lundi 5 janvier 2026

 



                                       L'air du catalogue.


Depuis de nombreuses années je ne sacrifie plus au sacrifice du 31 décembre que constituent les voeux présidentiels. Je les regarde en replay.

Un fois encore, hier.

J'ai vu un homme terne -ce n'était pas son ordinaire quoi qu'on  pense de lui, égrener  le catalogue presqu'exhaustif d'un programme lu qui, après les satisfactions d'usage, aurait été prononcé par un premier ministre dans un discours de politique générale.

Faisons court

I) Nous tenons grâce:

- à vous,

- à nos institutions 

- à nos services publics

- à nos armées

- à nos forces de sécurité

- à notre économie qui crée de l'emploi

- à notre inflation qui est basse

- notre recherche

- à notre excellence académique,

- à nos initiatives diplomatiques.

Zut me dis-je , il a oublié les médecins et les enseignants, les constructeurs d'éoliennes les ingénieurs du nucléaire et les cheminots qui, pour certains, travaillent les jours fériés.

II) Arrivent les actions qu'il faudra conduire avec exigence:

- voter un budget

- aider et protéger les agriculteurs

- simplifier la vie des entrepreneurs,

- lutter contre l'insécurité et le trafic de drogue

- renforcer la formation des enseignants et renforcer les moyens de l'école (ouf! il y a pensé)

- reconnaître la compétence des médecins en ville comme à l'hôpital (pareillement !)

- entamer une vraie décentralisation et répondre aux aspirations légitimes de la Corse et de certains territoires d'outre-mer

- instaurer un service national

Et, je suis content qu'il en ait parlé:

- encadrer les réseaux sociaux

- doter la France d'une loi sur la fin de vie dans la dignité.


Pendant que le président égrenait je me disais: il en est certainement qui l'écoutent, mais qui l'entend ?

Il me donnait l'impression de sacrifier à un exercice imposé auquel il ne croyait plus, sachant qu'il n'a plus grand jeu dans sa main.

Et j'étais triste, non pour lui, mais pour le pays.

Et me disais qu'en fait de catalogue, décidément je préfère l'air

génial, composé par Mozart sur un livret de Da Ponte  au 1er acte du Don Juan.

Tenez, lisez (*): 

                                    

Très chère dame, voici la liste

des beautés séduites par mon maître,

Une liste que j'ai faite moi-même

            Regardez, lisez avec moi.


    En Italie, six cent quarante ;
En Allemagne, deux-cent trente et une ;
cent en France; en Turquie, quatre-vingt onze ;
Mais en Espagne déjà mille et trois.

Parmi elles, des paysannes,
des servantes, des citadines,
des comtesses, des baronnes,
des marquises, des princesses,
des femmes de tous rangs,
toutes sortes, tous âges.

Chez la blonde, il a l'habitude
de louer la gentillesse;
chez la brune, la constance;
chez la blanche, la douceur.

Il lui faut l'hiver la grassouillette.
l'été, la maigrelette.
Il appelle la grande « majesteuse »,
Mais trouve la petite tout aussi « charmante ».

Il séduit les plus âgées
pour le plaisir d'allonger la liste.
Mais sa passion principale
c'est la jeune débutante.

Il se moque qu'elle soit riche,
qu'elle soit laide, qu'elle soit belle ;
Du moment qu'elle porte le jupon,
Vous savez ce qu'il fait.

Et puis écoutez:


(mettez votre curseur sur le lien ci-dessus et cliquez; Youtube apparaît. Cliquez et L'air du Catalogue arrive. Si la publicité apparaît, vous pouvez l'ignorer  quand arrive la mention "Ignorer"en bas à droite de votre écran)


  (*) Aurait-on le droit d'écrire cela dans la France d'aujourd'hui,  fut-ce pour servir une oeuvre immense ? Je n'en suis pas certain hélas.         

4 commentaires:

  1. Rapprocher Macron et Mozart, voilà qui est savoureux : je dégage Macron et je garde Mozart, toujours.
    Maï H-H

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  2. Oui Macron, le terne, qui semble perdu et encore une fois totalement à côté de ce que nous attendions. Bravo pour le rapprochement des 2 M. Idem, je garde Mozart

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  3. Dur, dur, pour notre président de tenir jusqu'en 2027. A l'international, où il s'investit depuis longtemps, il semble émoussé et sa dernière sortie sur l'intervention américaine au Venezuela reste pour beaucoup vraiment surprenant! Alors, face à Mozart, il n'y a pas photo. Merci pour la traduction de Don Giovani, c'est mieux en italien mais avec les sous titres on comprend! Surprenant ! jp

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  4. A la fin de l'année il n'y aura plus de gens qui coucheront dans la rue (27/07/2017). Macron
    On avait rien demandé et on a pas eu grand chose !
    Supérieurement intelligent mais ....
    PH

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