lundi 21 septembre 2026

 


                                                


                                Je n'ai pas le niveau.



Plus le temps passe, plus je suis impressionné par le niveau stratosphérique de la pré-campagne pour les élections présidentielles.

J'écoute, je lis et, je dois l'avouer, je ne comprends pas grand chose.

Je n'ai pas le niveau.


Tenez, madame Le Pen promet la retraite à soixante-deux ans voire soixante ans pour les carrières longues: coût 10 milliards, au moins. 

"Pas grave" dit la Dame, on arrête les aides aux énergies renouvelables qui pèsent à peu près la même chose.

Faire financer les retraites par la canicule! Que voulez-vous que je vous dise, il faut un esprit supérieur.   

Et les étrangers ?  Dehors !

La France souffre d'un taux d'emploi faible, beaucoup de métiers essentiels sont en tension et ne fonctionneraient pas sans main d'oeuvre étrangère. 

Promenez-vous aux abords des chantiers et regardez la couleur de la peau de ceux qui piochent, et qui étalent le goudron. En toutes saisons, à toute heure et par tous les temps.

Allez dans les cuisines des restaurants et de bistrots et regardez qui réchauffe les plats, qui dresse les assiettes et qui fait la plonge.

Sont-ils en règle ? Pas tous.

Aimeraient-ils l'être , certainement.

Madame Le Pen n'a sans doute pas vu " L'histoire de Souleymane". Un très beau film pourtant. 

"Lorsqu’on a la responsabilité de gouverner un peuple, on n’a pas le droit de le précipiter dans l’inconnu sous prétexte que c’est amusant de détruire et que ce qui viendrait après pourrait être meilleur." 

George Pompidou "Le noeud gordien"

Mais, c'est vrai, je n'y comprends rien. Je n'ai pas le niveau.


Tenez, monsieur Mélenchon,  sans conteste l'un des plus grands économistes des temps présents. Honteusement, je l'avoue,  je ne l'avais  pas remarqué jusqu'ici. Il a découvert l'effacement d'une large partie de notre dette. 

Celle-ci s'élève à 3.500 milliards.  Eh bien monsieur Mélenchon  a déclaré qu'une fois au pouvoir il dira à la banque de France, "sur ces 3500 milliards vous en détenez 630. Vous et la France, c'est la même chose. Donc on ne vous doit rien. Un trait de plume et "oup la la !,...  la dette n'est plus que de 2.870 milliards et nous passons sous les 100% du PIB.

Bon, juridiquement c'est impossible,  parce que la Banque de France fait partie du Système Européen, parce que cela reviendrait à faire financer directement l'Etat français par le dit Système Européen , ce que le traité sur le fonctionnement de l'Union ne permet pas. 

Mais à Jean-Luc, rien n'est impossible,  car c'est l'un des plus grands économistes des temps présents.

À supposer donc que l'impossible devînt possible, pensez-vous que l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie l'accepteront ? Car il faut que nos partenaires - qui par parenthèse sont aussi nos concurrents -l'acceptent. Ils ont déjà clairement dit que c'était hors de question. 

Mais vous verrez le moment venu monsieur Mélenchon saura les convaincre , car le grand économiste les subjuguera . Ils s'inclineront, à genoux.

Alors, mettons donc qu'il les convainque.  Les marchés se méfieront de la France davantage encore et les taux déjà bien hauts s'envoleront pour le plus grand malheur de la dette française non effacée, de celle à intervenir et des pauvres français qui voudront emprunter et ne le pourront pas car ce sera trop cher. 

Imaginez les conséquences pour le secteur de la construction, du logement, pour l'investissement des entreprises et notamment des plus petites qui n'ont pas accès aux marché des capitaux.

 La France n'est pas la Grèce. C'est la deuxième économie de la zone euro, la septième puissance économique mondiale.  Et faut-il le rappeler, en contrepartie de l'effacement d'une partie  considérable de sa dette- plus de la moitié il est vrai- , la Grèce avait dû mettre en oeuvre une cure d'austérité sévère qui a duré plus de 10 ans. et dont les effets se font encore sentir chez les plus faibles.

Mais je m'inquiète pour rien, car Monsieur Mélenchon est un des plus grands économistes des temps présents; il "saura faire".

"Lorsqu’on a la responsabilité de gouverner un peuple, on n’a pas le droit de le précipiter dans l’inconnu sous prétexte que c’est amusant de détruire et que ce qui viendrait après pourrait être meilleur." 

George Pompidou "Le noeud gordien"

Mais que voulez-vous, je n'ai pas le niveau.


Et maintenant, suivant l'ordre d'entrée en scène, le sémillant sénateur Retailleau, celui qui se veut le promoteur de "la radicalité raisonnable" . Celui que, mauvais esprit,  j'ai surnommé  dans la foulée "L'Oximore du palais du Luxembourg" .

Entre géniales idées, le voilà qui veut permettre au peuple de remettre en cause les arrêts du Conseil constitutionnel ouvrant la porte aux dérives populistes les plus extrêmes. 

Même Trump n'y avait pas pensé. 

 Mais peut-être n'a-t-il pas suffisamment lu, le sénateur Retailleau. Ses charges sont lourdes, il est vrai. 

 Puis-je néanmoins suggérer à celui qui est manifestement un  "constitutionaliste" considérable, de lire un peu d'histoire et notamment,  ce qui a été écrit sur la Révolution française. Les ouvrages ne manquent pas, Michelet, Gaxotte , Gallo, Furet ou tenez,  cela vient de sortir, "La Révolution française" de Jean-Christian Petitfils.

 Il comprendra, j'espère, que donner au peuple la possibilité de contester jusqu'à la juridiction supérieure, en charge de veiller au respect de la constitution, c'est engager le processus démocratique à franchir les bornes dont Pierre Dac disait que "quand elles sont franchies, il n'y a plus de limite".

Oui, je n'arrive pas à comprendre qu'après 38 années de vie politique,  le Sénateur Retailleau  puisse avancer une si cruelle sottise. 

Il me fait penser à Camus qui écrivait dans La Chute:

"Pour être connu, en somme, il suffit de tuer sa concierge."

Faute de concierge, le sénateur Retailleau a choisi la paix civile.

Que voulez-vous, je n'ai pas le niveau.


Alors, on attend les autres.  

Edouard Philippe et son programme massif dont l'annonce était prévue fin septembre. Elle aurait été repoussée ou annulée, dit-on. Nous verrons bien.  

Gabriel Attal hargneux et agressif à l'endroit du dit Édouard  avec lequel il lui faudra bien s'allier. Il est jeune, c'est vrai.

Puis, le vainqueur de la primaire socialiste, et Fabien Roussel et Marine Tonnelier, peut-être 

François Hollande peut-être aussi.

Dieu que tout cela est compliqué!

Le monde gronde à notre porte pourtant.

Mais voyez-vous, je ne suis pas anxieux.

Car Ségolène arrive et voulez-vous que je vous dise ?

Ségolène c'est du lourd. 


Pardonnez-moi d'avoir été un peu long. C'est que tout cela n'est pas simple.



lundi 14 septembre 2026

 



                                            "C'était ça ou mourir."


Thélyson Orélien avait 22 ans quand en 2010, il décida de fuir Haïti à la suite d'un séisme particulièrement destructeur et meurtrier.

Achevant son périple au Québec, il est maintenant canadien, poète et écrivain.

Thélyson Orélien vient de publier "C'était ça ou mourir" , un roman qui, s'il n'est pas autobiographique, est inspiré par sa vie et nourri d'enquêtes et d'entretiens avec des exilés récents.

Autant vous le dire, c'est un coup de poing.

Un premier roman d'une terrifiante beauté, dans lequel il raconte le long périple d'un jeune professeur d'histoire, Jonas Dorléon, qui fuit Haïti , les bombes, les fusillades, d'un pays désormais entre les mains des gangs.

Jonas - le prénom n'a sans doute pas été choisi par hasard- traverse 12 pays, parcourt près de 12.000 km avec pour tout bagage, un sac en plastique Carrefour contenant la photo de sa mère, un recueil de poèmes de René Depestre et un savon. Son but:  le Québec où l'attend une cousine.

Tour à tour, migrant, demandeur d'asile, réfugié, mendiant, travailleur à la tâche,  il chemine avec des compagnons de désastre, des mères , des enfants, de vieux et des estropiés. 

Il lui faut mentir, supporter la mort quasi-quotidienne de compagnons de misère et la cruauté des hommes, à propos desquels on se dit avec Serge Bouchard, anthropologue québécois    "L'homme est un ours qui a mal tourné".

Le traversée du Darien au Mexique puis le passage entre le Mexique et les États-Unis est doublement monstrueux. 

Monstrueux à cause de ce que Jonas et ses compagnons vivent pour survivre et davantage  peut-être, par le traitement qu'ils subissent en arrivant chez Trump.

Et l'on se dit: comment peut-on être aussi bestial ?

 Ces gens ne feraient pas à un chien après qu'il ait mordu leur enfant, le quart du dixième de ce qu'ils font à des êtres humains qui sont là, devant eux, chassés par la misère.

Et l'on se dit bien sûr aussi , que Rocard n'avait pas tort: "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde". Il suffit à Paris d'aller dans le quartier de Stalingrad ou dans celui de La Chapelle  pour voir tous ces hommes qui dorment sur le sol et mesurer ce que l'on ne fait pas.

Le sujet est difficile ô combien. Il y a les gouvernements corrompus qui détournent une partie des aides, ceux qui poussent à l'exode, et les réseaux de passeurs mafieux. Je le sais bien.

Mais ce n'est pas une raison, car dans cette affaire, ce sont les mêmes souvent:

-  qui veulent renvoyer, sans ménagement ces hommes, ces femmes et ces enfants à la mer, et s'agenouillent les mains jointes en priant Dieu.  Il suffit d'écouter JD Vance , celui qui fait office de vice-président américain, et tant d'autres en Europe en général et en France en particulier.

Tartuffes infâmes.

- les mêmes qui veulent forer, qui veulent réduire ou supprimer le financement des énergies alternatives, qui contestent le réchauffement climatique. 

- les mêmes qui font semblant de ne pas comprendre que ce qui se passe accroît la misère des peuples les plus exposés et les pousse à fuir, parce que "c'est ça ou mourir".

- les mêmes qui réduisent ou suppriment les aides au développement, alors qu'il faut faire massivement l'inverse.

- les mêmes enfin qui ne veulent pas comprendre que la pauvreté ruisselle plus vite que la richesse et font semblant, pour certains,  de s'étonner de l'arrivée des extrémistes au pouvoir.

Alors oui,  dans ma grande naïveté, j'espère qu'un jour, les dirigeants de ce monde, ou d'Europe tout au moins,  comprendront qu'il faut que cela change et que c'est leur intérêt.

" C'était ça ou mourir" est sur la première liste des prix Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis.

Récompenser un si beau cri et, ainsi, le faire lire chez nous  au plus grand nombre honorerait les jurés. Et nous aussi.











lundi 7 septembre 2026

 

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                                               Faites gaffe ! (saison 2)


Le 9 février dernier, j'avais sous ce titre écrit les menaces qui pèsent sur la démocratie en France. (*) Pour ce faire, je m'étais appuyé sur ce qui se passe aux USA.

"Le plus grand président de l'histoire des États-Unis", c'est ainsi que Trump parle de lui. Il peut en effet se prévaloir d'un bilan  inégalé. 

Tenez:

- La guerre au moyen-orient qui n'en finit pas. Quelques jours avait-il dit.

- La guerre avec l'Iran,  qui n'en finit pas. Quelques jours avait-il dit.

- L'Ukraine ? Il mettrait fin à la guerre en vingt-quatre heures. On sait ce qu'il en est. 

- Le 18 août dernier il décidait de diminuer les exercices militaires avec la Corée du Sud pour ne pas froisser l'aimable dictateur de la Corée du Nord, qui "a toujours été gentil avec moi".  Le gentil dictateur l'avait pourtant roulé dans la farine lors de son premier mandat.

- Et, dernier coup d'éclat des cet esprit lumineux, il semble devoir encourager le président argentin à reprendre les hostilités  à propos des Malouines pour punir l'Angleterre de ne pas le soutenir en Iran.

 Trump "Homme de paix", comme l'appelait le président de la FIFA.

S'il n'y avait que cela.  Mais non:

- Un déficit budgétaire abyssal, supérieur à 1800 milliards de dollars représentant 5,7% du PIB.

- Un déficit commercial colossal à 743 milliards de dollars. 

- Des droits douanes illégaux que le pays est obligé de rembourser à hauteur de 180 milliards.  

- Une dette de 40.000 milliards de dollars (124%) du PIB

- Une inflation de 3,4%

- Des cours du pétrole et du gaz qui s'envolent dans le monde, résultat de sa magnifique opération de cinq jours contre l'Iran qui dure depuis six mois.

- Une dérégulation des marchés, Trump ayant élargi avec l'accord de la Cour suprême presque totalement à sa main,  ses pouvoirs sur les organes de contrôles que sont la SEC et la CFTC,  organes dont les prérogatives avaient justement été accrues après la crise de 2008;

 - Mainmise sur la Réserve fédérale (FED) en principe indépendante,  en nommant un président discipliné qui, dit-on, prend ses ordres à la Maison blanche

De sorte qu'au bout de ce fabuleux parcours, les prêteurs déboussolés et inquiets se cabrent et commencent à craindre les conséquences des politiques menées par ce génie immature et instable. 

Ceci, dans un contexte de valorisation déraisonnable des actifs liés à l'IA, qui commence à inquiéter sérieusement.

Quand les prêteurs se cabrent, les taux  grimpent. Ceux à 10 ans sur les emprunts d'État US sont  montés à 4,8% et ceux à trente ans à 5,25% !


Arrêtons là cet éloge.


Oui, Donald Trump est un président exceptionnel,  le Coolidge des temps modernes. Vous savez, Coolidge ce président magnifique qui  à partir de 1923 avait dérégulé à tour de bras entrainant le krach de 1929.


Nous n'en sommes pas là, quoi que:

A la manière d'un pompier pyromane, le bonhomme a allumé des mèches un peu partout et sur beaucoup de sujets. Si le feu se déclare cela ira vite, cela fera mal, et malgré son génie, le président méchu de Mar-a-Lago ne pourra guère faire autre chose que constater les dégâts.

La France considérablement endettée qui emprunte à 10 ans au taux de 4,23% contre 3,45% il y a 6 mois et chroniquement déficitaire sera en Europe un des pays les plus touchés.

Je me rappelle aout 2007. 

 Des banques commençaient à se regarder de travers et l'une d'elle avait temporairement fermé un fonds. Cela signifiait  que Madame Michu épargnante modeste ne pouvait plus retirer sa petite épargne, fut-ce de 1000 €.

En septembre, j'avais invité les banques du petit groupe que je dirigeais à venir, les unes après les autres, expliquer ce qui s'était passé. 

"Rien du tout  monsieur. Juste une petite frayeur, vite oubliée."

J'ai proposé à mon conseil d'administration de considérer que ce n'était pas "Rien du tout", et qu'au contraire cela risquait d'être  grave avec notamment une flambée des taux et une chute brutale des marchés. Le conseil  m'avait suivi. 

Un an plus tard, le 15 septembre, Lehman Brothers faisait faillite et le monde s'enfonçait dans la crise.

Je suis maintenant "retiré des voitures"comme on dit. Depuis suffisamment de temps pour que, sans fausse modestie, je me considère incompétent. 

 Les choses ont changé. Enfin c'est ce qu'on lit. 

Je l'espère vivement.

Mais,

"Les hommes ont la faculté de croire à chaque circonstance qu'il s'agit d'autre chose, faculté qui leur permet d'adopter des erreurs statistiques, politiques etc. sans s'apercevoir que ce sont les mêmes qu'ils ont prises pour des vérités.

Marcel Proust Sodome et Gomohhre.


Alors,  "faites gaffe" quand même.


(*) J'écrirai plus tard sur l'arrivée au pouvoir des néo-nazis en Saxe-Anhalt; elle n'arrange rien bien sûr.

lundi 31 août 2026

 



                                        Hommage à mon frère


Mon frère Jean-Michel est mort.

Mon ainé, de si peu. 

Philosophe, amoureux de Kant, conseil de beaucoup des plus grands patrons français , c'était un homme de géniales fulgurances, d'enthousiasmes et de colères aussi, qu'alimentait son incroyable culture philosophique et historique.

Le grand historien Jean-Christian Petitfils, qu'il m'avait fait découvrir, lui a dédié son denier opus:  La Révolution française (Perrin)

Ils sont peu ceux qui peuvent prétendre à un tel hommage.

Jean-Michel était tout sauf  tiède. Il avait un caractère fort , quelquefois excessif comme l'ont les esprits supérieurs conduits par des convictions tenaces.

Jean-Michel n'aimait pas Emmanuel Macron. 

Il avait dès l'instant détecté ce qui, chez lui, relevait de la légèreté, de l'insouciance et, souvent hélas, de la supercherie.

Il m'arrivait de m'en agacer, alors nous disputions sans nous disputer, car nous ne disputions jamais.

Il se trouve qu'il avait raison.

Malgré l'amour des siens, de l'amitié et de la présence de ses nombreux amis, Jean-Michel s'en est allé jeudi soir, fatigué, désespéré par l'état du monde et davantage encore par l'état de la France qu'il chérissait.

L'avenir eut été trop dur pour lui.

Il a eu raison de s'envoler.

Il a eu raison. Une fois encore.

Mais Dieu, qu'il va nous manquer.






samedi 15 août 2026

 


                                            Je me serai bien amusé.


Le 7 mai 2017, voyant Emmanuel Macron pour lequel j'avais voté faute de mieux, marcher à longs et lents pas devant la pyramide du Louvre, j'avais dit à ma femme

"Quel comédien, nous nous sommes fait baiser".

Pardonnez-moi, mais il faut citer juste

 Dix ans ont passé, bientôt.

La France souffre, les français souffrent, les paysans risquent la ruine, sur les chantiers des hommes creusent des tranchées sous 35 voire 40 degrés , les habitants des cités souffrent terriblement.

Et, celui qui fait office de président de la République, pavane en Jet-Ski, se faisant complaisamment photographier par Paris-Match.

J'ai horreur de hurler avec les loups; d'ailleurs si monsieur Faure qui hurle à raison en était un cela se saurait.

Mais là, tout de même, il y a de quoi être révulsé !

Tenez, dans 8 mois, achevant ses deux mandats , Emmanuel Macron pourra dire sourire aux lèvres:

J'ai consommé:

7 premiers-ministres

8 ministres de la santé

8 ministres de l'écologie 

6 de l'éducation

7 du logement

6 de la culture

entre autres.

J'ai procédé à une dissolution lunaire en m'affranchissant des procédures constitutionnelles, 

Et j'ai pu faire du jet-ski pendant la canicule.


Oui décidément,  "je me serai bien amusé"




lundi 27 juillet 2026

 



                                                          Le déshonneur ?


Le 6 juillet j'avais écrit à propos de Xenia Fedorova, la propagandiste poutinienne généreusement abritée et rétribuée par Vincent Boléro: "Dehors!"

Le ministère des affaires étrangères, Emmanuel Macron donc, semble avoir décidé de ne pas ajouter le nom de madame Fedorova à la liste des personnalités sanctionnées par le 21ème paquet de sanctions européennes qui l'aurait contrainte de facto à quitter le territoire de l'Union.

Voilà qui m'a fait interrompre mes vacances.

On rapporte que le ministère recherche d'autres moyens.

J'espère vivement qu'il va trouver et vite, faute de quoi, on se demandera si cette indulgence n'a pas pour but d'éviter que Bolloré fasse la guerre à un pouvoir démocratiquement constitué qu'il honnit

Si c'était cela alors je rappellerai au Président l'adresse apocryphe de Chrurchill à Chamberlain au lendemain des  accords de Munich:

" Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre".

Ne choisissez pas le déshonneur, Monsieur le Président,  car de toutes les façons, même les plus ignobles, Bolloré fera la guerre à la liberté en prétendant la défendre.


Allez, je retourne en vacances en pensant aux soldats du feu.



lundi 13 juillet 2026

 


                                            L'espèce n'est pas morte.



Avant de partir en vacances je ne vais pas écrire sur: 

" de Madame Le Pen et l'intégrité morale en politique".

" du malheur de n'être plus numéro un quand on a trente ans"

" de la difficulté d'être quand, bien que vendéen, on ne représente rien"

" de l'indécence qu'il y a à se maintenir à la tête d'un parti, fut-il socialiste, quand les militants vous ont désavoué."

" de l'antisémitisme d'un vieux candidat comme stratégie ultime de prise du pouvoir"

Etc etc.

Non je vais regarder plus haut.  La performance n'est pas grande.

Dans ces temps difficiles, il faut lever les yeux, pour y trouver une raison de croire ou, à tout le moins, d'espérer

Alors si vous ne l'avez pas encore fait, allez voir "La bataille de Gaulle"  d'après  De Gaulle, l'impressionnante biographie de l'historien anglais Julian Jackson. 

Les deux volets - L'âge de fer et J'écris ton nom-  sont réussis; ce n'était pas écrit .

Ils ne sonnent pas seulement la gloire du Général, mais racontent aussi sa solitude, ses doutes, sa possible infidélité -cet homme en était un, il a pu avoir une faiblesse, on ne sait pas-,  et son malheur face à la lâcheté.

Ils racontent la veulerie, la saloperie ordinaire, les vils calculs politiciens - cela me rappelle quelque chose-  d'un côté,  et de l'autre, l'héroïsme de quelques chefs et des obscurs soldats de l'ombre ou de la lumière, peu importe, qui aimaient leur pays. 

Les acteurs sont remarquables: Abkarian en de Gaulle - une sacré- réussite, davantage même,  une performance-  Schneider en Leclerc, Magimel en Koenig, Kassovitz en Darlan, Kysyl en Moulin, Lhermitte impayable en Giraud, Russel Beale en Churchill et Anamaria Bartolomei, Livia, adorable résistante, impressionnante et merveilleuse.

Pour ne citer qu'eux.

Oui, il faut voir La Bataille de Gaulle


Et, puisque dans ces temps chauds, faute de pouvoir passer vos journées au cinéma et vous dépenser, vous aurez le temps de lire, alors:

Lisez "Mermoz" de Joseph Kessel

Kessel a fait la connaissance de Mermoz quelques années avant sa mort. Ils sont devenus amis.

On croit savoir qui était Mermoz, enfin je le croyais.

J'étais à mille lieues.

L'immense Kessel écrivain de l'épique et de l'âme humaine, nous entraine vers les sommets. Sommets du courage, de l'intelligence, des exploits surhumains, de la grandeur d'âme, de l'éthique, de l'intégrité, de l'amitié réelle qui ne reposait pas sur le statut, et de l'amour de son pays.

Ce livre est un choc; il faut l'avoir subi. 

 Oui, il y eut des temps en France, où des femmes et des hommes transcendaient l'histoire, montraient le chemin qui montait et passaient devant.

J'ai envie d'écrire à popos de de Gaulle, de Leclerc, de Moulin, de Mermoz, et de tous ces héros de l'ombre ou de la lumière, qu'ils étaient comme la Mère de Romain Gary à propos de laquelle il écrivait dans La promesse de l'aube:

" Ma Mère aimait la France, sans raison aucune, comme chaque fois que l'on aime vraiment".

L'espèce n'est pas morte, j'en suis convaincu.