sauvé la mise.


Pour tout vous dire, j'étais un peu sec.

Je me disais: je ne vais tout de même  pas chaque lundi écrire sur Trump, Poutine, Xi, Netanyahu, Khamenei,  Mélenchon, Bardella, Sarkosy, Bolloré, et d'autres encore, enfin sur ces belles âmes, qu'à des titres divers, on ne souhaite pas montrer en exemple à ses petits-enfants.

Oh j'aurais pu vous écrire sur Jean-Bernard Pommier, mort le 23 avril, immense pianiste, grand chef d'orchestre, plus jeune lauréat à 17 ans du concours Tchaikowski. Un des rares sinon le seul pianiste français à avoir joué avec Karajan, Boulez, Schneider, Stern, Rose, Istomin, Barenboim et j'en passe. 

Mais je ne suis pas critique musical. 

Le reste relève de l'amitié depuis 1971. 

1971-2026, il faut bien qu'un jour cela s'arrête, hélas.

Alors oui, j'étais triste et sec.

Et puis voilà. Bruno Retailleau a parlé et m'a sauvé la mise.

Bruno Retailleau, c'est comme avait dit Godart, un "professionnel de la profession" . Il a fait sa carrière dans la politique et rien que dans la politique. 

Ce n'est pas un reproche. Il faut de l'expérience dans ce métier, si l'on veut le bien faire.

Quoique, de Gaulle et Pompidou n'en avaient guère. 

Il est vrai que le premier incarnait la France et que le second était ontologiquement un homme d'État.

Les temps ont changé, il faut redescendre sur le plancher des vaches ou, s'agissant de Bruno Retailleau passionné d'équitation, se coucher dans la paille des box.

Voilà donc, alors que j'étais en manque d'inspiration,  que ce sénateur de profession, un court moment ministre, vint à inventer un concept:

          "La mise au ban des nations" d'une nation amie.

Soyons précis, notre cavalier a dit: 

                  "La mise au ban des nations européennes".

Dans le bazar ambiant, j'attendais qu'enfin un homme se lève. Eh bien Bruno Retailleau s'est levé.

La cause de son ire ? 

L'Espagne, qui entend régulariser 500.000 travailleurs immigrés clandestins, essentiellement hispanophones et de culture hispanique et qui sont présents en Espagne depuis plusieurs années. C'est ce qu'assure son Premier ministre Pedró Sanchez.

A-t-il raison de régulariser autant ? Je ne sais pas. 

A-t-il des arrière-pensées ? Possiblement.

A-t-il des arguments qui motivent sa décision ? Oui: 

Ces gens travaillent dans des secteurs essentiels pour le pays: 

Le bâtiment et les travaux-publics (comme en France),  la restauration (comme en France), l'hôtellerie ( comme en France), la plupart depuis des années (comme en France).

 Quoi qu'il en soit, est-ce une raison pour vouloir "mettre au ban des nations européennes"  un pays:

`- qui a adhéré à l'Union il y a plus de quarante ans, 

 - qui a participé avec nous à la lutte contre le terrorisme,

- dans lequel vivent plus de 150.000 français,

- avec lequel nous avons des liens économiques essentiels et forts : la France est le 1er client, le 3ème fournisseur et le 3ème investisseur en Espagne. 

- vainqueur de la dictature franquiste.

- qui a le courage de s'opposer aux folies "trumpesques".

"Au ban des nations européennes" !  Au motif qu'il craint, notre "sénateur-candidat-à-la-présidentielle-de-2027", l'arrivée en France de tout ou partie des 500.000 régularisés.

Shengen, évidemment; il est vrai que c'est un sujet.

Mais tout de même! 

Mettre l'Espagne au ban des nations européennes !

 On atteint au génie chez cet homme-là.

 Sans doute n'a-t-il pas imaginé que vouloir mettre "au ban des nations européennes" un pays ami, c'est exposer la France à y être mise un jour elle aussi.


"On dit que les serpents deviennent aveugles, juste avant leur dernière mue.

Toni Morrison : Jazz







 




lundi 27 avril 2026

 



                                   Le problème c'est qu'en plus,                                                                         il n'est pas très intelligent.


Qu'il soit un tantinet déséquilibré voilà qui fait consensus.

Faire démolir la salle de bal de la Maison Blanche pour en rebâtir une autre à sa gloire, toute dorée bien évidemment, comme sa résidence dans la Trump Tower, et ses salons à Mar-a -Lago,

Faire édifier un Arc de Triomphe plus haut de 20 mètres que le nôtre, tout à sa gloire,

Se représenter en Christ (*) sauvant le monde sur son réseau social...,  - arrêtons là  je ne veux pas vous lasser- , témoigne à l'évidence d'un déséquilibre psychique sévère.

Quiconque manifesterait ne serait-ce que la moitié de ces symptômes serait à bon droit qualifié de fou.

Hors sa coterie, nous le savons tous, Trump est dingue. Non pas un doux dingue mais un dingue féroce.

Mais il se trouve aussi que cet adorateur de lui-même ne faisant rien à moitié, en plus d'être dingue, n'est pas très intelligent.

Oh ! pour faire du dollar, tricher sur la valeur de ses actifs afin d' obtenir des financements, profiter de son mandat pour s'enrichir et enrichir ses proches,  il est fort le bonhomme. Pas le plus fort contrairement à ce qu'il pense sans doute, mais reconnaissons le:

Question pognon, Donald c'est quelqu'un !

Passé cela, force est de constater qu'il est nul. 

Il est nul parce que les problèmes du monde sont à des niveaux de complexité qui le dépassent intellectuellement et culturellement. 

"Culture",  le distingué canard doit d'ailleurs se demander ce que "ture" vient faire là.

Entouré d'une coterie baveuse, aussi ignare que lui, il reçoit des conseils idiots et généralement les suit.

 Pendant un jour, une semaine parfois, mais rarement, davantage, avant de changer pour d'autres conseils d'autres ignares, qui veulent se rapprocher de la mare. 

Comme tous les sots prétentieux il ne croit qu'en lui et ne respecte que ceux qui se vautrent.

Il est tellement stupide que la Cour suprême, pourtant " à sa main", vient de casser ses droits de douane. Car il y a des textes tout de même, et il faut les lire. Puis quand on les a lus, se les faire expliquer par des conseillers exigeants et compétents si, ce qui est légitime, on n'a pas tout compris.

Mais Trump ne lit pas et je crois savoir pourquoi: il a peur que les gens s'aperçoivent qu'il ne comprend pas.

Vous savez, comme dans le conte d'Andersen: Le roi est nu!

Résumons: le chef de la première puissance économique, financière et militaire mondiale est à la fois dingue et d'une intelligence moyenne limitée à la multiplication des dollars à son profit.

 Or en face, qui ?

L'Europe ? On voudrait bien. Mais elle est malheureusement construite de telle sorte qu'on en reste à ce souhait. Voyez combien de temps il a fallu pour débloquer le prêt de 90 milliards à l'Ukraine. 

Et à quelle condition:

Qu'Orbán, lève son veto, vexé qu'il était par l'abandon dédaigneux de Poutine à la suite de sa défaite. Il ne voulait pas en outre laisser ce plaisir à celui qui l'avait vaincu. 

Imaginez une équipe de rugby dans laquelle chacun jouerait sa propre partie. 


Restent deux dictateurs XY et Poutine, violents et sans scrupules comme Trump. Mais la comparaison s'arrête là.

Eux sont compétents, bien plus féroces, travailleurs, intelligents et retords. Ils sont au surplus "très bien" entourés.

 Alors ils baladent le "président mèchu" , comme ils l'entendent. 

Souvenez-vous: huit jours pour imposer la paix en Ukraine.

 Août 2025. Poutine se rend en Alaska. Il y prononce un discours volontairement creux. Le monde était consterné.  Sauf Trump, ravi,  qui n'avait retenu que deux phrases, celles de la moqueuse flatterie. 

La paix en Ukraine attend encore.

La Chine, quant à elle, répond aux menaces de Trump par des actes et s'en sort plutôt bien. Aux droits de douane, elle répond par des droits de douane et des embargos sur les terres rares.

Ah zut ! 

Il n'y avait pas pensé Donald.

Comme il n'avait pas remarqué qu'à Ormuz il y a un détroit que l'Iran pouvait bloquer.

On a honte.


La suite ? Trois hypothèses:

- rien ne change, Trump reste en place jusqu'à la fin de son mandat. On imagine que cela va être sportif, chaque jour davantage.

- une procédure d' "impeachment" est lancée: Trump appelle à la révolte, c'est  dire à l'émeute, les mêmes qui avaient envahi le Capitole et qu'il a graciés.

- Imaginons que malgré tout, Trump soit empêché. Vance prend la place.

Un idéologue intégriste d'extrême droite succède à un fou.

Dans cette hypothèse, nous risquons de nous dire: Trump, finalement ...

Tristes perspectives. 


Quand j'avise son regard immobile, je ne peux m'empêcher de mettre au masculin cette phrase de John Fante dans "Demande à la poussière" . 

"Elle avait cet oeil fixe de vieille qu'on voit aussi sur les poulets".




(*) J'évacue le sujet de l'attentat de samedi qui ne l'a pas menacé. L'homme a tiré avant d'atteindre la salle de banquet dans laquelle Trump dînait. Cela ressemble à l'action d'un homme déséquilibré et désespéré qui voulait se faire prendre, ou se faire tuer.

Non, ce n'est pas un miracle. Trump, n'est ni l'élu de Dieu, ni son représentant sur terre. 







lundi 20 avril 2026

 



                                          La leçon d'Hermès


Quel mardi !

Jugez:

1)  Claude Guéant a répondu. 

Une lettre au tribunal. Trois pages que j'ai lues, et tout Sarkozy s'effondre. À supposer qu'il pût s'effondrer, tellement il était déjà bas.

    À propos de ses quatre voyages entre 2008 et 2010 que Nicolas Sarkozy dit avoir ignorés: " N.Sarkozy était forcément au courant puisque pendant ces courts déplacements, j'étais absent du bureau"  (le "bureau d'angle" où travaillait Claude Guéant n'étant séparé du Salon doré - bureau de Nicolas Sarkozy-  que par celui des secrétaires).

On imagine que la Cour le sait.

Et puis plus loin: " Bien sûr ces déplacements se sont faits à la demande du Président"

À propos de la situation de Senoussi, ce "Claude, voyez cela". 

Il ne "balance" pas Guéant, il veut rétablir les faits et ne pas avoir à porter seul le fardeau de l'infamie . On peut le comprendre.

On est dans la fange de toute façon.


2)  Ce même jour, Vincent Bolloré a fait "virer" Olivier Nora éditeur emblématique, et patron des éditions Grasset.

Je vais essayer d'être objectif.

Grasset tout de même ce n'est pas les Editions Harlequin

Tenez, comme cela: 

Baudelaire, Cocteau, Druon, Mauriac, Malraux,  Nabokov et, passons les ans, Laure Adler, Laurent Binet, Anne Berest, Pascal Bruckner, Sorj Chalandon, Virginie Despentes, Gaël Faye, Vanessa Spingora parmi tant et tant d'autres.

Olivier Nora était là depuis 26 ans; ce qu'est Grasset aujourd'hui son portefeuille d'écrivains reconnus, il n'y est évidemment pas pour rien. 

Cela étant, il a 66 ans. Partir à 66 ans n'est pas dramatique . Cela l'est d'autant moins quand on a gagné 1 million l'an dernier, ce qui n'est pas rien, et que l'entreprise que l'on dirige, a vu son chiffre d'affaires baisser de 25% et ses résultas de 50%.

C'est d'ailleurs l'un des arguments employés par Vincent Bolloré dans son "éditorial" publié par le JDD dimanche le 19 avril.

Mais la vérité est que ce n'est pas la raison de son éviction, pour les raisons suivantes:

-Dans l'édition les ventes dépendent essentiellement de la production littéraire des écrivains sous contrat et notamment des plus populaires. Que deux écrivains majeurs terminent ou n'aient pas terminé leur livre, qu'ils soient en état d'être publiés ou pas change radicalement  les choses. 

Virginie Despentes c'est 150.000 exemplaires. Laurent Binet 100.000. À 20 € le livre cela fait 5 millions d'euros.  Bolloré le sait parfaitement.

Voici quelques données comparatives relatives à  Grasset et au Seuil:

                                               2021  2022.   2023   2024. 2025

En millions d'euros

Chiffre d'affaires.          

Grasset                                 16        15        12        16       12   

Seuil                                      34        33        33        35    non publié

Résultat d'exploitation

Grasset                              + 2,1   +1,1      +0,4.    +1,2.   + 0,6

Seuil.                                   - 4,6.    -4,4.     -3,5.     +1,6   non publié


Les chiffres parlent d'eux même.

La vérité est que l'évolution des résultats est arrivée à point nommé, le prétexte l'a suivi sur un plateau.  

- Ce que voulait Bolloré c'est prendre la main en écartant un "commis" trop indépendant. 

Il écrit d'ailleurs dans son papier publié par le JDD à propos du prochain livre de Boualem Sansal:

"  Le dirigeant de Grasset voulait le sortir à la fin de l'année ce qui était contraire à la volonté d'Hachette qui est le réel propriétaire de Grasset.

En entreprise comme en démocratie, la majorité décide in fine"

Il a raison, sauf que, Hachette proclame sur la page d'accueil  de son site:

" L'autonomie éditoriale de nos maisons est le ferment de leur créativité".

Davantage encore:

Hachette - faisons simple, Vincent Bolloré- veut faire éditer par Grasset un ouvrage - Rome objet d'amour- signé par Nicolas Diat éditeur de Philippe de Villiers et de Jordan Bardella chez Fayard. 

Un livre pour Fayard pourtant, qu'aurait louangé, et que louangera sans doute, Pascal Praud.

Olivier Nora a refusé.

Dehors!

"L'autonomie éditoriale de nos maisons ..."

Quand on a mon âge et qu'on a un peu vécu, comme on dit, dans le milieu des affaires, on en a vu des manoeuvres. Bolloré savait que Nora refuserait de publier Nicolas Diat. 

Il fallait se débarrasser d'un homme libre, l'occasion était trouvée.

Maintenant, plus de 110 écrivains vont quitter la maison.

Après bientôt 120 ans d'histoire,  Grasset risque de mourir à ce qu'elle était pour devenir une officine supplémentaire dans l'appareil de propagande de cet homme infréquentable.

Les 12 ou 16 millions de chiffre d'affaires ne comptent pas.  Il s'en moque le ploutocrate, cela ne pèse rien.  Hachette fait près de 10 milliards de chiffre d'affaires.  

À la fin de son éditorial, Vincent Bolloré écrit:

"Je suis chrétien et démocrate."

Chrétien ? J'en suis ravi pour lui;  il peut aller à confesse. Tous les jours s'il le veut; il y a de quoi.

Démocrate ? Orbán et Trump disent la même chose. On n'est pas obligé de les croire.


Voilà que par hasard, je lis qu'en 2023 Nicolas Sarkozy, administrateur d'Hachette, propriétaire de Grasset, avait proposé à Muriel Beyer, éditrice, de remplacer Olivier Nora.  Elle avait décliné au motif que Grasset avait un excellent patron.  

C'est une vieille rancune que notre grand homme nourrit à l'endroit d'Olivier Nora. Il avait publié de 2008 à 2013 les désopilantes mais assassines "Chroniques du règne de Nicolas 1er"  de Patrick Rambaud.

Bolloré, Sarkozy, deux frères.

On patauge, dans la fange.

Eux s'y sentent bien.

Moi, j'en ai soupé.



Alors je vais vous raconter une belle histoire, celle de jeunes musiciens, brillants et généreux:

                                "La leçon d'Hermès".

Le 1er avril, la quatuor Hermès donnait un merveilleux concert Salle Cortot à Paris.

Acoustique exceptionnelle et intimité dans cette petite salle de 400 places.

Au programme:

L'extraordinaire quintette n°3 de Mozart pour violons, deux altos et violoncelle.

L'adagio émouvant du quintette de Bruckner, pour violons, deux altos et violoncelle.

Et pour conclure:

Le quatuor n° 2 de Korngold vif, tendre puis dansant dans son 4ème mouvement intitulé "valse", avec un Levionnois en feu.

Ce concert était le dernier auquel participait l'altiste du quatuor, Lou Yung-Hsin Chang . Co-fondatrice d'Hermès 18 ans plus tôt. Elle souhaite aujourd'hui vivre une autre vie.

Ses amis ne lui en voulaient pas. Davantage encore, ils avaient décidé de lui faire un sublime cadeau .

Omer Bouchez, premier violon, Élise Liu, deuxième violon  et Yan Levionnois, violoncelle,  qui avaient créé l'ensemble avec elle,  ont élaboré un programme destiné à lui rendre hommage faisant la part belle à l'alto. Et aussi, pour accueillir avec elle, son successeur. De sorte que celle qui partait ouvrait ses bras à celui qui allait prendre sa suite.

Après l'adagio de Bruckner qui clôturait les pièces pour deux altos,  Lou Yung-Hsin Chang s'est éclipsée discrètement au milieu les ovations émues.  Elle laissait la place à Manuel Vioque-Judde.

Voyez-vous, ces jeunes trentenaires, musiciens merveilleux, nous ont donné ce soir là,  avec une radieuse humilité une belle leçon de générosité.

Ce moment magique m'a fait oublier la fange et ceux qui s'y vautrent. Et tous ces barbons voûtés  qui s'accrochent à leurs siègent, détestent ou écartent  leurs successeurs potentiels et considèrent leurs mandats comme faisant partie intégrante de leur patrimoine. On l'a vu aux dernières municipales.


Ce soir là, Bolloré et Sarkozy n'étaient pas là. Les barbons voûtés non plus.

Nous étions  heureux.



 








lundi 13 avril 2026

 


                                                 

                                        Quelle ordure !


 Il faut faire attention avec les mots. J'ai donc fait attention. Très attention même.

Ordure

- personne vile, abjecte (Larousse)

- personne abjecte (Le Robert)

Vil

- qui suscite le mépris. (Larousse)

- qui inspire le mépris, qui est sans dignité, sans courage ou sans loyauté (Le Robert)

Abject

- qui inspire le dégoût, le mépris par sa bassesse et sa dégradation morale. (Larousse)

- qui mérite le mépris, inspire un dégoût moral. (Le Robert)

                                       XXXX

Eh bien oui, chers Lecteurs, précautions polysémiques prises,  et bien que cela me répugne, Nicolas Sarkozy est une ordure. J'avais hésité avec crapule que le Larousse définit ainsi: "personne malhonnête".

Nicolas Sarkozy n'est pas définitivement condamné il est donc présumé innocent. Ce n'est donc pas, à ce jour, une crapule.

Il a été chef de l'État. Le chef de notre État. Quoi que l'on ait voté à l'époque, j'ai voté pour lui au deuxième tour en 2007, il faut être triste.

Le 15 décembre 2025 j'avais écrit ce que je pensais de son "Journal d'un prisonnier" , important chef d'oeuvre littéraire et éthique. 

J'avais omis de mentionner un passage pourtant édifiant, qui témoignait de sa grandeur d'âme.

Il avait en effet qualifié - "traité" serait plus juste-  , le général François Lecointre, ancien chef d'état-major des armées et  grand chancelier de la légion d'Honneur- "d'obscur général."

L'obscur général avait été décoré de la légion d'honneur à 33 ans pour "bravoure sous le feu", récompensé pour son courage sur le pont de Vrbanja à Sarajevo.  Je lui ai rendu hommage le 2 juin 2025 à l'occasion de la sortie de son livre magnifique "Entre guerres".

Qu'elle était minable cette reconnaissance de la Nation en regard  de celle qui honora dans sa promotion du 14 juillet  2008, sur le contingent du président de le République, les mérites de madame Choubrac, magistrate aux affaires familiales au tribunal de Nanterre, laquelle avait réglé avec célérité et discrétion le divorce de Nicolas Sarkozy avec sa femme de l'époque.  "Je crois qu'il a apprécié que je n'en parle pas" , avait-elle déclaré.

Illustre magistrate. Obscur soldat.

Nous voilà donc devant la première chambre de la Cour d'appel de Paris. 

Là, dans le déshonneur, notre grand homme a gravi une marche supplémentaire.

Rappelez-vous, "Il n'y a pas de quoi se réjouir", mon article du 29 septembre dernier:

En première instance il avait lâché ceux qui l'avaient servi.

Guéant - son plus vieux et plus fidèle collaborateur -, et Hortefeux - son frère (sic):

 Pensez, ils ne lui avaient rien dit de leurs voyages libyens et des rencontres qu'ils avaient faites "guidées" par deux intermédiaires véreux que le grand homme connaissait bien pourtant. 

Ah ça, s'il avait su!

"Pourtant lui demande Olivier Géron, le président de la Cour,  un an avant, vos deux collaborateurs étaient allés en Arabie saoudite, en compagnie de Takieddine. Et cette fois là vous étiez au courant."

"Oui, en effet."

Un ange passe. 

Et puis il y avait eu Herzog , son fidèle avocat et serviteur dévoué dans les causes difficiles. Il s'exposa Herzog, ô combien. Il était imprudent Herzog mais c'était au service du grand homme. 

Résultat, condamné et interdit d'exercer. 

Le grand homme prononça une oraison funèbre du plus bel effet qu'on peut résumer ainsi:  "il n'était pas capable de gérer un dossier pareil, il aurait dû le dire, je m'en suis aperçu trop tard."

Il est pourtant avocat, lui aussi, notre grand homme. Mais non, ça n'y fait rien.  Allez Herzog, du balai! 

La question qu'a dû se poser Nicolas Sarkozy est, j'imagine, la suivante: "Comment m'en sortir devant cette Cour et son président  Géron qui n'est pas un poussin de la dernière couvée?"

Il semble qu'il a trouvé la réponse. S'en prendre aux absents.

D'abord mettre en cause son prédécesseur: la Libye c'est pas moi c'est Chirac.

Ensuite et surtout, Guéant. 

Il est malade Guéant, il ne peut pas comparaître. Alors on le cible. Les sous-entendus seront bien utiles.

"je n'ai jamais demandé directement ou indirectement le départ (comprenez l'exfiltration) de Béchir Saleh" (ex directeur de cabinet de Kadhafi), réclamé pourtant par la Libye débarrassée de Kadhafi.

Sous-entendu: si ce n'est pas moi, c'est Guéant ministre de l'intérieur de l'époque

"j'étais à cent lieues d'imaginer l'affaire de la villa et des tableaux" 

Malgré la proximité constante de Bernard Squarcini patron de la Direction Générale de la Sécurité Intérieure c'est à dire du renseignement intérieur, son camarade, l'homme qui savait tout sur tout le monde. Oui malgré Squarcini,  il ne savait rien.  Décidément, comme dans la chanson d'Alain Souchon, "on lui cachait tout, on lui disait rien."

" c'est à Claude Guéant d'expliquer ce qu'il a fait. Mais si on me demande mon avis, ça me semble extrêmement étrange".

Il ne lâche plus, il charge.

Le président Géron, pas dupe sans doute, lui dit:

" Une conversation a été enregistrée entre Claude Guéant et sa fille le 13 juin 2013. Elle lui parle "du jour où tu vas te décider à balancer", il lui répond "je ne vais pas balancer". A quoi fait-elle allusion monsieur Sarkozy ?"

"Je n'en sais rien. ... J'aurais été très heureux que monsieur Guéant soit là. C'est tellement plus simple devant la Cour quand il n'est pas là"

Plus simple en effet, mais pour lui.

Car malheureusement, la fille de Claude Guéant, ne peut pas venir témoigner et la Cour ne peut pas se transporter pour aller entendre son père. Le code de procédure pénale ne le prévoit pas.

Quant à Guéant, ma conviction est qu'il n'aurait pas parlé.

Est-il propre Guéant dans toutes ces affaires ? Il est clairement apparu que non.

Mais à tout prendre, sans doute ne veut-il pas finir avec la réputation d'avoir été  une "balance" comme on dit dans le milieu.

Cela l'honore.

Notre grand homme n'a pas ces scrupules; il balance.


Alors me direz-vous:

"S'il est innocent ? Il a bien le droit de se défendre !"

Et je vous répondrai:

"Evidemment, mais pas au prix de ces lâchetés."


" La nature vous essaie dans un sens , et puis ça y est, pour toujours."

Céline: "Voyage au bout de la nuit"