lundi 28 octobre 2024

 



                                                                           


                                     Quand la mousse sort du verre


Monsieur le Directeur général,


Permettrez-vous qu'en vertu de mon grand âge, de ma longue expérience à côté des entreprises, et malgré la modestie de ma carrière au regard de la vôtre, je prenne la liberté de vous donner quelque conseil.

Ils n'altèrent pas ce que j'avais écrit à votre sujet le 29 avril dernier.

Il faut d'abord que je vous raconte.

Il se trouve que ma voiture une 3008 Peugeot m'a été empruntée le 25 juin dernier et que l'emprunteur, anonyme, n'a pas pensé à me la rendre. 

Une fois le délai de viduité de 30 jours passé, soit le 26 juillet, j'ai pu acheter une nouvelle voiture. Stellantis met à ma disposition une 2008 hybrid non rechargeable sur laquelle j'avais jeté mon dévolu. 

Toutefois, s'agissant d'une voiture dite "de direction",  vos collaborateurs ne pouvaient pas me la vendre avant un délai de 10 jours. Dont acte. On me la prêta donc.

Me voilà ce faisant au volant de ma future nouvelle voiture. 

Pour peu de temps hélas car figurez-vous, Monsieur le Directeur général, qu'au quatre-cent- soixante-deuxième kilomètre la 2008 refusa de démarrer. 

Diagnostic: la boîte de vitesse ne fonctionne plus. 

- Le démarreur, me dit l'aimable mécanicien, ne sachant pas si vous êtes au point mort, refuse d'exercer son office. 

Voilà qui est logique.

- Combien de temps faudra-t-il pour la réparer ? 

- Hélas Monsieur, un temps non déterminé.

- Un mois?

- Davantage sans doute. Nous avons des cas ...

Suspension célinienne.

Comme nous devons partir en voyage, ma femme me convainc: sa vieille golf fera l'affaire. 12 ans d'âge et toutes se facultés. 

Eh bien, Monsieur le Directeur général,  la golf nous a conduit vaillamment en Allemagne du nord puis dans notre périple hanséatique pendant 5000 kms. Ma femme ne veut pas changer de voiture;  je la comprends.

De retour, la 2008 étant vôtre et ne m'y sentant plus à l'aise je me suis enquis de la possibilité de la troquer contre une 308.

Vos équipes sont gentilles et prévenantes, de sorte que l'on me dit: 

- Évidemment, Monsieur,  cela ne pose pas de problème.

Je passe donc commande, le 7 septembre, d'une 308 hybrid non rechargeable. La voiture étant disponible, livraison est prévue pour le 17 du même mois.

En attendant votre groupe me prête une autre voiture.

Tout va bien.

Le 17 arrive, pas de 308.

Le 25 pas de 308. En revanche, je reçois la carte grise.

Octobre arrive, toujours pas de voiture.

Un peu agacé, je me renseigne. Quelqu'un d'aimable s'assoit devant un écran et, après quelques recherches, trouve la vilaine absente. 

- Votre voiture est bien fabriquée, Monsieur.

- Voilà qui est bien.

- Elle a été vérifiée. 

- Voilà qui est parfait.

-Seulement pour qu'elle soit livrée, il faut qu'un "8" soit disponible.

(Un "8" est, si j'ai bien compris, un camion de transport de voitures à double plateau: 4 en bas, 4 en haut.)

- Et de "8" pour livrer votre voiture, Monsieur, on n'en pas de disponible pour le moment. Donc votre voiture est parquée du côté de Rennes.

Mais vous pouvez garder bien entendu la voiture que nous vous avons prêtée.

Je la garde donc, craignant à chaque tour de roue d'abimer un véhicule qui ne m'appartient pas.

Et puis la délivrance arrive.

- Votre voiture arrivera demain, Monsieur.

- Merveille m'exclamai-je !

- C'est à dire qu'il y a un problème, votre voiture fait l'objet d'une campagne de rappel.

- Pouvez-vous me redire, mon ouïe baisse ? M'avez-vous bien dit que ma voiture neuve, qui n'a pas roulé un seul kilomètre,  connaît déjà des problèmes ?

-  Possiblement Monsieur. Nous sommes désolés et savons  bien que vous avez eu des ennuis avec une 2008 neuve , mais mieux vaut vérifier avant que vous preniez livraison de votre 308. 

J'ai enfin pris livraison de la voiture dont on m'a assuré qu'elle avait été vérifiée.

Dans la boîte à gants, j'ai mis une boîte de cierges.

Je veux toutefois vous rassurer: mes premiers 500 kms se sont fort bien passés. C'est une voiture agréable et comme on me l'avait annoncé, elle consomme très peu d'essence.


Ceci raconté j'en viens à l'objet de mon insolence.

Je crois comprendre vos contraintes; elle sont énormes. La Chine qui fabrique des voitures subventionnées et inonde nos marchés, les normes européennes qui changent au gré du vent, etc.etc. Vous les avez très bien dites, ces contraintes, dans une interview éclairante au journal Les Echos, le 13 octobre..

La pression est énorme. 

Les marchés vous surveillent.

Votre conseil d'administration qui vous adulait commence  à durcir le regard. Que voulez-vous les Groupes n'ont pas d'âme.

Mais, justement! Raison de plus!

 Au moment où les choses deviennent difficiles il faut très particulièrement veiller à vos équipes et à vos fournisseurs.

Quand les gens n'y arrivent plus, que la pression est trop forte ils trouvent le moyen d'en évacuer un peu.  Ils vont à la vitesse que vous exigez mais prennent des raccourcis qui s'appellent  contournement des procédures de contrôle, baisse de la qualité, mise en place d'économies inopportunes , attention insuffisante à la satisfaction du client. 

"Parce que tout simplement, on n'a pas le temps et que l'on en peut plus"

Regardez derrière vous, l'histoire des entreprises, automobiles notamment,  en est pleine.

Alors voilà mon conseil  Monsieur le Directeur général, bien osé j'en conviens:

 Veillez à mesurer la pression que vous mettez sur les salariés de votre Groupe  et  sur ses partenaires, fournisseurs notamment, car à force de trop de pression la mousse emplira tout le verre, puis en débordera. Les clients pourraient bien aller boire ailleurs. 

Alors, tout ce que vous aurez sauvé et que j'ai salué le 29 avril n'aura servi à rien. Ce serait bien triste.


    

lundi 21 octobre 2024

 



                                       L'Europe, combien de dirigeants ?


En 1935, alors que Laval demandait à Staline de respecter les libertés religieuses - venant de Laval cela est tristement savoureux- et de faire un geste envers le Vatican, Staline lui aurait répondu : "Le pape, combien de divisions ? " (Frédéric Le Moal: Les divisions du pape). Il aurait dit la même chose à Churchill plus tard, à Yalta.

On lui parlerait de l'Europe aujourd'hui, ce criminel psychopathe   demanderait sans doute: L'Europe combien de dirigeants ?

La réponse est dans la question camarade: "Il y a en a trop c'est à dire qu'il n'y en a pas".

C'est exactement ce que pense Poutine, c'est exactement ce que pense Xi, c'est exactement ce que pense Trump.

Si l'on veut être juste c'est exactement ce que pensent, sans doute, la plupart des dirigeants du monde. 

L'Europe a été une grande ambition, puis un début de réalité. Au regard du monde, elle est devenue un concept. Le Général aurait dit un  Volapük , en d'autres termes une tour de Babel dans laquelle chacun parle sa langue et joue sa partie, qui est rarement celle des autres.

27 membres. 27 droits de veto.

Alors que rarement dans l'histoire, le danger est à ce point venu souffler sur sa nuque, en matière de géopolitique l'Europe n'existe pas.

Sylvie Kauffmann à publié un article dans Le Monde daté du 17 octobre intitulé: "L'Europe au défi d'une victoire de Trump." Article remarquable, une fois de plus.

En substance, si Trump  gagne - ce n'est pas improbable, hélas- il imposera la paix à l'Ukraine par l'arrêt du soutien militaire que les USA lui prodiguent.  L'Europe étant incapable de suppléer les USA, l'Ukraine alors incapable de faire face, sera contrainte de négocier dos au mur, aux conditions de Poutine qui veut en faire un pays neutre, donc isolé, donc dépouillé de sa capacité à rejoindre l'Alliance Atlantique. 

Et dans cette affaire, soutient Madame Kauffmann,  personne ne demandera l'avis de l'Europe parce que précisément, l'Europe ne compte plus. Cela se passera entre Poutine et Trump. Point barre!

On n'attend rien de Trump. En revanche de Kamela Harris, oui. Or si elle gagne, écrit-elle,  la présidente américaine ne négociera pas la paix sans mettre l'Ukraine autour de la table, au contraire de Trump. Elle l'a déclaré. Mais d'Europe ?  Elle n'en a pas parlé.

C'est pourtant de nous aussi qu'il s'agit, la menace Poutine n'est pas nouvelle.

Les Etats-Unis ne sont pas menacés dans cette histoire, nous si.

Mais voilà! Faute de vision, d'unité, de courage, et faute d'ambition supérieure à autre chose que la réélection de ceux qui sont en charge d'eux-mêmes , le concept palabre.

Pendant ce temps, les dictateurs rigolent. 

Alors allez-vous me dire, "Une fois que vous avez dit cela..."

Vous avez raison, une fois que j'ai dit cela je n'ai rien dit. Hors ma tristesse devant tant d'inconsistance et d'inconscience. 


"The apprentice", est un biopic réussi consacré à Trump.

 L'homme était prédestiné à devenir une ordure, il deviendra une ordure. Il a appris à l'être avec délice. C'en est devenu une, intégralement. Observez sa campagne, le caniveau est beaucoup trop haut, il se vautre dans les égouts. 

Il pourrait bien gagner pourtant. Car ça plait, les égouts. 

Si par malheur, cela advenait, verdict le 5 novembre, nous pourrions dire alors, avec Woody Allen, que je cite à nouveau et pourrais citer chaque semaine devant les malheurs du monde: 

"Si Dieu existe, j'espère qu'il a une bonne excuse".







lundi 14 octobre 2024

 



                                          Vous avez quatre heures.

Il y a quelques jours alors qu'il pleuvait sans discontinuer sur la France, un ami plus que cher, m'a adressé ceci:

                    " La pluie assèche-t-elle nos âmes"

                            Vous avez quatre heures.


Alors je m'y suis mis.

Le 24 février 2022 un orage de Russes tombait sur l'Ukraine. Depuis, chaque jour, il pleut des bombes et des morts sur ce pays innocent à l'histoire tragique. L'hiver arrive, les bombes et les roquettes accompagneront la neige. 

Le 7 octobre 2023 un orage de barbares a massacré près de 1200 israéliens dont plus de 800 civils et fait 250 otages. Depuis, Israel riposte au-delà de la riposte, tuant selon l'UNICEF plus de 40.000 civils dont près de 15.000 enfants. Les missiles pleuvent, de part et d'autre, le sol est inondé de cadavres. 

Au Venezuela, en Tunisie, et dans tant et tant de pays, des dictateurs aux petits pieds, des généraux véreux, s'enrichissent et capturent la démocratie. Il pleut sur leurs prisons, inondées de prisonniers politiques.

Où que l'on regarde, les extrêmes progressent pour, pays après pays, atteindre le pouvoir. Pleut alors discrètement d'abord, plus franchement ensuite, la censure de la justice, de l'information, des lettres et des arts.  Et nous de nous dire, pourvu que Trump n'y parvienne pas. Car les Etats-Unis, tout de même, ce n'est pas la Venezuela.

"Il est des fauteuils qui définissent ceux qui sont assis dessus" (Proust: Sodome et Gomorrhe)

On se consolerait presque de la situation de la France, où après tant de légèreté, l'indispensable rigueur fera pleuvoir des larmes.


Alors, les coeurs de ceux qui restent ou qui survivent, ou qui s'estiment simplement abandonnés ou méprisés s'assèchent et s'assèchent encore puis se durcissent. 

A la fin si cela dure, les âmes qui s'y nourrissent, desséchées elles-mêmes finiront par périr.


Foutu dérèglement climatique !










lundi 7 octobre 2024

 

                                  


                                  Les Salauds !


Alors qu'allant vers Paris je m'apprêtais à entrer sur l'autoroute de l'ouest, j'ai vu, collée sur un bloc de chantier en béton une affiche sur laquelle était dessinée le visage d'une jeune fille, les joues pleines, coiffée d'une queue de cheval et pourtant un t-shirt rayé. Sur ses épaules, de fines bretelles. 

En dessous:

                                    Philippine 19 ans                                

                                        TUÉE PAR

                                UN MIGRANT

En petits caractères

                                                    MAROCAIN SOUS OQTF

                                                DÉJA CONDAMNÉ POUR VIOL


Les caractères,  la composition de l'affiche ont été pensés et réalisés pour que l'on ne voie que le dessin et  "TUÉE PAR UN MIGRANT"

Cette affiche a été pensée et réalisée pour créer l'amalgame c'est à dire pour que "le passant qui passe" se dise "l'immigré est un violeur".

 Les arabes, les noirs  - excusez-moi eux disent les nègres-,  ceux qu'on ne sait pas nommer comme ça, à première vue,  des afghans qui ont fui les talibans, ou des syriens qui fuient Assad par exemple; tous ceux-là ?  Des violeurs!

L'éboueur noir qui erre l'après-midi dans son quartier après avoir assuré son service de 5 heures du matin à l'heure du déjeuner: un violeur!

L'ouvrier noir qui tôt le matin, quelle que soit la température , creuse les tranchées dans Paris et se repose après en marchant lui aussi dans son quartier: un violeur!

Le sri-lankais qui fait la plonge jusqu'à la fermeture du restaurant puis rentre tard, la nuit, dans son foyer: un violeur!

Alors   je voudrais bien savoir qui est le salaud qui a eu cette idée ignominieuse.

Je voudrais bien savoir qui est le salaud qui a fait le dessin.

je voudrais bien savoir qui est le salaud qui a écrit le texte.

Je voudrais bien savoir qui est le salaud qui l'a composé.

Je voudrais bien savoir qui est le salaud qui l'a imprimé.

Je voudrais bien savoir qui sont les salauds qui en cachette,  la nuit, sont allés coller ces affiches tellement semblables à celles qui dans un passé pas si lointain en dénonçaient d'autres.  

Je voudrais bien savoir qui sont les charognes qui pour servir leur détestable besogne ont accaparé la souffrance d'une mère, d'un père et de ce qui leur reste d'enfants, tous admirables de dignité, et qui souffrent dans le silence. 

Monsieur le ministre de l'intérieur, à la suite de ce drame vous avez déclaré être "favorable à faire évoluer l'arsenal juridique pour protéger les français."

Faire évoluer l'arsenal juridique, peut-être est-ce nécessaire. 

Ajouter "pour protéger les français" c'est commencer d'écrire le scénario de l'affiche détestable.

Vous vous revendiquez du catholicisme.

 Alors relisez les Évangiles. Je les ai lus, plusieurs fois. Nous n'avons pas compris la même chose, manifestement. 

Si vous n'êtes pas assez intelligent pour concilier la foi que vous revendiquez et votre fonction, alors laissez la place.



lundi 30 septembre 2024

 



                                                    C'est pour nous faire rire



Sortant d'une semaine agitée, loin de Paris, sans grande connexion internet, revenu, je fais court. 


Comme on pouvait le craindre, ça commence.

Chacun y va de sa petite partition.

Monsieur Retailleau, réagissant au crime commis par un violeur  marocain,- il y en a aussi au Maroc- ,  faisant l'objet d'une OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) dit  vouloir mener une politique de sécurité  à la droite des Républicains qui n'est pas forcément d'ailleurs à la gauche du front national. 

Evidemment cela réagit du côté de ceux qui chez les "macronistes" ne se sont pas engagés pour cela. Le garde des sceaux est d'ailleurs moins péremptoire.

Monsieur Barnier annonce qu'outre les efforts demandés aux français, il va falloir augmenter certains impôts, tiens donc. Et ça rouspète chez ceux qui, dans l'espèce de coalition actuelle, y sont opposés. A l'intérieur du gouvernement, tout le monde ne sera pas d'accord.

C'est pourquoi sans doute, en prévision de la cacophonie,  le Premier ministre a nommé une ministre déléguée auprès de lui, chargée de la coordination gouvernementale. Étonnante innovation dans un monde étonnant, il est vrai.

Je profite de ce couplet sur la fiscalité, pour répondre à certains d'entre vous  qui directement, le plus souvent,  m'ont dit ou écrit ne pas partager le contenu de mon article. 

Je veux d'abord les remercier pour l'intérêt qu'ils portent à Croque-notes. Cela me touche et m'honore. 

Je vais reproduire ici un extrait de la réponse que j'ai faite à l'un d'entre eux, homme de grand talent, qui m'avait écrit la liste des actions à conduire si l'on voulait redresser le pays. Cette liste  comprenait notamment la fin des fêtes carillonnées chômées:

"Je partage beaucoup de vos idées, pas toutes,  ...et me rappelle notamment avoir un jour dit à un délégué CGT qui m'agaçait « Vous bouffez du curé tous les matins au petit-déjeuner mais adorez les fêtes carillonnées que vous chômez avec enthousiasme »...
Il reste que ces réformes ne peuvent, de mon point de vue, être mises en oeuvre que par un président et un gouvernement légitimes, bénéficiant de la durée et d’une majorité solide. 
.....
Reste que d’ici là il faut faire baisser la température, car la cocotte est au bord de l'explosion. 

C’est ce que je propose.

Très cordialement,

Cet homme éminent m'a paru approuver.

Précisons que depuis mon article d'il y a simplement huit jours, l'estimation du déficit budgétaire pour 2024 a été portée de 5,6 à 6% du PIB. La bagatelle de plus de 11 milliards.


Pendant ce temps, madame Macron assiste au défilé de rentrée chez Dior.

L'apprenant, je  pense à cette adresse que l'on devine rageuse  de Tocqueville en 1848, dans son discours à l'Assemblée à propos de la classe ouvrière:

"Ne voyez-vous pas que leurs passions, de politiques sont devenues sociales!"

Madame Macron s'en moque.  À moins que, comme à propos de son mari, on peut avec Drieu La Rochelle dans Gilles dire  "son incurable incapacité à mordre à la réalité, lui donnait l'illusion d'être un esprit rare". 

                                               XXXXX

Mais ne désespérez pas amis lecteurs.

Car grâce à Dieu, Ségolène est là pour nous ouvrir les yeux et comme dit le cantique "pour nous sauver"

Comme on lui demandait sur Franceinfo pourquoi, à son avis, Michel Barnier ne l'avait pas  appelée sa réponse fut "parce que je suis une femme, c'est évident".

Les 19 ministres, ministres déléguées et secrétaires d'État  femmes du gouvernement Barnier  sont donc "transgenres". Sans Ségolène, nous ne l'aurions pas su.  Quelle femme!

Alors que je me demandais pourquoi la dame était si souvent invitée à délivrer sur les ondes sa pensée lumineuse, m'est venue cette réponse: 

"C'est pour nous faire rire".

Nous en avons bien besoin, il est vrai.

                                                   




mardi 24 septembre 2024

 


                                    Croyez-vous que cela m'amuse?


Eh bien nous y voilà, nous avons un gouvernement, et cela ne va pas être simple, tant la gouvernance du pays est dégradée. Monsieur Macron a inventé le concept d'Instabilité ministérielle sous la Vème république.

Jugez donc, depuis 2022:

Le ministère de la santé - "grande cause nationale"-connaît son 6ème titulaire; durée arithmétique moyenne en poste: 4 mois et demie.

Celui de l'éducation nationale "grande cause nationale" son 5ème; durée 5 mois et demie.

Celui du logement "grande cause nationale" 4ème; durée 6 mois 3/4

Celui des comptes publics"grande cause nationale" son 3ème; durée 9 mois

Que des ministères en charge de la vie des français.

Comment voulez-vous que la France aille bien!

Et vous voilà donc, Monsieur le Premier ministre avec une équipe de novices, pour l'essentiel, devant un mur de problèmes. 


 La situation économique de la France est préoccupante: croissance faible , environnement proche incertain,  avec:

 - une Allemagne, notre principal partenaire, en panne, gouvernée (gouvernée ?) par un chancelier buté et chafouin, 

- une Europe divisée sur l'essentiel peu disposée à s'unir pour mener une politique de financements communs des grands enjeux industriels et climatiques auxquels elle est confrontée.

-  une Europe peu disposée, aussi,  à faire des cadeaux à un président arrogant.

 La situation budgétaire est catastrophique avec un déficit public de 5,6% du PIB en 2024 et possiblement supérieur à 6% en 2025.

Enfin une dette publique représentant plus de  110% du PIB.


Face à cela , la France est confrontée à des enjeux considérables:

- 100 milliards à investir dans les 10 années à venir pour financer la transition écologique.

- Face aux menaces à nos portes, la nécessaire poursuite de l'investissement dans notre défense

- Un système de santé public en grande tension.

- Les 2/3 des EPHAD au bord de la cessation de paiement.

- Le secteur du logement en crise, avec une construction en berne et des français qui,  compte tenu du niveau des prix et malgré leur baisse, fort relative au demeurant, ont de plus en plus de mal à acquérir un logement.

- Des PME en difficulté, avec un nombre de défaillances d'entreprises en progression de plus de 30% en 2023 et restant à un niveau élevé en 2024..

- L'éducation en difficulté dans les banlieues, les zones périphériques, les villages et la bourgs..

Etc. etc.

Ajouterais-je aussi,  que la France avec  66 millions d'habitants et un PIB de 2.800 milliards compte 35.000 communes quand l'Allemagne 84 millions d'habitants  et un PIB de 4.120 milliards n'en compte "que" 11.000. 

Pour la France, cela fait des routes , des écoles, des bureaux de poste et des facteurs,  des réseaux pour le tout-à-l'égout, le gaz et l'électricité,  des besoins de maisons de santé, de maternité,  etc. etc..., tout cela en plus

L'Everest, vous écrivais-je la semaine passée. Oui, avec sur le dos un sac chargé de lourdes pierres

Alors que faire ?

 Surtout pas d'augmentation des impôts entends-je, c'est une ligne rouge.

A 48% du PIB, la  France a le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé des pays comparables de l'OCDE.

C'est vrai et ce n'est pas glorieux.

Mais, pour dire vrai, dans l'absolu, cela ne veut pas dire grand chose, quant à la ligne rouge c'est une posture idiote.

Cela ne veut pas dire grand chose car il faut comparer les données à structures comparables, à organisations territoriales comparables ,à systèmes de protection sociale comparable et regarder ce qu'il reste dans la poche des citoyens une fois qu'ils ont payé et cotisé que ce soit dans un système public ou privé. Or on n'a pas encore entendu que je sache,  les français demander qu'on raye 10.000 villages de la carte et qu'on remette en cause la sécurité sociale pour tous.

C'est une posture idiote car nous sommes à un moment où il faudra bien que la raison et l'équité remplace les slogans.

La quasi-totalité des économistes pense que diminuer le déficit budgétaire actuel, en n'agissant que sur les dépenses, entraînera une récession. J'ajoute qu'elle sera accompagnée des graves troubles sociaux dont rêvent Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.

 Le gouverneur de la Banque de France qui n'est pas,  loin s'en faut, un défenseur des prélèvements fiscaux, vient de déclarer que la France doit améliorer ses comptes publics de 20 milliards chaque année pendant 5 ans. Il préconise 1/3 par l'impôt - soit près de 7 milliards, et 2/3, soit 13 milliards par la diminution des dépenses.

Ceci,  "toutes choses égales par ailleurs", c'est à dire sans crise. Or il y aura des crises, je le crains.

Ne comptez pas sur moi pour jouer les économistes de bazar, il y en a assez, mais en revanche, comptez sur moi pour dire que je dois contribuer à l'effort.

Ne croyez pas que cela m'amuse, mais enfin: 

Instaurer  de nouveau, pendant un temps, une fiscalité de solidarité intelligente sur le capital financier, ce n'est tout de même pas confisquer. 

C'est demander à ceux qui ont un patrimoine significatif  - pas les riches de ce pauvre François Hollande qui affirmait en 2011 qu'on était riche quand on gagnait 4000 € par mois-.  Mettons la base d'imposition à l'IFI réévaluée pour inclure sous une forme et des pourcentages à déterminer tout ou partie des actifs financiers, exonérés depuis 2017.

 Cette contribution au redressement national sera  demandée aux fonctionnaires, aux agences de l'Etat, aux association subventionnées, aux salariés et aux entreprises. 

Elle sera demandée à celles et ceux qui bénéficient des aides aux logement, des aides au maintien à domicile, aux étudiants possiblement aussi. A tant d'autres encore. 

Et l'on voudrait, en vertu d'une posture purement politicienne, que dans cette effort de la nation, ceux qui ont, n'y participent pas ? 

Il faut évidemment, faire cela intelligemment.

La contribution n'est pas la spoliation et je ne suis pas favorable à la taxation des seuls ultra-riches. C'est quoi d'ailleurs un ultra-riche, ça se définit à partir de combien et relativement à qui ? Je n'y suis pas favorable même si je déteste et méprise l'étalage de  indécent de richesse dont certains font montre,  car le faire c'est désigner. Les désignations, on sait comment ça se termine.

La contribution ne doit pas aboutir non plus à l'affaiblissement des actionnaires familiaux qui provoquerait immanquablement la vente de leurs entreprises à des fonds qui n'ont pas d'âme et ne demandent que cela.

J'avais écrit le 22 juillet le mal que je pensais de la suppression de l'ISF; il est temps de revoir et corriger les choses.

Oh je le sais bien. Certains penserons, à juste titre,  qu'une telle politique nécessite la durée et que le gouvernement n'en a pas, qu'il lui faut aussi s'appuyer sur une légitimité indiscutable et que le gouvernement en a guère.

Ce que je souhaite, ne pénalisera ni la consommation, ni la croissance, ni l'investissement. En d'autres termes, si cela marche tant mieux et  si cela ne marche pas, eh bien les ayants auront un petit peu moins. 

Mais on aura tenté quelque chose et peut-être renforcé le nécessaire sentiment de solidarité nationale.

Alors oui, ça ne m'amuse pas, mais j'espère bien qu'on me fera mettre la main à la poche.

                                                
















lundi 16 septembre 2024

 



                       Je ne sais comment vous dire.

    


Je ne sais comment vous dire le sentiment d'émerveillement et de terreur mêlés ressenti à la lecture du livre exceptionnel, le deuxième, de Gaël Faye.

Après Petit Pays en 2016 - roman autobiographie d'un enfant métis qui voit monter et vit les périls puis le génocide au Rwanda-  ce jeune homme si talentueux, vient de publier chez Grasset, Jacaranda.

C'est l'histoire d'un garçon, Milan, fils d'un français admirateur de Kundera et d'une rwandaise, Valencia, qui a quitté son pays il y a vingt-cinq ans.  Il raconte et se raconte, depuis sa prime enfance jusqu'à l'âge adulte. 


Allers-retours de Versailles à Kigali.

Ses parents adoptent un enfant venu de là-bas, avec un trou dans la tête, après les massacres. Il en fait son frère, lui qui n'en a pas.

Puis il y va dans ce pays, avec sa mère. " Pour la première fois j'éprouvais soudain le trouble de mes origines"  et découvre que cet enfant adopté qui était reparti n'était pas un enfant adopté et n'était pas le frère qu'il s'était fait.

Alors là-bas, dans ce pays lointain, dans le pays de sa mère  Valencia qui se tait, d'Eusébie cette amie d'enfance perdue depuis vingt-cinq ans, qui se tait elle aussi,  de ce frère qui ne l'était pas, de cette enfant qui retrouve l'âme des siens sur la plus haute branche du jacaranda devant sa maison,  il y a une histoire.

L'histoire de l'innommable, de la douleur qui se transmet sans se dire. Et l'impossible oubli, et sa nécessité pourtant. 

"La nuit, ils buvaient jusqu'à la folie, ... pour écoper leur tristesse et faire taire les souvenirs qui perturbaient leurs consciences. La conscience des bourreaux, la conscience des victimes. La conscience d'un peuple inguérissable."  

Et malgré tout, la beauté possible des âmes et la possibilité du pardon. 

Lisant la description par Eusébie des massacres auxquels elle avait échappé me revenait L'espèce humaine, livre fondamental que Robert Antelme  avait écrit sur son expérience dans les camps. Horreur différente. Même horreur.

Lisant le narrateur racontant la mort de sa mère , lui tenant la main sur son lit d'hôpital et récitant à sa demande le "Je vous salue Marie" auquel il ne croyait plus, ému, et pensant à un passé proche, les larmes me sont venues.

Et pendant ce temps, on continue de canarder, de bombarder, de "missiler".

Et pendant ce temps Trump, Mélenchon, Le Pen et tant d'autres, poussent à la haine et au rejet au seul motif  de leur obscène obsession du pouvoir.


Lisez Gaël Faye et continuez de croire que l'espèce humaine est  capable de faire le bien. Aussi . Malgré eux.

Et puis,  espérez avec moi que ce livre magnifique sera primé.


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Ce sera tout pour aujourd'hui. Le reste ma foi...