lundi 2 février 2026

 



                                        La guillotine et le garrot


Ainsi donc après trois mois de discussions et de débats,  la France va avoir un budget.

Sera-ce un bon budget ? Non.

Le Premier ministre pouvait-il obtenir mieux ? Pas davantage.

La droite lui avait tourné le dos.

Le parti socialiste, pour sa part, lui avait donné à choisir entre la guillotine et le garrot.

La guillotine c'était la censure, la dissolution, et le Rassemblement National au pouvoir.

Son devoir était de choisir le garrot.  C'est ce qu'il a fait.

Soit un interminable marchandage.

Le PS a serré progressivement le cou du gouvernement jusqu'à obtenir à peu près ce qu'il voulait, c'est à dire, avant tout, une absence de réforme. 

Absence coûteuse qu'il fallait bien financer, le Premier ministre demeurant intransigeant sur le niveau maximum de déficit à 5% du PIB.

Alors, ce financement,  ce seront pour l'essentiel les entreprises qui l'assureront:

-  par le prolongement de la cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE); elle devait baisser, 

- par la reconduction, légèrement modifiée, de la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises; elle devait disparaître. 

On met donc à contribution les entreprises qui pourtant, sont pénalisées par  les taxes douanières de Trump et l'agressivité commerciale croissante de la Chine. 

Alors même que le chômage repart à la hausse. On est sans voix.

J'en devine cependant qui se frottent les mains.


Un 49-3 donc, pour terminer cette séquence inédite, qui permet au parti "garotteur" de se borner à ne pas voter la censure. Quel admirable courage! 


Certains, parmi vous, vont me trouver sévère. C'est vrai, je le suis, parce qu'à la vérité,  je suis en colère.

- L'éducation nationale est à la peine.

- La sécurité n'est pas correctement assurée, notamment au service des plus faibles.

- Le système de santé est en grande tension. 

- L'équité devant la maladie tend à devenir un concept. Le professeur Delfraissy  président du Comité consultatif national d'éthique déclarait dans une interview au Monde daté du 22 janvier dernier: 

"Si vous regardez l'espérance de vie le long du RER B entre le sud et le nord de Paris, il y a une différence de 7,8 ans entre la ville de Sceaux (Hauts de Seine) et certaines communes de Seine-Saint-Denis.

Oui, vous lisez bien, 7,8 ans ! 


La vérité est que la France n'est pas gérée, qu'elle est bloquée et qu'on a pas le courage politique de la réformer.

 Si la solution résidait dans "davantage d'impôts", nous serions le pays le plus prospère, le mieux éduqué, et le plus heureux de la planète.  


- Mais, me direz-vous, dans la configuration politique actuelle, qu'attendiez-vous ?"

- Un peu de sens du devoir. 


En 2027, les mêmes pleureront l'arrivée au pouvoir des couleurs brunes.


" J'ai appris à ne pas juger. Je tente seulement de comprendre. La vie est un mystère."

Philippe Labro: La traversée.

J'ai tenté de comprendre. Je n'y arrive pas.








9 commentaires:

  1. Merci Bertrand pour cette analyse décapante
    J’aimerais ajouter que pendant cette interminable discussion sur le budget, je n’ai pas entendu un seul mot sur le développement économique et le développement des entreprises qui sont créatrices de valeur ajoutée.et donc de contributions….
    La richesse par habitant de la France est passée sous la moyenne européenne ….
    Jusqu’où faudra t’il descendre pour changer de « logiciel »….

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    1. Jusqu'à ce qu'une femme ou un homme se lève et comme en 1958... Je ne vois rien aujourd'hui; l'âge ma vue baisse. Mais rêvons un peu.

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  2. L'éducation (nos enfants sont abandonnés), la sécurité (les moyens en chute libre ((voir les postes de police insalubres)), le secteur médical sont durement impactés. Pourtant le secteur médical avait été applaudi et des promesses faites...
    Et que dire des lois, décrets rangés au fond des tiroirs (fin de vie...et autres).
    Et que dire de l inclusion des personnes a handicap, au fond du tiroir. Pourtant aux JO, des promesses encore...
    Nos politiques ne répondent pas à nos demandes.
    Je crains 2027

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    1. Cher Anonymes,
      J'aimerais bien pouvoir vous contredire, mais hélas!

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  3. Si on arrêtait de financer des "comités" théodule.
    P Juvin l'évoque très bien hélas peu entendu comme ce qui est suggéré par ll' IFRAP :faire des économies est un gros mot détestable on lui préfère taxe !
    Quel espoir pour l'éducation ,la santé ,la sécurité passons sur l'égalité le sens du devoir comme vous le dites la porte est ouverte pour les chemises brunes.
    PH

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    1. Cher PH,
      Les économies sont nécessaires mais illusoires sans les réformes; je sais que nous sommes d'accord.
      Quant au "brun", comme vous, je tends le dos.

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    2. N'est il pas possible de ne pas reconduire des "hauts fonctionnaires" dans des activités que des gens plus jeunes - je regarde avec désespoir Lang- qui nous salit - pourraient occuper

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  4. Vraiment très, très sévère pour les socialistes et pas juste. Les associer à la guillotine ou le garrot c'est violent, surtout en se souvenant de l'histoire espagnole ! Rappelons que la gauche était arrivée en tête après la dissolution et Jupiter n'en a tenu aucun compte, c'est au minimum un déni de démocratie. Alors, faire porter la responsabilité de ce budget sur le parti socialiste me semble totalement inapproprié. Valait il mieux la censure? On est d'accord sur ce point pour dire non. Et surtout relativisons, n'oublions pas les Ukrainiens,les Palestiniens,les Iraniens et les autres..on n'est pas si malheureux !

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    1. Cher Lecteur,
      Commençons d'abord par l'essentiel, ici.
      Que vous me lisiez m'honore
      Que vous ne partagiez pas ce que j'ai écrit ne me choque pas. Profitons en au contraire avant que...
      Sur le fond:
      Ce budget a été co-construit: le PS a dit ses exigences et le premier ministre a été contraint de les respecter.
      Ce que je critique n'est pas l'attitude politique du PS, je sais d'expérience que ce jeu n'est pas fait pour les tendres.
      Non ce que je n' accepte pas c'est l'absence de réforme qui plombe la France et par voie de conséquence les français le plus faibles.

      Vous écrivez que nous comparant aux iraniens aux ukrainiens, aux palestiniens et à tant d'autres peuples martyrisés ne sommes pas si malheureux.
      C'est vrai.Mais les plus faibles ne l'entendent plus et vont je le crains voter pour les extrêmes.
      Cela me terrifie.
      Pouvez-vous lire ce que j'avais écrit elle 24 septembre 24 09 2024 sous le titre "Si vous croyez que cela m'amuse".
      J'espère être cohérent.
      Merci encore.
      Bien cordialement

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