lundi 2 novembre 2026

 



                                              It's the economy, stupid !


C'est ce qu'en 1992, un conseiller du candidat Bill Clinton avait écrit sur un tableau noir à destination de l'équipe de campagne: "C'est l'économie, imbéciles !".

Il voulait la sensibiliser, cette équipe,  au fait que ce qui compte, c'est ce que les gens ressentent, ce sont leurs soucis personnels, leur peur de manquer et qu'à la fin, au moment décisif, c'est ce qui motive leur vote. C'est ainsi qu'en novembre 1992, Bill Clinton a battu George Bush Père qui, contrairement à son pitoyable fils , avait été un bon président. 

Eh bien, ce qui soucie les français, c'est la hausse des prix.

Si je me lâchais j'écrirais bien:

" C'est l'inflation, couillons!"

Non pas la hausse de "l'indice général des prix" qui, politiquement et socialement ne veut rien dire, mais celle des prix des produits et des services avec lesquels les gens vivent, ou ne vivent pas.

Les fruits, les légumes, le chocolat, la viande, le riz par exemple. Sur les trois derrières années cette hausse a été en moyenne de 22%.

S'ajoute: 

Celle du diesel: + 44%.

Celle du fioul domestique : +37%.

Pendant ce temps, le SMIC horaire a augmenté de 9,2%.

Et les salariés qui touchent 2 fois le SMIC ont vu leur salaire augmenter sur la même période de 6,9%.

De septembre  2023 à septembre 2026 le nombre de dossiers de surendettement déposés auprès de la Braque de France a augmenté de 36%. 

En France, 2,8 millions de personnes vivent en situation de grande précarité, disposant moins de 891 € par mois pour une personne seule,  et de 1337 € pour un couple sans enfant.

Voilà le sujet qui préoccupe une majorité de français: la capacité à vivre dignement, et voilà ce qui va motiver leur vote.

Alors je veux bien que l'on parle de la réforme des retraites; elle est sans aucun doute indispensable.

Mais aujourd'hui, est-ce l'urgence ?

Imaginez: 

 Il y a un incendie chez vous, tout brûle, vous attendez les pompiers.

Un plombier arrive qui vous dit: "il y a une fuite dans une canalisation, au sous-sol; elle est importante, il faut s'en occuper."

Dans la situation actuelle, les gens se disent " est-ce qu'ils ont compris ce que nous vivons ? "

Ils ne sont pas "fascistes" ces gens là,  ils ne sont pas "insoumis" ces gens là, ils sont estimables ces gens là.

Mais en l'état, ils vont voter essentiellement pour Marine Le Pen et subsidiairement pour Jean-Luc Mélenchon qui, tous deux avancent des projets auxquels je n'accorde aucun crédit. 

La richesse ne ruisselle pas, n'en déplaise à Jupiter qui, pour notre malheur, n'a pas vécu. 

Ce qui ruisselle, c'est la prospérité de la nation et c'est aussi hélas, son indigence.  

Alors qu'est-ce qui peut contribuer à rendre la nation prospère ?

L'État en continuant ainsi ? Aujourd'hui "les choses étant ce qu'elles sont" comme disait le Général, l'État peut bien peu car il n'a pas un sous. Les sous de la France sont chez ses créanciers.

Les entreprises ?

 Le tissus économique français est essentiellement composé d'entreprises intermédiaires, de PME  ou de TPE soumises soit directement soit indirectement à une concurrence mondiale qui les contraint durement. Les mettre à contribution c'est appauvrir la France et menacer ses emplois. Quant aux grandes entreprises, elles contribuent depuis 2025  en vertu d'une surtaxe exceptionnelle qui comme souvent en France n'a d'exceptionnelle que le nom.  

Nous ne parviendrons à redresser le pays qu'en empruntant concomitamment deux voies:

Celle de la rigueur dans la gestion des finances publiques et dans la réorganisation de l'État qui en a considérablement besoin, tant il est empesé et sclérosé.

Et

 Celle de la solidarité qui passe par la contribution des plus favorisés, dont je suis, à l'effort national de sorte que les français n'aient pas le sentiment que l'État n'est pas équitable. 

J'ai écrit le 25 novembre dernier ce que je pensais de la taxe dite Zucman. Il y a d'autres moyens,  nous n'y échapperons pas.

Oh évidemment cela ne suffira pas et de loin mais il y va de la dignité de l'action publique.

En 2017 j'avais été ahuri qu'on supprimât l'impôt sur la fortune financière en même temps qu'on diminuât les aides personnalisées au logement et que, peu après, on instaurât la taxe carbone.

Je me rappelle un déjeuner avec un ami qui m'avait dit: 

"Ils sont hors sol."

À tous ceux qui, bien que dotés,  considérablement parfois , disent "on paie suffisamment comme cela" (*),  je conseillerai de lire Victor Hugo. 

- Je dénonce la misère, cette longue agonie du pauvre qui se termine par la mort du riche. (juillet 1849 discours à l'Assemblée Nationale)

- La misère est la plus implacable ennemie des lois. (Février 1851 discours à l'Assemblée Nationale)


Voilà sur quoi les extrêmes font leur beurre.

Si les "égoïsmes" réfléchissaient un peu, ils mesureraient à la lumière des événements et des sondages récents que finalement, tout bien compté ...


Alors évidemment, reste un condition essentielle et ultime: que quelqu'un se lève, incarnant la France et aux yeux des français la voie de leur redressement.

Soeur Anne vois-tu quelqu'un venir ?


(*) On  sait que les dispositifs fiscaux permettent de réduire sensiblement et parfois considérablement le taux effectif d'imposition. À proportion de la fortune le plus souvent.







 



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