lundi 23 février 2026

 


                           Voici ce que j'avais commencé d'écrire:


  Cher Jean-Luc Mélenchon,


    À dire vrai, j'ai hésité à vous écrire, car entre nous, normalement, on s'invective et on s'injurie; c'est la règle. 

M'est revenu toutefois un souvenir d'enfant qui m'a convaincu de vous dire ma reconnaissance.

Un jour avec ma maman, je faisais la queue devant une boulangerie. Je devais avoir cinq ans, j'avais été particulièrement sage. Un croissant m'attendait au bout de l'effort; il faisait froid.  

Une vieille dame me vit, frigorifié, les mains dans les poches et, attendrie sans doute, me donna un bonbon.

Dans l'instant, je le mis dans ma bouche, sans avoir remercié.

Maman, furieuse , me dit, "pas de merci, pas de croissant" .  Nous sommes sortis de la queue pour rentrer à la maison.

Depuis ce jour, je ne manque jamais de remercier.

Donc, Cher Jean-Luc Mélenchon, "merci".

Votre réaction après la mort de Quentin Deranque a été en tout point remarquable; je n'en attendais pas tant.

Quant à celle de Madame Panot, la présidente de votre groupe parlementaire, je ne sais comment vous dire; elle m'a ravi. Quel talent au service de ma cause !

Vous noterez que j'ai eu la sagesse d'interdire aux membres de mon parti de participer à la manifestation de Lyon en hommage au militant massacré. Je suis jeune, certes, beaucoup moins cultivé que vous, mais malin. 

"Nous n'avons rien à voir avec l'ultra-droite" ai-je affirmé quand  dans le même temps, vous avez, quoi que vous en disiez, apporté votre soutien à peine implicite à l'ultra-gauche. 

Merci.

Passons à un autre sujet qui vous tient à coeur semble-t-il et sur lequel je vous dois là-encore mille remerciements: l'antisémitisme

Je vous l'avoue: chapeau ! 

Nous avons un lourd passé dans mon parti, vous le savez bien: "l'holocauste est un détail de l'histoire", "Durafour crématoire" etc etc. L'antisémitisme est un peu notre histoire.

Pourtant vous avez réussi à nous en exonérer et à prendre sur vos épaules le lourd fardeau de la détestation des juifs. Des antisémites, j'en ai dans mon parti, mais voyez-vous, je les cache.

Oh je sais bien. Ce que vous faites l'est par calcul: "les jeunes des cités, pensez-vous, qui n'aiment pas Israël et font l'amalgame vont voter pour moi. Il faut que je "turbule" comme disait Chevènement." 

Eh bien continuez Cher Jean-Luc Mélenchon, turbulez, turbulez.

Les jeunes ne voteront pas; ce n'est pas leur "truc", voyez-vous.  

En revanche, les vieux si, mais pour moi car ils n'aiment pas le désordre.


Et puis, Trump s'est mis une fois encore à faire des siennes.

Hier après avoir appris la décision de la Cour suprême des États-Unis jugeant illégale  l'imposition de droits de douanes réciproques par 6 voix contre 3, pessimiste comme il m'arrive de l'être, j'ai dit textuellement à ma femme:

"Trump fera un bras d'honneur à la Cour suprême, il ne cédera pas. D'ailleurs s'il cédait il lui faudrait rendre les 70 milliards de dollars que les États-Unis ont injustement perçus. Or Trump ne rend jamais l'argent ." 

Ce dimanche matin j'apprends que c'est effectivement ce qui s'est passé; au-delà même.

Alors j'ai laissé de côté le projet de lettre de Jordan Bardella à Jean-Luc Mélenchon.

Je n'avais plus en tête que la suite du drame américain car c'est aussi celui du monde libre.

 Je la vois ainsi:

Les républicains marchant jusqu'ici, le pantalon sur les chevilles et se disant avec courage "survivons dans l'avalanche puisque nous n'y pouvons rien" (Sylvain Tesson: Blanc) , ne s'associeront probablement pas à une légitime et indispensable procédure d'impeachment que j'espère voire les démocrates lancer.  Même si, seuls, ils ne pourront pas la faire prospérer.

Trump se voyant tout permis, appuiera sur l'accélérateur de "l'illibéralisme" dont on sait bien vers quoi il mène: contestation des résultats électoraux de mi-mandat s'ils sont défavorables, pressions accrues sur la presse, menaces sur les opposants et si besoin, envoi de la garde nationale.

"Le fascisme, ça commence avec des fous, ça se réalise avec des salauds et ça continue à cause des cons."  Montherlant.

On n'en est pas encore aux cons . Enfin j'espère.










1 commentaire:

  1. Tout homme qui aspire a régenter les autres devrait être supprimé de la surface de la terre (attribué à Jules Verne). Un peu excessif mais nous pourrions avoir une politique sérieuse et responsable.
    En 2026, nous en sommes encore au salut nazi.
    J ai peur.... Contrairement à vous, je pense que nous arrivons aux cons.

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