Hommage à mon frère
Mon frère Jean-Michel est mort.
Mon ainé, de si peu.
Philosophe, amoureux de Kant, conseil de beaucoup des plus grands patrons français , c'était un homme de géniales fulgurances, d'enthousiasmes et de colères aussi, qu'alimentait son incroyable culture philosophique et historique.
Le grand historien Jean-Christian Petitfils, qu'il m'avait fait découvrir, lui a dédié son denier opus: La Révolution française (Perrin)
Ils sont peu ceux qui peuvent prétendre à un tel hommage.
Jean-Michel était tout sauf tiède. Il avait un caractère fort , quelquefois excessif comme l'ont les esprits supérieurs conduits par des convictions tenaces.
Jean-Michel n'aimait pas Emmanuel Macron.
Il avait dès l'instant détecté ce qui, chez lui, relevait de la légèreté, de l'insouciance et, souvent hélas, de la supercherie.
Il m'arrivait de m'en agacer, alors nous disputions sans nous disputer, car nous ne disputions jamais.
Il se trouve qu'il avait raison.
Malgré l'amour des siens, de l'amitié et de la présence de ses nombreux amis, Jean-Michel s'en est allé jeudi soir, fatigué, désespéré par l'état du monde et davantage encore par l'état de la France qu'il chérissait.
L'avenir eut été trop dur pour lui.
Il a eu raison de s'envoler.
Il a eu raison. Une fois encore.
Mais Dieu, qu'il va nous manquer.