A quoi ça tient le malheur des Hommes.
Soyez rassurés, je ne vais pas jouer à l'expert ; il y en a tant dans les dîners en ville.
Chaque fois qu'on lui demandait son opinion et qu'il ne se sentait pas en capacité de la donner, un ami notaire malheureusement disparu répondait d'une voix trainante: "J'ai pas l'dossier".
C'est mon cas.
Quand bien même l'aurais-je...
Dans ses Mémoires de guerre, de Gaulle avait écrit: "Vers l'orient compliqué je m'envolais avec des idées simples".
Sans-doute qualifierait-il autour d'hui le Moyen-Orient de très compliqué.
Bien que je n'aie pas le dossier, je m'accorde pourtant le droit de constater et ceci fait de craindre.
Je ne vais pas vous ennuyer avec les notions de droit international, de séparation des intérêts privés et de l'action publique, de probité, de respect des engagements pris, toutes choses qui font s'esclaffer Trump et Netanyahu.
Non, voici juste où j'en suis ce soir:
- L'Iran n'a rien à voir avec le Vénézuéla, pays dans lequel je suis allé, ni géographiquement, ni politiquement, ni économiquement, ni militairement.
- Il faut évidemment se réjouir de la mort du tyran "enturbané". Qui le pleure d'ailleurs en dehors des Gardiens de la révolution, milice violente et corrompue et de quelques "leaders démocrates" comme Poutine ou Xi ?
- Il faut se réjouir de la chute, si elle intervient, d'un régime oppresseur, corrompu et sanguinaire.
- Mais après, une fois qu'on a dit cela ? Le peuple iranien avait faim. L'économie de l'Iran totalement effondrée, il aura faim davantage encore, car voyez-vous il m'est avis que Trump et Netanyahu se contremoquent, du sort du peuple iranien.
- On se demandait "qui peut assurer que le successeur de Khamenei ne sera pas un tyran lui aussi ? " Eh bien nous avons la réponse: un fils succède au père avec les mêmes amitiés et les mêmes idées criminelles. Quel magnifique succès !
Et puis il y a "le reste", si je puis dire.
- La Chine importe du Moyen-Orient près de 60 % de son pétrole, dont près de 15% d'Iran. Ce pétrole passe par le détroit d'Ormuz... qui est bloqué. Malgré ses stocks importants, elle ne va probablement pas aimer cela longtemps.
- Plus de 10% du commerce mondial passe par le détroit d'Ormuz... qui est bloqué.
Je n'ai pas le dossier mais je crains.
Car il y a deux ou trois choses que je sais:
Si la guerre dure, nous irons vers une crise économique majeure. Elle affectera d'ailleurs probablement moins les États-Unis , exportateurs nets de ressources énergétiques fossiles, que le reste du monde.
Si cette crise économique est avérée et se prolonge:
- les prix augmenteront, tirés par la hausse du pétrole, du gaz et des matières premières.
- la consommation des ménages stagnera ou pire, diminuera.
- la secteur de la dette privée souffrira sérieusement, la finance sera en état de stress et les taux d'intérêt pourraient s'élever dangereusement et les marchés chuteront.
- des projets d'investissements seront repoussés
- le chômage s'aggravera,
- les recettes fiscales seront affectées quand les dépenses des États ne pourront pas être réduites au risque sinon, de provoquer ou d'aggraver une récession possible.
- les finances publiques se détérioreront. (Chez certains qui se sont laissé aller, ce sera très compliqué ; suivez mon regard.)
Et puis:
- Il y a l'Ukraine, victime collatérale, qui ne pourra plus compter sur les États-Unis, lesquels puisent dans leurs stocks d'armes sous le regard probablement intéressé de la Chine et le sourire carnassier de la Russie.
- Il y a la cohorte des invalides et des morts en Iran , dans les Émirats, au Liban une fois encore, qui vient s'ajouter à celle de ceux de Gaza, d'Ukraine et d'ailleurs.
Alors on se demande: tout cela, à quoi ça rime ?
Qu'est-ce qui a pu décider le "président méchu" non seulement à ne pas empêcher cette guerre mais pire, à la faire ?
La question lui a été posée.
Il a répondu, lui qui ne lit pas:
"Mon intuition".
À quoi ça tient le malheur des Hommes.
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