lundi 13 juillet 2026

 


                                            L'espèce n'est pas morte.



Avant de partir en vacances je ne vais pas écrire sur: 

" de Madame Le Pen et l'intégrité morale en politique".

" du malheur de n'être plus numéro un quand on a trente ans"

" de la difficulté d'être quand, bien que vendéen, on ne représente rien"

" de l'indécence qu'il y a à se maintenir à la tête d'un parti, fut-il socialiste, quand les militants vous ont désavoué."

" de l'antisémitisme d'un vieux candidat comme stratégie ultime de prise du pouvoir"

Etc etc.

Non je vais regarder plus haut.  La performance n'est pas grande.

Dans ces temps difficiles, il faut lever les yeux, pour y trouver une raison de croire ou, à tout le moins, d'espérer

Alors si vous ne l'avez pas encore fait, allez voir "La bataille de Gaulle"  d'après  De Gaulle, l'impressionnante biographie de l'historien anglais Julian Jackson. 

Les deux volets - L'âge de fer et J'écris ton nom-  sont réussis; ce n'était pas écrit .

Ils ne sonnent pas seulement la gloire du Général, mais racontent aussi sa solitude, ses doutes, sa possible infidélité -cet homme en était un, il a pu avoir une faiblesse, on ne sait pas-,  et son malheur face à la lâcheté.

Ils racontent la veulerie, la saloperie ordinaire, les vils calculs politiciens - cela me rappelle quelque chose-  d'un côté,  et de l'autre, l'héroïsme de quelques chefs et des obscurs soldats de l'ombre ou de la lumière, peu importe, qui aimaient leur pays. 

Les acteurs sont remarquables: Abkarian en de Gaulle - une sacré- réussite, davantage même,  une performance-  Schneider en Leclerc, Magimel en Koenig, Kassovitz en Darlan, Kysyl en Moulin, Lhermitte impayable en Giraud, Russel Beale en Churchill et Anamaria Bartolomei, Livia, adorable résistante, impressionnante et merveilleuse.

Pour ne citer qu'eux.

Oui, il faut voir La Bataille de Gaulle


Et, puisque dans ces temps chauds, faute de pouvoir passer vos journées au cinéma et vous dépenser, vous aurez le temps de lire, alors:

Lisez "Mermoz" de Joseph Kessel

Kessel a fait la connaissance de Mermoz quelques années avant sa mort. Ils sont devenus amis.

On croit savoir qui était Mermoz, enfin je le croyais.

J'étais à mille lieues.

L'immense Kessel écrivain de l'épique et de l'âme humaine, nous entraine vers les sommets. Sommets du courage, de l'intelligence, des exploits surhumains, de la grandeur d'âme, de l'éthique, de l'intégrité, de l'amitié réelle qui ne reposait pas sur le statut, et de l'amour de son pays.

Ce livre est un choc; il faut l'avoir subi. 

 Oui, il y eut des temps en France, où des femmes et des hommes transcendaient l'histoire, montraient le chemin qui montait et passaient devant.

J'ai envie d'écrire à popos de de Gaulle, de Leclerc, de Moulin, de Mermoz, et de tous ces héros de l'ombre ou de la lumière, qu'ils étaient comme la Mère de Romain Gary à propos de laquelle il écrivait dans La promesse de l'aube:

" Ma Mère aimait la France, sans raison aucune, comme chaque fois que l'on aime vraiment".

L'espèce n'est pas morte, j'en suis convaincu.




lundi 6 juillet 2026

 


                                                                  Dehors !



Voilà un homme d'extrême droite, Monsieur Bolloré. Nous sommes en démocratie, ici, il en a le droit.

Très riche , il en a le droit aussi.

Actionnaire omnipotent d'un groupe, Vivendi,  dont il ne détient pourtant que 30% du capital. Pareil.

Qui utilise les filiales de ce groupe pour diffuser des idées détestables, les siennes et celles de ses affidés, au mépris des actionnaires individuellement minoritaires, qui pour la plupart ne partagent pas ses convictions vénéneuses. 

Là, je commence à avoir un problème.

Qui salarie madame Kenia Fedorova, ancienne patronne pour la France de Russia Today , organe de propagande du Kremlin à l'étranger, désormais interdit en France.

Et lui donne accès à ses chaines de télévision, de radio, à ses  journaux et publie son livre "Bannie" ...chez Fayard bien entendu.

En deux mots,  Vincent Bolloré met ses moyens considérables - à vrai dire ceux de ses actionnaires taiseux-  , à la disposition d'un agent  de la propagande "poutinienne"  contre l'Ukraine, contre l'Europe et contre la France, pays dans lequel la liberté d'expression ne serait pas assurée écrit-elle dans son livre.

Alors que dans la Russie de Poutine, bien entendu,  on a le droit de dire. À la condition toutefois de dire ce qui est permis faute de quoi, c'est la prison ou plus simplement l'assassinat. Ça coûte moins cher il est vrai.

S'agissant de l'invasion de l'Ukraine, Kenia Fedorova relaie la doxa poutinienne:

- il s'agit d'une"opération spéciale" .

- il faut vaincre le pouvoir nazi installé à Kiev

Et Vincent Bolloré favorise cela !

Kenia Fedorova accuse l'Europe d'avoir contraint Poutine à agir.

Madame Fedorova, agent au service du  Kremlin lequel, depuis des. années, tente de manipuler les élections françaises à coup  d'intrusions répétées dans les réseaux sociaux afin d'y diffuser ses fausses informations, d'intoxiquer les français pour, à la fin, influencer sur leurs votes.

Pour faire simple, Madame Fedorova est une ennemie de la France.

Et c'est Vincent Bolloré qui non seulement favorise cela, mais la paie. 

Et voyez-vous, là, je ne suis plus du tout d'accord.

Madame Fedorova bénéficie d'une carte de résident, renouvelée en 2024 en vertu de l'automaticité (durée de résidence en France depuis plus de cinq ans notamment).

Le préfet de l'époque, disposant d'un pouvoir discrétionnaire, pouvait ne pas le faire. Il n'en a pas usé.

En mai 2024 pourtant, le Conseil d'Etat a rejeté le recours d'un iman contre son expulsion décidée en vertu de propos antisémites qu'il avait tenus et qui ont été jugés comme étant de nature à "porter atteinte l'ordre public," , c'est à dire à la paix sociale.

Chaque jour, dans les médias du groupe Bolloré , Madame Fedorova "porte atteinte à l'ordre public."

Qu'elle puisse tranquillement continuer d'agir contre la France m'est insupportable.

Que Monsieur Bolloré puisse être le recel des propos et des écrits  de cette propagandiste vénéneuse, ne me l'est pas moins.

Comment pouvons-nous laisser faire cela ?

"Nous sommes lâches mais nous sommes vivants"

Sandrine Colette "Madelaine avant l'aube"

Cela ne dure jamais longtemps. 

Monsieur le Premier Ministre, dussé-je  paraître grandiloquent, peu importe les menaces, les tyrans ne respectent que la force, il faut mettre Madame Fedorova dehors. 

Il y va de la dignité de la France.

2027 arrive, le temps presse.


"N'attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours"

Camus: La peste