samedi 3 janvier 2026

 


                            


            On lui dit quoi à Poutine, maintenant ?


J'avais décidé de ne pas réagir à chaud. Aujourd'hui je fais exception.

En mars 2005, ma femme et moi attendions à la porte de notre hôtel le taxi qui devait nous reconduire à l'aéroport de Caracas. Il était un peu plus de 5 heures du matin.

Il faisait bon, nous étions dehors.

Deux voitures arrivèrent en trombe, les passagers se tiraient dessus.

Hugo Chavez était au pouvoir, il le resterait 8 ans encore. 

Les gens commençaient à faire la queue devant les magasins. Les ministres et les militaires roulaient dans de grosses limousines. Dans les rues, on avait peur.

Chavez disparu, Maduro prit le suite. 

Oligarque, cruel et corrompu, il accentua la dictature mise en place par son prédécesseur, truqua davantage encore les élections,  créa des milices qu'il lança contre ses opposants, contraignit à l'exil une large partie de son peuple affamé.

On ne faisait presque plus la queue; les vénézuéliens savaient que les magasins étaient vides.

Maduro et les siens avaient les joues pleines et le ventre rebondi.

Lisez La fille de l'Espagnole de Karina Sainz-Borgo paru en 2020. C'est un roman magnifique et poignant qui raconte du dedans la monstruosité du pouvoir "madurien" et la misère d'un peuple en détresse . 

Sans aucun doute, le régime de Maduro ne mérite-t-il pas de durer. Mais une fois que l'on a dit cela... hein ?

On dit quoi à Poutine maintenant, lui qui pense que l'Ukraine ne mérite pas l'indépendance.

On lui dit que ce n'est pas bien ? Qu'il faut respecter l'ordre international et la Charte de l'ONU ?

La parole de l'Amérique ne vaut plus, à supposer qu'elle comptât encore un peu.

Les élections de mi-mandat approchent; elles se présentent mal pour le poète qui siège à la Maison blanche. Ses taxes douanières  favorisent une inflation qui pèse sur les plus faibles, dont beaucoup, souffrant du même mal sous Biden, ont voté pour lui. Alors, comme souvent dans l'histoire, on tente un coup d'éclat. À l'extérieur.

Shakespeare a écrit là-dessus, la guerre pour unifier le Royaume d' Angleterre.

En général , ça ne paie pas. 

Xi, Netanyahou, comme Poutine ont maintenant du grain à moudre. Trump leur en a fourni, en abondance.

"L'horreur de la vieillesse est d'être le total d'une vie."

Mauriac "Le noeud de vipère"

La vieillesse de Trump est abjecte.