lundi 17 mars 2025

 


                                        

                        

                                    Le Béarnais et le mirliton.



L'homme était parti jeune et courait depuis Pau.

Il était cultivé, et très jeune visait haut.

Ainsi qu'un grand marcheur, au pied d'une montagne,

Rien ne lui faisait peur, il aimait la castagne.

Conseiller général, puis député et maire,

Sous Chirac il entra dans un grand ministère.

L'agrégé qu'il était, fut nommé à Grenelle.

"Matignon n'est pas loin, trois minutes suffisent, 

Je suis un bon marcheur et j'ai de bonnes semelles.

Grenelle n'est qu'une étape , il faut qu'ils se le disent."

 Regardant vers le haut, il vit moins les obstacles,

Bien que le voulant point,  se donna en spectacle.

Ainsi trébucha-t-il sur un très gros caillou, 

Célèbre au demeurant qui s'appelait Falloux.

La rue fut pleine de monde qui criait "au vandale !",

Le Béarnais défait, dut retirer sa loi.

Les gens rentrèrent chez eux, ils étaient tout en joie.

Lui était convaincu qu'il n'avait pas fait mal.

Construire un grand destin fait casser quelques oeufs,

Il faut donc poursuivre, pourvu qu'on soit heureux.

C'est donc ce qu'il fit, avec quelque bonheur.

Prit la tête d'un parti, fut élu à Strasbourg,

C'était un bel endroit pour attendre son heure,

Et faire son grand retour.

Voulant  être Président, comme on l'a deviné,

Se présenta une fois et fit triste figure.

Moins de sept pour cent, n'est pas de bonne augure.

Pour tout autre que lui, c'eut pu être un linceul.

Il n'était pas fini, c'était un amuse-gueule.

L'homme a de la ressource, comme il est dit plus haut

Ne craint pas les campagnes et se voit en héros. 

Il repart à l'assaut quelques cinq ans plus tard

Et ma foi s'en tire bien mais c'est insuffisant.

Sarkozy est élu, il n'est pas président.

Puis vient deux mille dix-sept, il n'est n'est pas encore vieux,

Ne pouvant être roi, il soutient un jeune homme

Prévoyant qu'après lui et avec l'aide de Dieu

Il gagnera enfin, et sera sur l'Album.

Le jeune fait des bêtises et dissout l'Assemblée,

"C'est maintenant mon heure", se dit le Béarnais.

La censure aidant, 

Il trépigne, il exige et dit au Président:

"Tu me donnes Matignon sinon je prends le vent."

Et voilà qu'à la fin arrivant rue de Varenne.

Le Béarnais pense déjà à traverser la Seine.

Mais il n'est pas en forme, le temps a bien passé.

En fait, il a vieilli.

Comme tous ses compères il ne peut abdiquer

Il veut tôt la retraite pour tout autre que lui. 

Il se perd dans ses fiches, oublie les notes en marge.

Bafouille à l'Assemblée; on en mène pas large.

Un jour, il y a peu, tenant une conférence,

La presse était là, le sujet d'importance,

Entouré de ministres, il ne sait pas quoi dire.

Retailleau, le lui souffle, en gardant son sourire.

Il cherche son verre d'eau, la parole donne soif.

Il ne le trouve pas, il  n'y a point de carafe.

Madame Borne lui montre, le verre est devant lui,

Il y boit soulagé, oublie de dire "merci".

 

Mirliton passant là se prit à réfléchir:

N'y aurait-il pas ici une ou deux choses à dire.

Ne pas se prendre surtout pour le Roi de la fable,

Simplement raisonner en tâchant d'être aimable.

Et ainsi qu'il le dit, se saisit d'une plume,

Ecrivit appliqué quelques mot sur l'enclume:

" Quand,  à vouloir le ciel on a tout sacrifié,

Qu'on arrive épuisé au bas de l'escalier, 

Tout sage se retourne, avisant son passé

Se dit "Par ma foi, tout bien considéré,

Le parcours est fini.

Il est temps de rentrer,  le pouvoir est parti.

Ce n'est point un malheur,

Que d'arrêter à temps et garder son honneur."




 






 

lundi 10 mars 2025

 




                                    Cher Joseph,


Votre père m'a dit que vous aimeriez me voir écrire un Croque-notes un peu optimiste.

C'est un devoir bien compliqué que vous me demandez là. Mais je m'y colle volontiers parce qu'au fond, vous avez raison.

 Il y a quelques motifs, en effet, de voir un coin de ciel bleu au milieu de tant de nuages noirs.

Tenez Joseph:

Starship , la fusée de Musk, explose en vol pour la deuxième fois. Tant pis pour Musk, tant mieux pour nous !

Les ventes de Tesla, la marque de voitures crée par  Musk- s'effondrent:  - 45% en Europe, dont -71% en Allemagne. 

Le cours de l'action Tesla a chuté en un mois de plus de 30%. Tant pis pour Musk, tant mieux pour nous !

Rubio, le secrétaire d'État, accusé par Musk de ne pas virer assez de gens,  accuse à son tour Musk de dire et faire n'importe quoi. S'ils l'avaient pu,  les gifles auraient volé,  dit-on. Tant pis pour Trump, tant mieux pour nous !

Plus important sans doute:

  Confrontés à la peur de leurs électeurs  qui commencent à manifester contre les mesures prises sous l'inspiration de Musk, des élus républicains de plus en plus nombreux tant au Sénat qu'à la Chambre des représentants se rebiffent.  Tant pis pour Trump, tant mieux pour nous !

Tout ce qui affaiblit Musk renforce la démocratie.

Tout ce qui affaiblit Musk affaiblira Trump, espérons-le et renforcera la démocratie, la paix et la prospérité du monde. 

Voilà pour ce côté de l'Atlantique.


De notre côté, Cher Joseph, l'Europe bouge enfin. C'est un soulagement. 

Peut-être prend-elle conscience avec Chateaubriand - il est grand temps-  que "l'histoire n'est qu'une répétition des même faits appliqués à des hommes et à des temps divers" et que dépendre du gaz russe ou du parapluie américain ne sert rien d'autre que l'affaiblissement. 

Le 10 novembre 1959 au cours d'une de ses conférence de presse - qu'à la maison mon père, interdisant tout rendez-vous, regardait avec dévotion- ,  le général de Gaulle qui avait vécu Yalta et possédait une  considérable culture historique, avait dit pour justifier le refus de la France de participer à l'OTAN et sa volonté de doter le pays de l'arme nucléaire,  de son refus donc de se mettre sous la protection des Américains:

"Qui peut dire si, dans l'avenir.... les deux puissances qui auraient le monopole des armes nucléaires ne s'entendraient pas pour partager le monde."

Même si depuis il faut ajouter la Chine, nous y sommes !

La venue d'un nouveau chancelier allemand, manifestement déterminé, est une très bonne chose. Rien ne peut se faire avec une Allemagne égoïste et timorée. 

Le long règne d'Angela Merkel surtout, puis, dans une mesure moindre,  le gouvernement d'un Olaf Scholz peureux et chafouin, ont beaucoup coûté à l'Europe. 

Puisse Monsieur Merz composer rapidement une majorité cohérente et avec nous, la Grande Bretagne et d'autres, passer à l'action. 

Le président Macron que je critique souvent est aujourd'hui à la hauteur de sa fonction me semble-t-il. Il faut reconnaître que depuis des années il exhorte les pays de l'Union à agir et construire ensemble une défense commune. 

Mais ses démarches solitaires et son attitude trop souvent arrogante,  ajoutées à la pusillanimité de beaucoup de nos partenaires l'ont fait discourir dans le désert. 

Gageons que face à l'urgence, cela changera.

Voilà, Cher Joseph. Il y a des motifs d'espérer. Tout dépendra des hommes.

Andrzej Zamoyski grand chancelier de Pologne avait écrit à propos de Bonaparte:

"Il en était passé à la notion que l'homme est une créature rationnelle  guidée par ses intérêts, mais susceptible d'être inspirée par des idéaux".

C'est ce qu'on souhaite à nos dirigeants et à la jeunesse d'aujourd'hui - à vous donc -  de qui, au fond, tout finira par dépendre. 

Et en laquelle j'ai confiance. 











 










lundi 3 mars 2025

 



                                    LES HYÈNES


Dans le bureau ovale, Volodymyr Zelensky est assis. Droit, pantalon et pull-ras-du-coup marron.

Comme le veut la coutume  - pour un temps encore ?- il est assis dans un des deux fauteuils qui font dos à la cheminée; celui de gauche.

 Dans l'autre, les coudes sur les cuisses,  la mèche laquée faisant visière, la cravate pendante, le chef des hyènes, celui qui fait office de président des États-Unis d'Amérique.

Vautré dans un canapé perpendiculaire à la cheminée, Vance, ou Vice comme vous voudrez, le sous-chef.

Le guet-apens était près. On fait semblant, on est sympathique et puis d'un coup, on retrousse les babines, on montre ses vilaines dents, on  se déchaine, on parle fort, on interrompt et on insulte. 

D'ici, malgré les vents contraires, on sentait leur haleine puante. 

Elles voulaient humilier avant de dévorer et ne s'en cachaient pas.

- Vous nous manquez de respect!

- Vous n'avez pas les cartes! 

-  Soit vous concluez l'accord que je veux (sur les terres rares que le chef veut s'approprier) soit nous vous laissons tomber.


Volodymyr est digne, il résiste, 

Au sous-chef des hyènes:

- "Avez-vous été en Ukraine?

 Savez-vous ce que nous rencontrons ?"

La hyène:

 - Une fois . Mais j'ai regardé des infos.

On est consternés. Mais le pire arrive.

Le pire ?

"N'oublie pas que le pire peut toujours empirer".

Mike Herron: La maison des tocards

La preuve:

Le chef des hyènes:

"Vous n'êtes pas en position de dire quoi que ce soit"

En d'autres termes: "vous avez été envahis, vous n'avez pas de dollars, alors, fermez-la !"

Un journaliste complice des hyènes dit à Volodimir:

"Vous venez dans le bureau ovale et ne portez ni costume ni cravate"

Volodymyr:

"Je porterai un costume quand mon pays sera en paix. Mon costume sera peut-être plus élégant que le vôtre et sans doute moins cher"

Le chef des hyènes arrête le spectacle et dit à la manière d'un réalisateur de show :

" Je pense que nous en avons vu assez. Ça va être de la grande télévision.".


À Moscou, on fait la fête.























lundi 24 février 2025

                                                 



                                            Montesquieu est sous Prozac.


À Washington, une brute qui a des dollars à la place du coeur, prend en otage la démocratie des États-Unis, commence à attaquer la presse "dissidente", menace les juges, sert ses amis qui se goinfrent et, n'en doutez pas, tentera d'asservir la constitution, c'est à dire de la modifier à son profit. Il aura pour ce faire l'appui de la Cour suprême qu'il a mise à sa botte.  

Seule compte, pour lui, la domination au prix du reniement de ce qui a fait la grandeur de son pays.   

Très près de chez nous, en Hongrie, pays pourtant tellement meurtri par la dictature , le premier-ministre Orban, chantre de la "démocratie illibérale" - qui n'est autre que la démocratie capturée- musèle la presse,  asservit les juges, enrichit sa famille et ses amis (Voir "A dinasztia" (The Dynasty ) sur YouTube.)


En Italie; Madame Meloni est maintenant suffisamment installée pour se dévoiler enfin.

 Jouant Trump contre l'Europe, elle fait pression sur les journalistes en multipliant les plaintes pour diffamation. Depuis son arrivée au pouvoir en 2022, on dénombre trois fois et demie plus d'incidents et de plaintes que sur la période allant de la fin de la deuxième guerre mondiale à son arrivée au Palais Chigi. 

Parallèlement elle commence à déployer ses efforts pour assoir son contrôle sur l'audiovisuel public. 

Son "ami Elon Musk"  (sic) à l'affût l'appuie. Il a les moyens. Il y a de l'argent à gagner. D'autres aussi en profiteront. 

Les régimes illibéraux, comme les dictatures dont ils sont les batards , sont toujours corrompus. Ils ont besoin d'argent.

Madame Meloni pense par ailleurs que les juges en s'opposant à certaines de ses décisions - en l'occurence, le transfert contre paiement d'immigrés dans des camps situés en Albanie-  remettent en cause sa politique migratoire. 

Chez les extrêmes, le rôle des juges est de faire respecter la loi quand, et seulement quand, leurs décisions leur conviennent.

Rappelez-vous en, si d'aventure...


 Montesquieu a écrit dans De l'esprit des lois:

"Pour qu'on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir". 

C'est précisément ce que ne veulent pas les trois que j'ai nommés, et d'autres, en forme électorale, qui trépignent , impatients de les rejoindre. 

Voyant ce que les démocraties deviennent et craignant pour la France, Montesquieu déprime. Il est désormais sous Prozac.


Quand la démocratie est faible, quand elle cesse d'être exemplaire, les extrêmes sentant l'odeur du sang se lèchent les babines et préparent l'assaut..

La proposition d'Emmanuel Macron de nommer Richard Ferrand à la présidence du Conseil constitutionnel est évidemment  une faiblesse coupable  mais surtout une erreur et une faute.

Une erreur car les sujets qui sont soumis au Conseil sont devenus tellement nombreux et compliqués  en raison notamment de la Question Prioritaire de Constitutionnalité instaurée en 2009, qu'il eût mieux valu nommer à la présidence une personne à la fois éminente et juriste reconnue. 

Ce n'est pas faire injure à monsieur Ferrand que d'écrire qu'il n'est ni éminent, ni juriste. 

Une erreur, donc.

Mais pas seulement.

Ce qu'a fait à son profit monsieur Ferrand avec le patrimoine immobilier de la petite mutuelle dont il était directeur salarié, le disqualifie pour la magistrature  la plus haute dans l'ordre protocolaire, après le président de la République.

Que l'affaire fut prescrite quand elle a été soulevée n'y change rien.

Sa nomination fut une faute.

 Son élection une offense.

Ne me faites pas comparer ce qui n'est pas comparable, mais les démocraties faibles servent les aspirants dictateurs.

Il eût été bon, en cette circonstance que le président se remémore cette maxime du cardinal de Rohan:

" Quand on est prince, il faut se méfier et n'avoir point d'ami".











 




lundi 17 février 2025

 

                          C'est fou ce qu'on rigole tout de même"


Arte diffuse en 3 épisodes une série visible en replay,  dont le titre est:

                         "Oligarques: le gang de Poutine"

Elle raconte par le menu:

-  comment quelques hommes ont mis la main sur les richesses du pays (pétrole et gaz essentiellement) au moment de la Pérestroïka un peu et sous Eltsine, beaucoup. 

-  comment ils ont accaparé  le pouvoir avec la complicité de la fille d'un Eltsine alcoolisé et malade, puis démissionnaire.

-  comment, repérant un obscur chef du FSB paraissant timide et ne regardant jamais ses interlocuteurs en face,  ce timide  s'est retrouvé par un concours de circonstances poussé par les oligarques à la présidence de la Russie.

-  puis comment, finalement,  l'obscur fonctionnaire  devenu président les a mis,  de force plus que de gré,  à son service. Puis les a contrôlés et contraints de ne pas l'oublier dans la répartition des profits qu'ils lui doivent. 

C'était en l'an 2000, le nouveau siècle commençait. L'obscur fonctionnaire s'appelait Vladimir Poutine. 

Il est toujours là.

Vingt-cinq ans plus tard, nous avons donc face à nous

- Un dictateur "très possiblement mafieux" à la tête de la Russie.

- Un apprenti- dictateur "très possiblement corrompu" (cf. le film The apprentice) qui, notamment, menace les juges, gracie ceux qui ont attaqué le Capitole, et se retrouvant à la tête d'un pays surpuissant  qui était notre allié,   veut en faire notre adversaire.

Ces deux-là, se cachent derrière des idées prétendues. 

L'un la lutte contre l'occident et la restauration de la Grande Russie. 

L'autre derrière un salmigondis de théologie libertarienne et de néo-libéralisme.

"L'idéologie c'est elle qui apporte la justification recherchée à la scélératesse; la longue fermeté nécessaire aux scélérats"

Soljenitsyne: L'archipel du goulag.

Ce sont bien des scélérats que ces deux-là,  qui, comme deux parrains, qu'ils sont sans doute,  ont décidé de faire leur marché en se partageant le "business".

                                                        XXXXX


Les Rapaces

Pièce en un nombre d'actes indéterminés;

Acte 1 Scène 1

Nous sommes dans un palais luxueux, situé dans un pays que l'auteur anonyme - on parle dans les coulisses de Belzébuth- laisse à l'imagination du lecteur. Ce peut être en Arabie Saoudite par exemple.

Donald et Vladimir sont assis, détendus, dans de vastes fauteuils.

L'un "déguste" un Mac accompagné de Coca , l'autre un saumon arrosé d'un peu de Vodka

Donald à Vladimir:

- Premièrement,  tu gardes la Crimée. Je fais en sorte de me rembourser des aides qu'on a apportées à l'Ukraine, en me payant sur ses terres rares. Quand j'aurai mon compte, tu pourras aller jusqu'à Kiev. Le petit Volodymyr, on s'en tamponne. 

(Précision de l'auteur: "Nous sommes entre gens délicats")

- Deuxièmement, Tu me laisses prendre la Palestine.  Il y a des paquets de dollars à gagner. Évidemment, on laissera de la place à tes oligarques. Comme ça tu auras ta part.

Vladimir se redressant dans son fauteuil, jambes écartées:

-  Donald, c'est d'accord. Mais d'ici là pas d'appui à ce qui reste de l'Ukraine. Quant à Volodymyr ne t'en fais pas , je m'en occupe. Je sais faire. 

- Deuxièmement: tu lèves les sanctions contre la Russie parce que tu comprends, ça nous complique la vie ces histoires même si, comme tu le sais, vos sanctions, on les contourne.


Donald:

- OK  Vladimir. 

Un téléphone sonne; c'est celui de Donald.

 Donald:

- Attends, Vladimir, on m'appelle.

Il sort son portable: 

Donald:

- Allo ?

Puis ayant écouté quelque secondes:

- D'accord les gars. Là j'peux pas. J'vous rappellerai plus tard.

Il raccroche.

Vladimir:

- C'était qui ?

Donald:

- Macron et Scholz, ils veulent participer à nos discussions .


 Les deux éclatent  de rire et entre deux spasmes:

"C'est fou ce qu'on rigole tout de même."








 



lundi 10 février 2025

 


                                       Isaac et le Roi David


Donald fourmille d'idées toujours plus extraordinaires.

Il veut déplacer le peuple palestinien hors de son pays, sans droit de retour, pour transformer la Palestine en Riviera. Imaginant sans doute que la Trump Corporation participera à la promotion des résidences et des hôtels de luxe qu'il compte y voir implantés. Il n'y a pas de petits profits. Après tout, en dollars,  que valent 2 millions de palestiniens? Pas grand chose. Les bénéfices espérés en revanche, beaucoup, sans aucun doute.

Il ambitionne rien de moins que de racheter le Groenland, et de s'approprier le canal de Panama.

 Enfin -que dis-je, il n'est là que depuis trois semaines-  Trump veut annexer le Canada pour en faire le 51ème État de la fédération des Etats-Unis d'Amérique. Rien que cela.

Plus c'est gros, plus ça part dans tous les sens, plus ça perturbe les faibles et plus ça leur fait peur. On appelle cela l'effet de sidération.

"La perfection évangélique ne conduit pas à l'empire" avait écrit de Gaulle dans Le fil de l'épée.

Elon Musk en charge du département de l'efficacité gouvernementale - le DOGE- ,  a constitué une armée de jeunes hackers  qu'on appelle les "DOGE Kids".  Ces gamins de 19 à 23 ans, sont habilités à pénétrer les données de l'administration fédérale pour traquer les mouvements de personnels, les commandes, les paiements du trésor, et proposer "grâce à" l'Intelligence artificielle des mesure "appropriées" à la doxa trumpienne. 

Les hommes sont ce qu'ils admirent et les civilisations ce qu'elles donnent à admirer"  Romain Gary: Le Grand vestiaire. 

Orwell n'est pas loin; on l'aura cherché. 


En France:

On assiste ébahis au procès du financement présumé par Kadhafi de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007. Ça ment tellement mal ! C'est tellement gros! Un enfant de 5 ans en rirait.  Nous non.

 Mélenchon fait fabriquer des affiches associant dans une même photo Olivier Faure et Marine Le Pen. Détestable procédé. Mais que voulez-vous, quand on s'allie à la perverse obsession de soi-même il ne faut pas espérer récolter la vertu.


David Oïstrakh, né à Odessa en 1908, fut l'un des plus grands violonistes du siècle dernier. On le surnommait le Roi David. Sa sonorité était exceptionnelle. Célébré dans le monde entier, il jouait, enseignait, puis jouait sans discontinuer au point de fragiliser son coeur et de subir de nombreuses alertes cardiaques.

Isaac Stern, grand violoniste aussi,  né douze ans plus tard, lui avait demandé un jour: 

" David pour quoi ne te reposes-tu pas? Tu pourrais t'arrêter un peu, de temps en temps."

Le Roi David avait répondu:

" Isaac, si j'arrête de jouer je pense et si je pense je meurs".

Ecoutez-le et regardez-le jouer avec son fils Igor le concerto pour deux violons de Jean-Sébastien Bach. C'était en 1974. Peu de temps après, son coeur l'avait abandonné, définitivement.

Ce moment d'éternité vous évitera de penser et vous consolera un peu, j'espère. 

David Oistrakh & Igor Oistrakh - Bach Concerto for Two Violins -













lundi 3 février 2025

 


                                                  Le Roi et le Président



Lisant l'imposante et impressionnante biographie que le grand historien Jean-Christian Petitfils a consacrée à Louis XVI, il m'est venu ceci:

 Le 10 mai 1774, Louis XVI a vingt ans. Il monte sur le trône, jeune et impréparé.

Il hérite d'une situation périlleuse. Le déficit du budget est de 5%. La charge de la dette pèse près de 20% des produits du royaume.

Homme solitaire, il est entouré de coteries, dévouées ou opposées, et inversement, les choses changeant au gré des intérêts.

Pour faire court: celles de La Vauguyon, de Choiseul, de Maurepas, de Vergennes,  de Necker et d'autres encore.  Toutes davantage préoccupées d'elles-mêmes que du sort du Royaume.  

Influençable, il décide néanmoins seul. On croit le pénétrer , on ne le pénètre point. 

Il change ses ministres au gré des influences, de ses faiblesses ou de son humeur. "Il aimait l'autorité mais pas le pouvoir" écrit Petitfils.

Pendant de ce temps, alors que le peuple, souvent pauvre, ploie sous les charges, qu'on assiste à des jacqueries, que les fausses nouvelles circulent dans des libelles de plus en plus nombreux,  la haute noblesse se préoccupe de préserver ses privilèges dont l'évitement de l'impôt n'est pas le moindre.

Pendant ce temps, la cour batifole et la reine, s'occupe de ses toilettes, joue et danse.

On sait ce que plus tard il advint.


Le 15 mai 2007, arrive au pouvoir un homme jeune, sans grande expérience.

Il hérite d'une situation difficile qu'une pandémie rendra périlleuse 

Sept années plus tard, le déficit public dépasse très largement 5% du produit national, et la charge de la dette pèse près de 20% du budget.

Homme  solitaire, simulant l'écoute attentive car c'est un charmeur, mais n'écoutant point, il décide par-devers lui.

 À rebours de Louis XVI, il aime l'autorité et le pouvoir.

Il change les ministères sans vraie nécessité et dissout la Chambre, par caprice.

"Qui commande doit trouver son bonheur dans le commandement" a écrit Goethe dans Faust.

Lui est un homme heureux.

 Il est entouré pourtant de coteries de moins en moins dévouées,  souvent très opposées et de plus en plus impatientes. 

Pour faire court: celles d'Attal, de Wauquiez, de Bayrou, de Hollande, de Faure et d'autres encore. Toutes davantage préoccupées d'elles-mêmes que du sort de la France.

Pendant ce temps, les jacqueries se multiplient, on menace les inspections agricoles, on diffuse des fausses nouvelles car les moyens nouveaux le permettent considérablement. Depuis Louis XVI, l'homme n'a pas progressé hélas. 

Pendant ce temps la femme du président se montre aux défilés de mode et s'affiche sur les vitrines des kiosques au côté d'un grand couturier. 

Avisant tout cela il en est deux qui, enthousiastes, chacun à l'opposé de l'autre mais les deux n'aimant guère la démocratie, sentant venir le succès, tirent à chaque bout de la corde qui s'effiloche, espérant qu'elle cassera à leur profit. 

On souhaite que cela n'advienne pas. 

Comparaison n'est pas raison... dit-on.