lundi 5 octobre 2026

 



                                                                 Allumer le feu


1792. Le pouvoir royal était à genoux. D'ailleurs il n'y avait plus de pouvoir royal. Louis XVI ne tenait plus que la politique extérieure qu'il maîtrisait à la perfection.

Les finances du royaume étaient dans un état désastreux avec un déficit considérable et une dette qui ne l'était pas moins. 

Entre 1789 et 1792 Louis XVI avait changé 6 fois de ministre des comptes publics.

Après des années de désastre climatique entre 1786 et 1788 , les récoltes s'étaient effondrées et la pénurie frumentaire avait entrainé un hausse insupportable des prix, ceux du pain notamment.

Pendant ce temps, le clergé et la noblesse luttaient pour préserver leurs privilèges.

Puis quand en 1792 la France s'est engagée dans ce qu'on nommera "les guerres révolutionnaires", ce qu'il restait des finances publiques fut ponctionné provoquant un regain désastreux d'inflation.

Le peuple souffrait.

On sait ce qui s'en suivit en janvier 1793, après le piteuse tentative d'évasion du roi, puis après.

2026. Le pouvoir présidentiel est à genoux. Emmanuel Macron , dans la réalité ne tient que la politique extérieure qu'il maîtrise à la perfection.

Les finances du pays sont dans un état catastrophique : déficit considérable, dette hors de contrôle, taux qui s'envolent et dépréciation des titres de créance sur l'État. 

Cinq ministres des compte publics depuis 2022.

Les prix des produits de base s'envolent, conséquences de guerres menées par d'autres.

Le premier ministre, courageux, voir sacrificiel, fait ce qu'il peut, sachant sans doute qu'au fond, les choses étant ce qu'elles sont, il ne peut que très peu.

Il demande des efforts. Tout le monde y est favorable à la conditions que ce soient les autres.

Car le privilégié, c'est toujours le voisin.

On m'a parlé de quelqu'un qui, trouvant son yacht de 105 mètres trop petit, s'en fait construire une autre de près de 150 mètres pour un coût estimé à un demi-milliard. Il paraît qu'il peste contre la fiscalité "confiscatoire".

Alors le peuple gronde qui, nourri des réseaux sociaux, sait désormais beaucoup de choses. 

On m'a dit que le marin s'en offusquait. 

En 1998 Johnny Halliday chantait "Allumer le feu" . 

                        Il suffira d'une étincelle                                     

                                     D'un rien, d'un geste 

                                      Il suffira d'une étincelle

                                       D'un mot d'amour, pour

                                       Allumer le feu

En 2026 Jean-Luc Mélenchon ne chante pas à l'infinitif mais crie à l'impératif:  "Allumez le feu !".

Ce n'est pas un mot d'amour, ce n'est même pas un appel, c'est un ordre.

Il envoie ses troupes encourager les émeutes, aujourd'hui lycéennes et, souhaite-t-il, populaires demain.

Ils ont des sujets les lycéens: professeurs manquants, Parcoursup déficient , arrivée de l'IA qui leur fait redouter l'avenir. Et le sentiment que tout là-haut, dans les cieux élyséens, on s'en contrefiche; sept ministres de l'éducation depuis 2022.

Des lycées brûlent et Mélenchon s'en délecte. 

Ce vieux monsieur a la révolte érectile, j'en suis convaincu. 

Alors, au lieu de calmer il encourage l'émeute, ou la fait encourager 

Quelques temps auparavant, il hurlait à destination des préfets.

"Nous ne sommes pas vos copains....Nous vous mettrons en prison avant que vous nous y mettiez".  Vous ne cauchemardez pas; je cite.

Il veut par ailleurs faire de la "souveraineté  populaire permanente"  le premier principe de l'État, en organisant des "référendums citoyens" qui permettraient de proposer ou d'abroger des lois et de révoquer des élus. 

 Révoquer des élus !  Vous avez bien lu. Le peuple contre ses représentants.

La  représentation nationale soumise aux aléas de la volonté populaire manipulée par des tribuns vaniteux et fanatiques.

Et la prison pour les "soupçonnés d'opposition". 

Somme toute, le rétablissement des clubs de 1789 . Bretons, Cordeliers et tant d'autres rivalisant à coup d'invectives, d'anathèmes, de jugements et à la fin de condamnations.

Mélenchon est très cultivé. Il sait parfaitement ce qu'il veut et ce qu'il fait au service de sa démesure.

Car s'il pense à raison que l'histoire ne se répète pas , il sait en revanche que le même type de causes provoque le même type d'effets.

Eh bien nous y sommes.

Sans-doute a-t-il lu ce que dans "L'Année terrible"  Victor Hugo avait écrit: "Souvent la foule trahit le peuple". 

Mais peu lui chaut; à son âge "on fait tapis" et puis on verra bien. 

Il a constitué autour de lui une armée de Saint-Just, de Desmoulins, d'Hanriot,  qui aujourd'hui se nomment Bompard, Panot, Bagayoko, Boyard ou Clouet.

Il y a chez lui un mélange de Danton , pour ses talents de tribun et de Robespierre pour la folle obsession qu'il a lui-même et le rejet paranoïaque de qui ne l'adule pas.

Mais voilà, cet homme que je méprise raconte une histoire, comme à l'autre extrême que je méprise largement autant on en raconte une autre.

Entre eux, pour l'instant, des chamailleries, aucun souffle. 

Or le peuple veut un récit. Il attend qu'on lui montre un chemin.

De Gaulle l'a fait, évidemment.

Après lui, Pompidou oh combien, puis Giscard, Mitterrand, Chirac dans une certaine mesure aussi.

Je ne les aimais pas tous mais ce n'est pas le sujet.

Nous sommes en octobre, il ne reste qu'à peine un peu plus de six mois.

Allons, espérons ! Il reste encore un peu plus de six mois.

Six mois, en politique c'est l'éternité plus un jour.





lundi 28 septembre 2026

 


                                                             Léon et l'IA


En mai dernier lorsqu'a paru Magnifica humanitas,  la première encyclique du pape Léon XIV, un ami très cher, grand croyant dont j'admire le combat déterminé et serein contre la maladie, m'a dit: 

- Tu devrais écrire quelque chose dans Croque-notes.

- Qui suis-je ai-je répondu, pour me lancer dans un tel travail moi, qui me console en disant avec Edgar Morin  que "La ferveur m'est restée quand la foi a péri".

- Lis quand même, et tu verras.

J'ai lu, puis je lui ai promis.

Alors, bien qu'impressionné par la considérable dimension intellectuelle du Pape, j'écris modestement quelques courtes lignes alors qu'il est en France et que, dans le même temps, le débat sur les réseaux sociaux et l'Intelligence Artificielle enfle, favorisé par "l'affaire Thélyson Orélien". 

Voilà donc ce que nous dit le Pape. 

En sous-traitant à la machine sa propre réflexion, l'homme se laisse attirer "par cette séduction subtile qui fait apparaître inutile la pensée humaine précisément au moment où elle est la plus nécessaire". 

L'être humain est conduit à ne plus penser, à ne plus lire, à devenir en quelque sorte un consommateur passif d'informations non vérifiées. Léon XIV dit avec Hannah Arendt qu'il cite, que lorsqu'on ne fait plus la différence entre les faits et la fiction, entre le vrai et le faux alors, la société glisse inexorablement vers le totalitarisme.

Que deviendra ce consommateur passif quand l'IA l'aura relégué aux tâches subalternes ou plus gravement, à la mise à l'écart du monde du travail. Quand le fossé déjà considérable entre les pays développés et les autres se creusera encore et encore parce que les premiers détiennent et développeront l'IA et les autres non, faute de moyens.

"Ces territoires deviennent des réservoirs de main d'oeuvre précaire et des foyers d'instabilité et de migrations forcées."

L'IA est source possible de très grands progrès, on le sait, dans les domaines de la recherche et de la santé notamment. 

 Mais elle porte en elle, les germes du malheur des hommes si elle n'est pas règlementée et régulée. 

Somme toute, à supplément de progrès doit correspondre un supplément d'âme. Voilà ce que nous dit Léon XIV.

Quel défi ! Avec des monstres tels que Musk qui a dit que "l'empathie était la faiblesse fondamentale de la civilisation occidentale" l'affaire n'est pas gagnée.

Des hommes devenus fous, jamais gavés, emportés par les fortunes insensées que leur procure la valorisation démentielle de leurs entreprises et qui continueront je le crains de nourrir la bête. 

Des dirigeants incultes, avides de puissance qui les pousseront à continuer pour dominer. Tout simplement dominer.

Puis-je ajouter ma crainte que les peuples déclassés se révoltent pour le grand bonheur des extrêmes qui espèreront les récupérer et des dictateurs qui sauront les mater. 

L'Intelligence Artificielle n'est pas l'amie de la démocratie.

Mais Léon XIV a la foi; il espère que les gouvernants, et les organisations  internationales s'accorderont pour éviter cette course à l'abime.

Alors espérons avec lui; cela ne peut que nous aider.

Et voulez-vous que je vous dise, moi malheureusement devenu homme de peu de foi, ce Pape, à Paris m'a fait du bien.





lundi 21 septembre 2026

 


                                                


                                Je n'ai pas le niveau.



Plus le temps passe, plus je suis impressionné par le niveau stratosphérique de la pré-campagne pour les élections présidentielles.

J'écoute, je lis et, je dois l'avouer, je ne comprends pas grand chose.

Je n'ai pas le niveau.


Tenez, madame Le Pen promet la retraite à soixante-deux ans voire soixante ans pour les carrières longues: coût 10 milliards, au moins. 

"Pas grave" dit la Dame, on arrête les aides aux énergies renouvelables qui pèsent à peu près la même chose.

Faire financer les retraites par la canicule! Que voulez-vous que je vous dise, il faut un esprit supérieur.   

Et les étrangers ?  Dehors !

La France souffre d'un taux d'emploi faible, beaucoup de métiers essentiels sont en tension et ne fonctionneraient pas sans main d'oeuvre étrangère. 

Promenez-vous aux abords des chantiers et regardez la couleur de la peau de ceux qui piochent, et qui étalent le goudron. En toutes saisons, à toute heure et par tous les temps.

Allez dans les cuisines des restaurants et de bistrots et regardez qui réchauffe les plats, qui dresse les assiettes et qui fait la plonge.

Sont-ils en règle ? Pas tous.

Aimeraient-ils l'être , certainement.

Madame Le Pen n'a sans doute pas vu " L'histoire de Souleymane". Un très beau film pourtant. 

"Lorsqu’on a la responsabilité de gouverner un peuple, on n’a pas le droit de le précipiter dans l’inconnu sous prétexte que c’est amusant de détruire et que ce qui viendrait après pourrait être meilleur." 

George Pompidou "Le noeud gordien"

Mais, c'est vrai, je n'y comprends rien. Je n'ai pas le niveau.


Tenez, monsieur Mélenchon,  sans conteste l'un des plus grands économistes des temps présents. Honteusement, je l'avoue,  je ne l'avais  pas remarqué jusqu'ici. Il a découvert l'effacement d'une large partie de notre dette. 

Celle-ci s'élève à 3.500 milliards.  Eh bien monsieur Mélenchon  a déclaré qu'une fois au pouvoir il dira à la banque de France, "sur ces 3500 milliards vous en détenez 630. Vous et la France, c'est la même chose. Donc on ne vous doit rien. Un trait de plume et "oup la la !,...  la dette n'est plus que de 2.870 milliards et nous passons sous les 100% du PIB.

Bon, juridiquement c'est impossible,  parce que la Banque de France fait partie du Système Européen, parce que cela reviendrait à faire financer directement l'Etat français par le dit Système Européen , ce que le traité sur le fonctionnement de l'Union ne permet pas. 

Mais à Jean-Luc, rien n'est impossible,  car c'est l'un des plus grands économistes des temps présents.

À supposer donc que l'impossible devînt possible, pensez-vous que l'Allemagne, les Pays-Bas, l'Italie l'accepteront ? Car il faut que nos partenaires - qui par parenthèse sont aussi nos concurrents -l'acceptent. Ils ont déjà clairement dit que c'était hors de question. 

Mais vous verrez le moment venu monsieur Mélenchon saura les convaincre , car le grand économiste les subjuguera . Ils s'inclineront, à genoux.

Alors, mettons donc qu'il les convainque.  Les marchés se méfieront de la France davantage encore et les taux déjà bien hauts s'envoleront pour le plus grand malheur de la dette française non effacée, de celle à intervenir et des pauvres français qui voudront emprunter et ne le pourront pas car ce sera trop cher. 

Imaginez les conséquences pour le secteur de la construction, du logement, pour l'investissement des entreprises et notamment des plus petites qui n'ont pas accès aux marché des capitaux.

 La France n'est pas la Grèce. C'est la deuxième économie de la zone euro, la septième puissance économique mondiale.  Et faut-il le rappeler, en contrepartie de l'effacement d'une partie  considérable de sa dette- plus de la moitié il est vrai- , la Grèce avait dû mettre en oeuvre une cure d'austérité sévère qui a duré plus de 10 ans. et dont les effets se font encore sentir chez les plus faibles.

Mais je m'inquiète pour rien, car Monsieur Mélenchon est un des plus grands économistes des temps présents; il "saura faire".

"Lorsqu’on a la responsabilité de gouverner un peuple, on n’a pas le droit de le précipiter dans l’inconnu sous prétexte que c’est amusant de détruire et que ce qui viendrait après pourrait être meilleur." 

George Pompidou "Le noeud gordien"

Mais que voulez-vous, je n'ai pas le niveau.


Et maintenant, suivant l'ordre d'entrée en scène, le sémillant sénateur Retailleau, celui qui se veut le promoteur de "la radicalité raisonnable" . Celui que, mauvais esprit,  j'ai surnommé  dans la foulée "L'Oximore du palais du Luxembourg" .

Entre géniales idées, le voilà qui veut permettre au peuple de remettre en cause les arrêts du Conseil constitutionnel ouvrant la porte aux dérives populistes les plus extrêmes. 

Même Trump n'y avait pas pensé. 

 Mais peut-être n'a-t-il pas suffisamment lu, le sénateur Retailleau. Ses charges sont lourdes, il est vrai. 

 Puis-je néanmoins suggérer à celui qui est manifestement un  "constitutionaliste" considérable, de lire un peu d'histoire et notamment,  ce qui a été écrit sur la Révolution française. Les ouvrages ne manquent pas, Michelet, Gaxotte , Gallo, Furet ou tenez,  cela vient de sortir, "La Révolution française" de Jean-Christian Petitfils.

 Il comprendra, j'espère, que donner au peuple la possibilité de contester jusqu'à la juridiction supérieure, en charge de veiller au respect de la constitution, c'est engager le processus démocratique à franchir les bornes dont Pierre Dac disait que "quand elles sont franchies, il n'y a plus de limite".

Oui, je n'arrive pas à comprendre qu'après 38 années de vie politique,  le Sénateur Retailleau  puisse avancer une si cruelle sottise. 

Il me fait penser à Camus qui écrivait dans La Chute:

"Pour être connu, en somme, il suffit de tuer sa concierge."

Faute de concierge, le sénateur Retailleau a choisi la paix civile.

Que voulez-vous, je n'ai pas le niveau.


Alors, on attend les autres.  

Edouard Philippe et son programme massif dont l'annonce était prévue fin septembre. Elle aurait été repoussée ou annulée, dit-on. Nous verrons bien.  

Gabriel Attal hargneux et agressif à l'endroit du dit Édouard  avec lequel il lui faudra bien s'allier. Il est jeune, c'est vrai.

Puis, le vainqueur de la primaire socialiste, et Fabien Roussel et Marine Tonnelier, peut-être 

François Hollande peut-être aussi.

Dieu que tout cela est compliqué!

Le monde gronde à notre porte pourtant.

Mais voyez-vous, je ne suis pas anxieux.

Car Ségolène arrive et voulez-vous que je vous dise ?

Ségolène c'est du lourd. 


Pardonnez-moi d'avoir été un peu long. C'est que tout cela n'est pas simple.



lundi 14 septembre 2026

 



                                            "C'était ça ou mourir."


Thélyson Orélien avait 22 ans quand en 2010, il décida de fuir Haïti à la suite d'un séisme particulièrement destructeur et meurtrier.

Achevant son périple au Québec, il est maintenant canadien, poète et écrivain.

Thélyson Orélien vient de publier "C'était ça ou mourir" , un roman qui, s'il n'est pas autobiographique, est inspiré par sa vie et nourri d'enquêtes et d'entretiens avec des exilés récents.

Autant vous le dire, c'est un coup de poing.

Un premier roman d'une terrifiante beauté, dans lequel il raconte le long périple d'un jeune professeur d'histoire, Jonas Dorléon, qui fuit Haïti , les bombes, les fusillades, d'un pays désormais entre les mains des gangs.

Jonas - le prénom n'a sans doute pas été choisi par hasard- traverse 12 pays, parcourt près de 12.000 km avec pour tout bagage, un sac en plastique Carrefour contenant la photo de sa mère, un recueil de poèmes de René Depestre et un savon. Son but:  le Québec où l'attend une cousine.

Tour à tour, migrant, demandeur d'asile, réfugié, mendiant, travailleur à la tâche,  il chemine avec des compagnons de désastre, des mères , des enfants, de vieux et des estropiés. 

Il lui faut mentir, supporter la mort quasi-quotidienne de compagnons de misère et la cruauté des hommes, à propos desquels on se dit avec Serge Bouchard, anthropologue québécois    "L'homme est un ours qui a mal tourné".

Le traversée du Darien au Mexique puis le passage entre le Mexique et les États-Unis est doublement monstrueux. 

Monstrueux à cause de ce que Jonas et ses compagnons vivent pour survivre et davantage  peut-être, par le traitement qu'ils subissent en arrivant chez Trump.

Et l'on se dit: comment peut-on être aussi bestial ?

 Ces gens ne feraient pas à un chien après qu'il ait mordu leur enfant, le quart du dixième de ce qu'ils font à des êtres humains qui sont là, devant eux, chassés par la misère.

Et l'on se dit bien sûr aussi , que Rocard n'avait pas tort: "on ne peut pas accueillir toute la misère du monde". Il suffit à Paris d'aller dans le quartier de Stalingrad ou dans celui de La Chapelle  pour voir tous ces hommes qui dorment sur le sol et mesurer ce que l'on ne fait pas.

Le sujet est difficile ô combien. Il y a les gouvernements corrompus qui détournent une partie des aides, ceux qui poussent à l'exode, et les réseaux de passeurs mafieux. Je le sais bien.

Mais ce n'est pas une raison, car dans cette affaire, ce sont les mêmes souvent:

-  qui veulent renvoyer, sans ménagement ces hommes, ces femmes et ces enfants à la mer, et s'agenouillent les mains jointes en priant Dieu.  Il suffit d'écouter JD Vance , celui qui fait office de vice-président américain, et tant d'autres en Europe en général et en France en particulier.

Tartuffes infâmes.

- les mêmes qui veulent forer, qui veulent réduire ou supprimer le financement des énergies alternatives, qui contestent le réchauffement climatique. 

- les mêmes qui font semblant de ne pas comprendre que ce qui se passe accroît la misère des peuples les plus exposés et les pousse à fuir, parce que "c'est ça ou mourir".

- les mêmes qui réduisent ou suppriment les aides au développement, alors qu'il faut faire massivement l'inverse.

- les mêmes enfin qui ne veulent pas comprendre que la pauvreté ruisselle plus vite que la richesse et font semblant, pour certains,  de s'étonner de l'arrivée des extrémistes au pouvoir.

Alors oui,  dans ma grande naïveté, j'espère qu'un jour, les dirigeants de ce monde, ou d'Europe tout au moins,  comprendront qu'il faut que cela change et que c'est leur intérêt.

" C'était ça ou mourir" est sur la première liste des prix Goncourt, Renaudot, Femina et Médicis.

Récompenser un si beau cri et, ainsi, le faire lire chez nous  au plus grand nombre honorerait les jurés. Et nous aussi.











lundi 7 septembre 2026

 

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                                               Faites gaffe ! (saison 2)


Le 9 février dernier, j'avais sous ce titre écrit les menaces qui pèsent sur la démocratie en France. (*) Pour ce faire, je m'étais appuyé sur ce qui se passe aux USA.

"Le plus grand président de l'histoire des États-Unis", c'est ainsi que Trump parle de lui. Il peut en effet se prévaloir d'un bilan  inégalé. 

Tenez:

- La guerre au moyen-orient qui n'en finit pas. Quelques jours avait-il dit.

- La guerre avec l'Iran,  qui n'en finit pas. Quelques jours avait-il dit.

- L'Ukraine ? Il mettrait fin à la guerre en vingt-quatre heures. On sait ce qu'il en est. 

- Le 18 août dernier il décidait de diminuer les exercices militaires avec la Corée du Sud pour ne pas froisser l'aimable dictateur de la Corée du Nord, qui "a toujours été gentil avec moi".  Le gentil dictateur l'avait pourtant roulé dans la farine lors de son premier mandat.

- Et, dernier coup d'éclat des cet esprit lumineux, il semble devoir encourager le président argentin à reprendre les hostilités  à propos des Malouines pour punir l'Angleterre de ne pas le soutenir en Iran.

 Trump "Homme de paix", comme l'appelait le président de la FIFA.

S'il n'y avait que cela.  Mais non:

- Un déficit budgétaire abyssal, supérieur à 1800 milliards de dollars représentant 5,7% du PIB.

- Un déficit commercial colossal à 743 milliards de dollars. 

- Des droits douanes illégaux que le pays est obligé de rembourser à hauteur de 180 milliards.  

- Une dette de 40.000 milliards de dollars (124%) du PIB

- Une inflation de 3,4%

- Des cours du pétrole et du gaz qui s'envolent dans le monde, résultat de sa magnifique opération de cinq jours contre l'Iran qui dure depuis six mois.

- Une dérégulation des marchés, Trump ayant élargi avec l'accord de la Cour suprême presque totalement à sa main,  ses pouvoirs sur les organes de contrôles que sont la SEC et la CFTC,  organes dont les prérogatives avaient justement été accrues après la crise de 2008;

 - Mainmise sur la Réserve fédérale (FED) en principe indépendante,  en nommant un président discipliné qui, dit-on, prend ses ordres à la Maison blanche

De sorte qu'au bout de ce fabuleux parcours, les prêteurs déboussolés et inquiets se cabrent et commencent à craindre les conséquences des politiques menées par ce génie immature et instable. 

Ceci, dans un contexte de valorisation déraisonnable des actifs liés à l'IA, qui commence à inquiéter sérieusement.

Quand les prêteurs se cabrent, les taux  grimpent. Ceux à 10 ans sur les emprunts d'État US sont  montés à 4,8% et ceux à trente ans à 5,25% !


Arrêtons là cet éloge.


Oui, Donald Trump est un président exceptionnel,  le Coolidge des temps modernes. Vous savez, Coolidge ce président magnifique qui  à partir de 1923 avait dérégulé à tour de bras entrainant le krach de 1929.


Nous n'en sommes pas là, quoi que:

A la manière d'un pompier pyromane, le bonhomme a allumé des mèches un peu partout et sur beaucoup de sujets. Si le feu se déclare cela ira vite, cela fera mal, et malgré son génie, le président méchu de Mar-a-Lago ne pourra guère faire autre chose que constater les dégâts.

La France considérablement endettée qui emprunte à 10 ans au taux de 4,23% contre 3,45% il y a 6 mois et chroniquement déficitaire sera en Europe un des pays les plus touchés.

Je me rappelle aout 2007. 

 Des banques commençaient à se regarder de travers et l'une d'elle avait temporairement fermé un fonds. Cela signifiait  que Madame Michu épargnante modeste ne pouvait plus retirer sa petite épargne, fut-ce de 1000 €.

En septembre, j'avais invité les banques du petit groupe que je dirigeais à venir, les unes après les autres, expliquer ce qui s'était passé. 

"Rien du tout  monsieur. Juste une petite frayeur, vite oubliée."

J'ai proposé à mon conseil d'administration de considérer que ce n'était pas "Rien du tout", et qu'au contraire cela risquait d'être  grave avec notamment une flambée des taux et une chute brutale des marchés. Le conseil  m'avait suivi. 

Un an plus tard, le 15 septembre, Lehman Brothers faisait faillite et le monde s'enfonçait dans la crise.

Je suis maintenant "retiré des voitures"comme on dit. Depuis suffisamment de temps pour que, sans fausse modestie, je me considère incompétent. 

 Les choses ont changé. Enfin c'est ce qu'on lit. 

Je l'espère vivement.

Mais,

"Les hommes ont la faculté de croire à chaque circonstance qu'il s'agit d'autre chose, faculté qui leur permet d'adopter des erreurs statistiques, politiques etc. sans s'apercevoir que ce sont les mêmes qu'ils ont prises pour des vérités.

Marcel Proust Sodome et Gomohhre.


Alors,  "faites gaffe" quand même.


(*) J'écrirai plus tard sur l'arrivée au pouvoir des néo-nazis en Saxe-Anhalt; elle n'arrange rien bien sûr.

lundi 31 août 2026

 



                                        Hommage à mon frère


Mon frère Jean-Michel est mort.

Mon ainé, de si peu. 

Philosophe, amoureux de Kant, conseil de beaucoup des plus grands patrons français , c'était un homme de géniales fulgurances, d'enthousiasmes et de colères aussi, qu'alimentait son incroyable culture philosophique et historique.

Le grand historien Jean-Christian Petitfils, qu'il m'avait fait découvrir, lui a dédié son denier opus:  La Révolution française (Perrin)

Ils sont peu ceux qui peuvent prétendre à un tel hommage.

Jean-Michel était tout sauf  tiède. Il avait un caractère fort , quelquefois excessif comme l'ont les esprits supérieurs conduits par des convictions tenaces.

Jean-Michel n'aimait pas Emmanuel Macron. 

Il avait dès l'instant détecté ce qui, chez lui, relevait de la légèreté, de l'insouciance et, souvent hélas, de la supercherie.

Il m'arrivait de m'en agacer, alors nous disputions sans nous disputer, car nous ne disputions jamais.

Il se trouve qu'il avait raison.

Malgré l'amour des siens, de l'amitié et de la présence de ses nombreux amis, Jean-Michel s'en est allé jeudi soir, fatigué, désespéré par l'état du monde et davantage encore par l'état de la France qu'il chérissait.

L'avenir eut été trop dur pour lui.

Il a eu raison de s'envoler.

Il a eu raison. Une fois encore.

Mais Dieu, qu'il va nous manquer.






samedi 15 août 2026

 


                                            Je me serai bien amusé.


Le 7 mai 2017, voyant Emmanuel Macron pour lequel j'avais voté faute de mieux, marcher à longs et lents pas devant la pyramide du Louvre, j'avais dit à ma femme

"Quel comédien, nous nous sommes fait baiser".

Pardonnez-moi, mais il faut citer juste

 Dix ans ont passé, bientôt.

La France souffre, les français souffrent, les paysans risquent la ruine, sur les chantiers des hommes creusent des tranchées sous 35 voire 40 degrés , les habitants des cités souffrent terriblement.

Et, celui qui fait office de président de la République, pavane en Jet-Ski, se faisant complaisamment photographier par Paris-Match.

J'ai horreur de hurler avec les loups; d'ailleurs si monsieur Faure qui hurle à raison en était un cela se saurait.

Mais là, tout de même, il y a de quoi être révulsé !

Tenez, dans 8 mois, achevant ses deux mandats , Emmanuel Macron pourra dire sourire aux lèvres:

J'ai consommé:

7 premiers-ministres

8 ministres de la santé

8 ministres de l'écologie 

6 de l'éducation

7 du logement

6 de la culture

entre autres.

J'ai procédé à une dissolution lunaire en m'affranchissant des procédures constitutionnelles, 

Et j'ai pu faire du jet-ski pendant la canicule.


Oui décidément,  "je me serai bien amusé"




lundi 27 juillet 2026

 



                                                          Le déshonneur ?


Le 6 juillet j'avais écrit à propos de Xenia Fedorova, la propagandiste poutinienne généreusement abritée et rétribuée par Vincent Boléro: "Dehors!"

Le ministère des affaires étrangères, Emmanuel Macron donc, semble avoir décidé de ne pas ajouter le nom de madame Fedorova à la liste des personnalités sanctionnées par le 21ème paquet de sanctions européennes qui l'aurait contrainte de facto à quitter le territoire de l'Union.

Voilà qui m'a fait interrompre mes vacances.

On rapporte que le ministère recherche d'autres moyens.

J'espère vivement qu'il va trouver et vite, faute de quoi, on se demandera si cette indulgence n'a pas pour but d'éviter que Bolloré fasse la guerre à un pouvoir démocratiquement constitué qu'il honnit

Si c'était cela alors je rappellerai au Président l'adresse apocryphe de Chrurchill à Chamberlain au lendemain des  accords de Munich:

" Vous aviez à choisir entre le déshonneur et la guerre. Vous avez choisi le déshonneur et vous aurez la guerre".

Ne choisissez pas le déshonneur, Monsieur le Président,  car de toutes les façons, même les plus ignobles, Bolloré fera la guerre à la liberté en prétendant la défendre.


Allez, je retourne en vacances en pensant aux soldats du feu.



lundi 13 juillet 2026

 


                                            L'espèce n'est pas morte.



Avant de partir en vacances je ne vais pas écrire sur: 

" de Madame Le Pen et l'intégrité morale en politique".

" du malheur de n'être plus numéro un quand on a trente ans"

" de la difficulté d'être quand, bien que vendéen, on ne représente rien"

" de l'indécence qu'il y a à se maintenir à la tête d'un parti, fut-il socialiste, quand les militants vous ont désavoué."

" de l'antisémitisme d'un vieux candidat comme stratégie ultime de prise du pouvoir"

Etc etc.

Non je vais regarder plus haut.  La performance n'est pas grande.

Dans ces temps difficiles, il faut lever les yeux, pour y trouver une raison de croire ou, à tout le moins, d'espérer

Alors si vous ne l'avez pas encore fait, allez voir "La bataille de Gaulle"  d'après  De Gaulle, l'impressionnante biographie de l'historien anglais Julian Jackson. 

Les deux volets - L'âge de fer et J'écris ton nom-  sont réussis; ce n'était pas écrit .

Ils ne sonnent pas seulement la gloire du Général, mais racontent aussi sa solitude, ses doutes, sa possible infidélité -cet homme en était un, il a pu avoir une faiblesse, on ne sait pas-,  et son malheur face à la lâcheté.

Ils racontent la veulerie, la saloperie ordinaire, les vils calculs politiciens - cela me rappelle quelque chose-  d'un côté,  et de l'autre, l'héroïsme de quelques chefs et des obscurs soldats de l'ombre ou de la lumière, peu importe, qui aimaient leur pays. 

Les acteurs sont remarquables: Abkarian en de Gaulle - une sacré- réussite, davantage même,  une performance-  Schneider en Leclerc, Magimel en Koenig, Kassovitz en Darlan, Kysyl en Moulin, Lhermitte impayable en Giraud, Russel Beale en Churchill et Anamaria Bartolomei, Livia, adorable résistante, impressionnante et merveilleuse.

Pour ne citer qu'eux.

Oui, il faut voir La Bataille de Gaulle


Et, puisque dans ces temps chauds, faute de pouvoir passer vos journées au cinéma et vous dépenser, vous aurez le temps de lire, alors:

Lisez "Mermoz" de Joseph Kessel

Kessel a fait la connaissance de Mermoz quelques années avant sa mort. Ils sont devenus amis.

On croit savoir qui était Mermoz, enfin je le croyais.

J'étais à mille lieues.

L'immense Kessel écrivain de l'épique et de l'âme humaine, nous entraine vers les sommets. Sommets du courage, de l'intelligence, des exploits surhumains, de la grandeur d'âme, de l'éthique, de l'intégrité, de l'amitié réelle qui ne reposait pas sur le statut, et de l'amour de son pays.

Ce livre est un choc; il faut l'avoir subi. 

 Oui, il y eut des temps en France, où des femmes et des hommes transcendaient l'histoire, montraient le chemin qui montait et passaient devant.

J'ai envie d'écrire à popos de de Gaulle, de Leclerc, de Moulin, de Mermoz, et de tous ces héros de l'ombre ou de la lumière, qu'ils étaient comme la Mère de Romain Gary à propos de laquelle il écrivait dans La promesse de l'aube:

" Ma Mère aimait la France, sans raison aucune, comme chaque fois que l'on aime vraiment".

L'espèce n'est pas morte, j'en suis convaincu.




lundi 6 juillet 2026

 


                                                                  Dehors !



Voilà un homme d'extrême droite, Monsieur Bolloré. Nous sommes en démocratie, ici, il en a le droit.

Très riche , il en a le droit aussi.

Actionnaire omnipotent d'un groupe, Vivendi,  dont il ne détient pourtant que 30% du capital. Pareil.

Qui utilise les filiales de ce groupe pour diffuser des idées détestables, les siennes et celles de ses affidés, au mépris des actionnaires individuellement minoritaires, qui pour la plupart ne partagent pas ses convictions vénéneuses. 

Là, je commence à avoir un problème.

Qui salarie madame Kenia Fedorova, ancienne patronne pour la France de Russia Today , organe de propagande du Kremlin à l'étranger, désormais interdit en France.

Et lui donne accès à ses chaines de télévision, de radio, à ses  journaux et publie son livre "Bannie" ...chez Fayard bien entendu.

En deux mots,  Vincent Bolloré met ses moyens considérables - à vrai dire ceux de ses actionnaires taiseux-  , à la disposition d'un agent  de la propagande "poutinienne"  contre l'Ukraine, contre l'Europe et contre la France, pays dans lequel la liberté d'expression ne serait pas assurée écrit-elle dans son livre.

Alors que dans la Russie de Poutine, bien entendu,  on a le droit de dire. À la condition toutefois de dire ce qui est permis faute de quoi, c'est la prison ou plus simplement l'assassinat. Ça coûte moins cher il est vrai.

S'agissant de l'invasion de l'Ukraine, Kenia Fedorova relaie la doxa poutinienne:

- il s'agit d'une"opération spéciale" .

- il faut vaincre le pouvoir nazi installé à Kiev. 

Et Vincent Bolloré favorise cela !

Kenia Fedorova accuse l'Europe d'avoir contraint Poutine à agir.

Madame Fedorova, agent au service du  Kremlin lequel, depuis des. années, tente de manipuler les élections françaises à coup  d'intrusions répétées dans les réseaux sociaux afin d'y diffuser ses fausses informations, d'intoxiquer les français pour, à la fin, influencer sur leurs votes.

Pour faire simple, Madame Fedorova est une ennemie de la France.

Et c'est Vincent Bolloré qui non seulement favorise cela, mais la paie. 

Et voyez-vous, là, je ne suis plus du tout d'accord.

Madame Fedorova bénéficie d'une carte de résident, renouvelée en 2024 en vertu de l'automaticité (durée de résidence en France depuis plus de cinq ans notamment).

Le préfet de l'époque, disposant d'un pouvoir discrétionnaire, pouvait ne pas le faire. Il n'en a pas usé.

En mai 2024 pourtant, le Conseil d'Etat a rejeté le recours d'un iman contre son expulsion décidée en vertu de propos antisémites qu'il avait tenus et qui ont été jugés comme étant de nature à "porter atteinte l'ordre public," , c'est à dire à la paix sociale.

Chaque jour, dans les médias du groupe Bolloré , Madame Fedorova "porte atteinte à l'ordre public."

Qu'elle puisse tranquillement continuer d'agir contre la France m'est insupportable.

Que Monsieur Bolloré puisse être le recel des propos et des écrits  de cette propagandiste vénéneuse, ne me l'est pas moins.

Comment pouvons-nous laisser faire cela ?

"Nous sommes lâches mais nous sommes vivants"

Sandrine Colette "Madelaine avant l'aube"

Cela ne dure jamais longtemps. 

Monsieur le Premier Ministre, dussé-je  paraître grandiloquent, peu importe les menaces, les tyrans ne respectent que la force, il faut mettre Madame Fedorova dehors. 

Il y va de la dignité de la France.

2027 arrive, le temps presse.


"N'attendez pas le jugement dernier. Il a lieu tous les jours"

Camus: La peste



 




lundi 29 juin 2026

 


                                           

                  

        Chaque année semble la plus terrible.

James Salter: "Salter par Salter"



Il y tant à faire.  

Adapter les logements aux pics de chaleur; le dispositif MaPrimeRénov en est restée au froid, comme si 2003 n'avait pas existé, comme si la menace ne planait pas depuis, chaque année davantage.

 Vincent Jeanbrun, l'actuel  ministre du logement l'a reconnu. Ce n'est pas de sa faute, il faut le lui accorder.  Monsieur Jeanbrun est le 8ème titulaire du poste depuis 2017; il n'est là que depuis 7 mois. Comme si le logement était une cause accessoire.

  Climatiser les classes, les hôpitaux et les EHPAD, n'en déplaise aux bien-pensants,  parce que comme dit le professeur américain Klinenberg qui a étudié la canicule de 1995 à Chicago - 739 morts tout de même -  "c'est aujourd'hui un outil de santé publique." 

Le premier ministre qui lui non plus n'est pas là depuis longtemps,  vient d'ordonner la commande de 30.000 climatiseurs. C'est bien.

  Il faudra aussi climatiser les palais de justice qui ne le sont pas, afin que la justice soit rendue sereinement.

Et que fera-t-on dans les prisons surpeuplées ? Car tout de même, les condamnés sont des êtres humains. Et ceux qui sont enfermés en attente d'un jugement ne le sont pas moins.

Dominique Simonnot la contrôleuse générale des lieux de prison, sur le départ, dit dans une interview au Monde "Ce que je vois en prison dépasse l'entendement... Qu'est-ce qu'on est devenu tous pour supporter ça ?"


La canicule touche d'abord et surtout les faibles.

Faibles en âge,

Faibles en santé,

Faibles en argent,

Faibles en liberté.

Imaginez que l'année prochaine un épisode de canicule comme celui que nous avons connu, tombe sur la France avant les élections présidentielles.

Pour qui croyez-vous que vont voter ces gens qui, à raison, se sentent miséreux ?

"La misère est la plus implacable ennemie des lois"

Victor Hugo. Discours à l'Assemblée nationale. 









dimanche 21 juin 2026

 



                                        Accord ? Vous avez dit accord ?



        Sacré Donald!

L'encre n'est pas encore sèche que le papier déjà se déchire.

Je n'y crois pas à ce "deal magnifique".

Israël ne le veut pas.

Le Hamas ne le veut pas.

L'Iran, sans doute assez peu.

Les négociations trainent déjà.

Israël a de nouveau tiré sur le Liban.

L'Iran en prend prétexte, referme le détroit d'Ormuz, traine les pieds et menace .

Et sans doute, bientôt, le génial méchu, va dire "qu'il n'est pas content, mais alors pas du tout du tout content" et qu'il va frapper de nouveau.

Il menaçait hier de bloquer Ormuz ! Rien que cela.

Puis diffèrera, puis menacera, et diffèrera une fois encore. (*)

Mais n'ayez crainte, Trump est le champion du deal.  Que dis-je,  le champion du monde.

Rappelez-vous juin 2019, sa rencontre avec Kim Jong-un. Un peu moins de deux ans avant, à la tribune de l'ONU, il l'injuriait et menaçait le "petit-gros" qu'il appelait "Rocket-man". 

En 2019, à Singapour lui, Donald le méchu, s'était fait rouler dans la farine par le "petit gros".

Voyez où en est aujourd'hui la Corée du Nord, hélas.

Rappelez-vous août 2025, Poutine vient en Alaska. 

Et le génial méchu de déclarer "Notre relation est fantastique" . Il aime l'hyperbole. 

C'était certain on allait vers la paix ...malgré le discours de Poutine qui, le même jour, devant lui, avait dit le contraire sans qu'apparemment il s'en aperçût.

Mais réjouissons-nous, s'agissant de l'Ukraine, il a changé d'avis.

Les ukrainiens sont "fantastiques" et Zelensky tout de même. Oubliées les injures proférées dans le bureau ovale.  

Il va donc se joindre à nous, les européens, pour l'aider de nouveau.

Jusqu'à ce qu'il change d'avis, une fois encore.


La guerre avec l'Iran a fait selon la Croix rouge, plus de 1900 morts, plus de 20.000 blessés. Les Gardiens de la révolution sont confortés et la  crise économique mondiale que cette guerre a provoquée fait des dégâts considérables.

Tout cela pour se faire probablement, là encore, rouler dans la farine.

Clémenceau avait dit:

"En politique on succède à des imbéciles et on est remplacé par des incapables "

J'inverserais bien la proposition:

Je ne sais pas si Biden était un incapable, mais je sais que Trump est un sinistre imbécile.




(*) Si on apprenait qu'avant chaque revirement cet honnête homme prévenait ses proches afin qu'il puissent spéculer à leur avantage et au sien, eh bien, je ne serais pas surpris.

lundi 15 juin 2026

 



                                   Ces chiffres qui nous terrifient.

    

Une enfant de 11 ans a été enlevée, sans doute violée, puis tuée et son corps caché dans un silo désaffecté, par un pervers ami de la famille.

L'émotion populaire est considérable, virulente et sincère.

"L'émotion" politique s'en nourrit, et oserais-je écrire, chez certains s'en délecte, à l'approche des échéances. Relisez Tartuffe.

Ce n'est pas nouveau. Mais s'agissant de la mort d'une enfant, c'est détestable.

La justice est à la peine, en France. 

Y-a-t-il eu des manquements de la part de magistrats?  Visiblement oui.

De la part de gendarmes? Visiblement tout autant.

Des têtes vont tomber, sans doute, aux échelons inférieurs.


J'imagine la douleur des parents de Lyhanna. Perdre un enfant est insupportable. Perdre un enfant dans ces conditions, c'est devoir vivre en enfer.

 Je ne sais pas grand chose de ce drame; je lis la presse comme tout le monde. Il y a une enquête; elle dira. 

Ce que je sais, en revanche ce sont les chiffres terrifiants. 

Entre 2017 et 2024, 178.000 personnes ont été mises en cause pour agression sexuelle, dont 40% c'est à dire plus de 72.000, sur mineurs. (*). 

Si l'on resserre le spectre en limitant l'observation à la période 2020-2024,  le nombre des personnes mises en cause a augmenté de 56%.  Celui des mis en cause pour viols de 84%. (*)

En 2025 plus de 76.000 mineurs ont subi des violences sexuelles. 

Les chiffres explosent. 

Ils ne tiennent pas compte évidemment de tous les cas non révélés, ou non retenus.

Y-a-t-il plus de pervers ? Sans doute. Beaucoup de ces malades  sont incités à passer à l'acte par des sites pédophiles qui prolifèrent.

Le NCMEC (National Center for Missing and Exploited Children) transmet chaque année des centaines de milliers de signalements aux autorités françaises, dont celui du meurtrier présumé de la petite Lyhanna. (Le Monde du 13 juin). Il s'agit de gens qui vont sur des sites pédocriminels. 

Des centaines de milliers, chez nous !

Au surplus, le nombre d'agressions sexuelles révélées  sur des femmes majeures augmente tout aussi fortement.

L'explosion de ces statistiques résulte largement aussi, de ce que les victimes et les parents des enfants victimes osent sortir de l'anonymat que leur imposait, malheureusement, un injuste sentiment de honte.

Et en face, quels moyens ?

3 procureurs, 11 juges pour cent mille habitants.

Le budget français de la justice par habitant  - 77 €- , est un des plus faibles de l'Union européenne. (**)

Soyons justes, depuis le passage du ministre Dupont-Moretti place Vendôme, l'État fait des efforts considérables pour augmenter le nombre de magistrats.

Mais nous partons de tellement loin. 

La loi d'orientation et de programmation du ministère de la justice pour la période 2023-2027 a prévu le recrutement de 1.500 magistrats et 1.800 greffiers.

Le plan, pour une fois, est suivi.

Mais il en faudrait tellement plus. Tenez:

En Allemagne il y a 25 magistrats professionnels pour 100.000 habitants.

Si vous avions le même ratio que l'Allemagne le pays compterait 17.000 magistrats de plus. 

L'Allemagne dépense pour sa justice 136 € par habitant, 59 € de plus que nous. 

Pour se mettre au niveau de l'Allemagne il manque 4 milliards. 40%  du budget de la justice ! 

Oui, vous lisez bien, 40%.

Alors forcément, les magistrats ne travaillant pas dans la sérénité, que pourtant leur fonction commande, font des erreurs. Ce sont des femmes et des hommes,  comme vous et moi.

Quand chez Stellantis, monsieur Tavarez mettait trop de pression sur ses équipes, les ingénieurs se trompaient dans leurs calculs, les usines fabriquaient trop vite et les voitures tombaient en panne.

Quand chez les magistrats la pression est trop forte et qu'ils font des erreurs, une enfant peut être enlevée, violée et tuée. 


Puisse la mort tragique de Lyhanna réveiller les consciences, plus longtemps que le temps d'une campagne électorale. 

Les Parents de Lyhanna se taisent.

"Il n'y a pas de plainte plus digne que le silence".

Mia Couto "Le cartographe des absences"



(*) Source INFOSTAT Justice

(**) Source CEPEJ 2024




 


 

 

lundi 8 juin 2026

 


                                   Boualem Sansal n'est pas un salaud


Il y a peu, un ami que je n'avais pas vu depuis des lustres, m'a fait signe. Nous avons déjeuné ensemble.

Après nous être raconté brièvement nos vies, nous avons parlé de l'Italie qu'il connaît parfaitement, je revenais de Toscane, puis de littérature, puis de liberté.

Puis des deux. Puis de Grasset et forcément de La Légende, le dernier livre de Boualem Sansal que je n'avais pas encore lu.

C'est fait.

Sansal, publié chez Gallimard depuis 27 ans, est donc soudainement passé chez Grasset , c'est à dire chez Bolloré. La date de sortie de son livre ayant servi de prétexte au dit Bolloré pour faire "virer" Olivier Nora. (Voir La leçon d'Hermès, mon article du 20 avril).

Voici les faits tels que Boualem Sansal les relate à la fin de son livre.

Sorti de prison où il a croupi pendant un an, il arrive en France, sans argent et sans logement. Le Crédit Lyonnais a clôturé son compte; c'est la froide procédure. Un de ses employés lui a prêté 500 euros en attendant que son compte soit rouvert et ses fonds débloqués. Antoine Gallimard l'héberge dans un appartement, lui et sa femme. 

Trois mois plus tard, il lui demande de quitter l'appartement dans les huit jours; il veut le récupérer pour une proche qui connait une situation difficile. 

L'intention était louable. La manière ne l'était pas.  

Furieux, vexé, il part dans l'instant. Avec un caractère de sa trempe, et après ce qu'il avait vécu, on oserait dire que c'était couru. 

Arnaud Lagardère, "passant par-là"  l'a relogé; le monde de l'édition est petit, tout se sait, et lui a fait accorder un beau contrat;  dix fois ce que lui faisait Gallimard ; un million d'euros contre cent- mille.

Sansal a vécu alors, l'offre de Gallimard comme une trahison.

J'aurais préféré que quittant la rue Gaston Gallimard, il allât par exemple  aux éditions du Seuil, rue Gaston Tessier ou, quitte à voyager, filât vers Arles place Nina Berberova, chez Acte Sud. 

Mais il fallait bien se loger et le chèque était tentant.

Qu'il ait accepté l'offre de Bolloré transmise par Arnaud Lagardère n'en fait pas un salaud. 


Alors La Légende maintenant.

Ce livre est un livre de combat contre l'arbitraire qui règne dans un pays, lAlgérie, où il s'appuie sur deux cannes:  dans une main la bêtise, dans l'autre la corruption.

Arrêté sans motif à sa descente d'avion, alors qu'il retourne chez lui. 

Jeté en prison: 6 m2 pour deux.

Privé d'avocat, jugé en cinq minutes: réquisitoire du procureur contre un écrivain qui " porte atteinte à la sécurité de l'État" parce qu'il écrit ce qu'il pense et, une fois le réquisitoire terminé, la présidente du tribunal qui dit: "Nous avons un verdict: 5 ans. Emmenez le prisonnier"

Puis le cancer, la faim, le froid, la canicule,  et ce surnom que ses camarades de la prison de Koléa  lui donnent,  La légende.  Parce qu'ils savent qu'on parle de lui à l'extérieur, à l'étranger même. Eux dont l'univers est borné par les murs de Koléa, prison immense et sordide. Ils en font un envoyé de l'histoire; peut-être ont-ils raison.

Alors cet homme qui est un rebelle ne cède pas. Il déprime parfois, il pleure aussi, car c'est un homme et les vrais hommes pleurent. 

Le passage où il décrit son angoisse parce que sa femme n'est pas venue le voir, deux fois de suite, et qu'il a peur qu'elle ait été elle aussi emprisonnée est poignant.

Elle était malade et n'avait pas réussi à le faire prévenir.

C'est ce qu'il nous raconte avec sa détestation et son mépris du président- dictateur Tebboune. 

Et c'est beau.

Il y a les excès, malheureusement:

- Sansal se compare, à Dreyfus, à Soljenitsyne, à Novotny. S'il avait écrit son livre en prison on l'aurait compris. Mais une fois sorti, après une année, on le comprend moins.

- Il fait de Retailleau un héros à propos duquel écrit-il , se propageait dans la prison la rumeur qu'il allait faire comme Trump avec Maduro; enlever le président-dictateur Tebboune. Sauf que, quand Trump a fait enlever Maduro, Sansal était revenu en France depuis deux mois. Confusion d'un esprit fatigué.

 Olivier Nora n'aurait pas laissé passer cela. Le "faisant fonction d'éditeur" qui l'a remplacé, si.

Avec La Légende, Boualem Sansal nous a livré un opus au style peu fluide, haletant, comme ce qu'il a vécu, et dont j'ai trouvé à vrai dire la lecture parfois malaisée. 

Reste son émouvant amour pour sa femme et quelques phrases  où on le retrouve tel qu'on l'a lu dans un temps passé:

"En Algérie la justice n'est pas attendue, elle survient."

À propos d'un surveillant qui voulait être médecin: "Il voulait soigner des corps. Il surveillait des existences."

En appel, devant la Cour, alors qu'il sait que disant ce qu'il va dire, il risque de voir sa peine doublée, il a ce courage:

"Je ne critique personne, je dénonce un système de prédation et des despotes qui abusent de leur pouvoir contre les individus et les populations"

Et, détournant Albert Camus , " Mal nommer les choses c'est ajouter aux malheurs du monde" , lui écrit:

"Bien nommer les choses fait le malheur de celui qui prend le temps de les nommer et de ceux qui prennent le temps de l'écouter"

C'est ce qu'il a vécu, c'est son courage. Chapeau bas !

Mais y a des choses que l'on comprend mal chez Sansal, comme son admiration pour Camus que je partage, oh combien, et son amitié pour Philippe de Villiers que je méprise.

Ou encore sa détestation de la corruption alors qu'il se place sous l'ombre vénéneuse et corruptrice de Bolloré.

Alors, on ne retrouve pas dans La Légende le magnifique auteur du Village allemand et de 2084: la fin du monde.

Mais il faut comprendre et accepter que Sansal est obsédé par la montée de l'Islamisme radical et par la dictature. C'est là-dessus qu'il écrit, ce n'est pas nouveau.

 Il faut comprendre que c'est un vieil homme un peu perdu, meurtri, amer et qui souffre. 

Bolloré va l'utiliser jusqu'à la corde.

Mais voyez-vous, Grasset, je lui pardonne.

Boualem Sansal n'est pas un salaud.

Boualem Sansal est simplement l'instrument d'une saloperie.






lundi 1 juin 2026

 



                                   J'ai envie de vous parler de l'Ukraine



En novembre 1991, je conduisis  en Ukraine une délégation de chefs d'entreprise du département d'Eure et Loir dans lequel je sévissais encore. Ils souhaitaient explorer la possibilité d'y développer des affaires une fois l'Ukraine indépendante.

Cela se passait 15 jours avant le référendum d'autodétermination. Nous fûmes accueillis par le patronat ukrainien à Kiev,  deux ministres dont celui de la santé, le département d'Eure et Loir comptant une industrie pharmaceutique solide. 

Le samedi, on nous emmena à l'Opéra voir une superbe représentation du Prince Igor de Borodine.

J'avais manifesté le souhait d'assister à l'office du dimanche à la cathédrale Sainte Sophie. Nos hôtes en étaient manifestement heureux. On nous accompagna, nous étions du côté droit de la tribune, surplombant la cathédrale bondée de croyants participant avec ferveur à un rituel magnifique. 

Le choeur à notre gauche, comme à toucher. En son sein des membres qui, la veille au soir, chantaient à l'opéra les Danses Polovstiennes.

C'était fascinant et je me disais, quel peuple !

Puis on nous fit visiter des usines, souvent délabrées dont la production était généralement limitée à une partie d'un tout, conséquence funeste de la division géographique du travail voulue par Staline. Il ne fallait pas qu'une des républiques soviétiques fut autosuffisante en quelque manière, de sorte qu'une commode dépendait de l'approvisionnement de plusieurs républiques: à l'une les pieds à l'autre les tiroirs etc.

Je me rappelle une usine de produits chimiques qui fabriquait aussi des shampoings . Nous regardions discrètement vers le toit pour éviter les gouttes qui tombaient depuis des tuyaux vétustes.

Nos interlocuteurs étaient sympathique, intelligents, souvent brillants. Ils attendaient la libération pour sortir d'un système absurde.

Et puis, nous fûmes autorisés à aller dans l'Oblast d'Ivano-Frankivsk, à l'ouest du pays.  C'était à l'époque une région militarisée interdite aux étrangers. Nous étions sous une bonne mais souriante garde.  On sentait bien que les choses changeaient.

L'atmosphère était joyeuse. Dans la rue, les hommes venaient nous serrer les mains avec effusion, les femmes nous embrasser. Nous étions les annonceurs innocents de la liberté. 

Comme tous les membres de la délégation, j'étais terriblement ému.

Évidemment depuis, je suis ce pays magnifique.

 Le 1er décembre 1991, les ukrainiens votèrent donc, en masse. Le taux de participation s'éleva à 84%. Ils avaient à répondre à la question suivante: 

     "Êtes-vous favorable à la déclaration d'indépendance de l'Ukraine ?" 

OUI: 92,26%

Que vota la Crimée aujourd'hui occupée ?

OUI à 56%.

Onze mois auparavant, en janvier 1991, le gouvernorat de Crimée avait organisé un référendum. La question posée aux électeurs était  :

"Êtes-vous favorable au rétablissement de la République socialiste autonome de Crimée comme sujet de l'URSS ?"

Le score fut tout aussi massif: 

OUI: 94,30% avec un taux de participation de 92%.

On imagine que ces résultats étaient sujets à caution. Cependant le croisement des deux scrutins dans cette singulière Crimée, dont la population russophone représentait à l'époque 67% de la population totale, montrait clairement qu'il y avait là un sujet.

L'Ukraine en a d'ailleurs toujours été un pour la Russie. Bien avant  Catherine II. Puis avec elle sérieusement. Puis incessamment jusqu'à Staline qui a affamé sa population entrainant la mort de plus de 5 millions de personnes. 

On comprend pourquoi les ukrainiens ont accueillis les allemands en libérateurs. Prétexte saisi par Poutine justifiant son "opération spéciale" par sa volonté de dénazifier l'Ukraine.  Un peu comme si Al Capone avait voulu éliminer le crime organisé.

La vérité est que pour la Russie, l'Ukraine n'existe pas. L'Ukraine c'est la Petite Russie, nom que Tchaikovsky  a d'ailleurs donné à sa 2ème symphonie.

Richard Moore, ancien chef des Services secrets britanniques cité dans Le Monde par Alain Frachon  a dit:

"Il y a deux Poutine. Le premier est réaliste, froid, brutal, c'est le Poutine qui marchande. Mais il y en a un autre, un idéologue qui, au fond de lui même est convaincu que l'Ukraine n'a pas le droit d'exister."


Alors je vais vous dire mon sentiment .

- En signant avec l'Ukraine, courant février 2014  un accord cadre,  dit de Partenariat pour la paix,  annonciateur d'une adhésion , et donc d'une possible installation de ses armes à la frontière russe,  l'OTAN et ses membres ont donné un prétexte à Poutine.  

- Peu de jours après, le 28 février 2014, il l'a saisi en envahissant la Crimée.

- Le lendemain des accords de Minsk du 12 février 2015, j'avais écrit à un ami "Poutine ne s'arrêtera pas là car il sait, comme Hitler, que les démocraties sont faibles".

On sait ce qu'il est advenu.

Comme celle de Trump en Iran, l'opération devait aller vite. On voit bien qu'il est embourbé.

Mais à la différence de Trump, qui faible et inconstant signera sans doute un mauvais accord avec l'Iran , Poutine ne cédera pas.

Son peuple est asservi et le FSB le surveille chaque jour davantage.

Poutine a des réserves de chair à canon, à laquelle s'ajoute celle que lui fournit la Corée du Nord et celle enfin (?) qu'il achète en Afrique. 

Ils partent se faire tuer et n'ont le droit que de se taire, car comme l'a écrit Laurent Mauvignier dans La maison vide, "on ne demande pas son avis à la chair à canon".

Il sait au surplus que Trump se moque de l'Ukraine , et voit bien la division de  l'Europe. 

Voyez-vous je suis consterné car en 2014, on devait savoir ce qu'était Poutine

Il y avait eu la Tchétchénie en 1994, puis la Géorgie en 2008. Ce n'était pas si loin tout de même ! 

On savait que ce type n'est pas un poète, et on aurait dû savoir ce qu'il y avait dans le cerveau de ce monstre brutal.

D'ailleurs, on le savait sans doute. Mais voilà, la suffisance. Toujours la suffisance.

Aujourd'hui, le peuple ukrainien et son armée résistent avec un courage et une sophistication des armes employées sidérants.

Dans Les disparus de Mendelshon, en lisant cette phrase:

"Et puis elle a eu une pneumonie, et puis elle allait mieux et puis elle est morte", j'avais pensé à l'Ukraine.

L'Union européenne, après la défaite de "mon ami Orbán" - je cite Marine Le Pen- , va enfin pouvoir débloquer l'aide de 90 milliards que le dit ami empêchait. 

Il y a de l'espoir, le pire n'est pas certain.