lundi 25 novembre 2024

 




                                Comment ça se juge, ça ?


Dites-moi, c'est quoi la différence entre celui qui vient une fois, deux fois , trois fois ou six fois  violer une femme sédatée, devant son mari qui filme ? 

C'est quoi la peine pour celui qui est revenu une seule fois ?

Pour celui qui est revenu trois fois ou six fois ?

C'est quoi la différence, en années de prison ?

Est-ce que trois est moins horrible que six ?

C'est quoi la peine pour le monstre en chef, le cinéaste pervers, l'organisateur du bal des violeurs, qui a avoué avoir lui-même violé  sa femme endormie, 3 ou 4 fois par semaine quand les autres n'étaient pas là.

Madame Pelicot a été sédatée. Elle était donc incapable de manifester ou d'exprimer quoi que ce soit. 

Qu'elle ne puisse rien dire, qu'elle ne puisse rien faire d'autre que subir sans conscience, c'est ce qu'ils voulaient. 

C'est un fait aggravant d'un crime déjà considérable. Les monstres risquent donc 20 ans de prison. 

Seulement. 


Les juges professionnels de la Cour criminelle du Vaucluse, ont sur leurs épaules une  charge considérable;  car de leur jugement et de ses motivations naîtra peut-être, on l'espère,  le début du recul de la culture du viol.

S'agissant des violeurs, bien sûr qu'ils doivent être défendus. 

Mais dites-moi, c'est quoi la tolérance que l'on accorde à une avocate qui, pour défendre les monstres, attaque la victime? Est-ce que tout est permis quand on porte la robe ?

Il est des moments où l'on a des idées barbares, où l'on se prend à souhaiter que l'avocate soit radiée et que le viol soit puni par le viol.

Mais il ne le faut pas, évidemment.

Dans Artifices, Claire Berest a écrit"Il faut bien de la démocratie pour passer tant de temps à sonder un homme qui a reconnu un jour qu'il a tué sa femme."

Dominique Pelicot et ses associés dans l'immonde ont fait pire, bien pire. Ils ont massacré une femme dont le courage et la dignité émerveillent, et ils ont massacré ses enfants.

Pelicot a déclaré, "je vais mourir comme un chien"

J'espère bien que non; ce serait trop doux.


 




lundi 18 novembre 2024

 


                                                  Un sourire jusqu'aux oreilles



L'académie Goncourt a couronné un grand livre; cela lui arrive: Houris de l'écrivain algérien Kamel Daoud, publié chez Gallimard.

En 2013,  Kamel Daoud avait obtenu le Goncourt du premier roman  pour "Meursault, contre-enquête").


Je vais tâcher de faire court, ce n'est pas si simple, tant il est difficile de parler en quelques lignes de ce livre si dense, si plein d'humanité et, ce qui ne gâche rien, si bien écrit.

En Algérie, le 31 décembre 1999,  dernier jour de la guerre civile,  des barbares barbus envahissent une ferme et égorgent tout ce qu'ils trouvent: hommes, femmes et enfants. 

Cette nuit-là , ici et ailleurs, il y aura mille morts.

Sous une couverture, une fillette de cinq ans est égorgée, comme sa sœur contre laquelle elle tentait de dormir, par terre, sous une couverture. Tout le monde meurt sauf elle qui en réchappe, la tête presque séparée de son petit corps. "Loupée" en quelque sorte. Il lui restera son nouveau sourire; il va d'une oreille à l'autre. Mais, cordes vocales tranchées, elle ne peut parler.

Trouvée le lendemain, 1er janvier 2000, rescapée, sauvée,  elle est adoptée par une avocate anxieuse et aimante qui lui donnera le nom de Fajr, Aube en français. 

Ce livre est l'histoire de l'Algérie  et des femmes algériennes, racontée par cette enfant, vingt ans plus tard.

 Ce livre est l'histoire de l'obscurantisme, de la barbarie et de l'oubli. 

Ce livre c'est tout cela dit par Aube de sa "voix intérieure",  au foetus qu'elle porte - une fille elle en est convaincue, il le faut d'ailleurs-. Elle l'appelle Houri. Dans le Coran les houris sont des très belles femmes promises dans le paradis aux musulmans fidèles. Voilà les choses annoncées: la femme est livrée à l'homme c'est son destin. 

Sur terre dans tous les cas, c'est l'enfer. Aube dit à Houri à propos des hommes: "Dieu leur conseille de se laver le corps après avoir étreint nos corps interdits à la lumière du jour. Ils appellent ça"la grande ablution" car nous sommes la grande salissure. Que veux-tu lui dit-elle "toutes les femmes sont comme moi, ...C'est ça être femme ici; le veux-tu vraiment ?"

"Une femme a droit à la moitié de l'héritage d'un homme selon la loi de Dieu, dans ce pays"

"pourquoi ce Dieu nous hait-il tant, qu'avons-nous fait pour le mettre en colère depuis trois mille ans ?"

Aube décide alors d'emmener Houri voir le théâtre de son enfance avortée, de parler à l'âme de sa sœur morte,  puis après, d'avaler les 3 pilules qu'un médecin lui a données pour qu'elle puisse "éjecter" si elle le souhaite.  La scène de la consultation dans le cabinet du gynécologue est saisissante. 

Agressée en chemin , elle  perdra sa voiture et continuera pieds nus jusqu'à ce qu'un chauffeur à moitié borgne et estropié la recueille dans son camion 

Il s'appelle Aïssa qui veut dire Jésus.

 Personnage extraordinaire, physiquement et moralement. Fils d'un intellectuel marié à une femme d'intérieur,  libraire ne sachant pas lire, "hypermnésique" il publie, transporte et livre les seuls ouvrages autorisés par les barbares à l'époque: des livres de cuisine et le Coran. 

Il se rappelle tout et demande à Aube:

 "Dis-moi un chiffre"

"Six"

"6 janvier 1997: massacre de citoyens à la cité des Oliviers à Douaouda (Tipaza): 23 morts. Parmi les victimes figurent 3 enfants et 6 femmes.

Ce chiffrage, c'est la mémoire indispensable, l'impérieuse nécessité des chiffres sans lesquels il n'y a pas de vérité. Aïssa est la mémoire bâillonnée. 

Il a perdu l'usage d'une jambe à la suite d'une attaque terroriste. Il veut raconter ce qu'il a vécu. D'ailleurs, "l'émir loup" le lui a ordonné:

" Tu vas aller partout et raconter ce que tu as vu. Je suis la colère de Dieu, sa punition." 

Alors il livre ses livres, et dit ce qu'ont fait les monstres. 

Seulement voilà, il y a eu en 2005 le "Décret de mise en œuvre de la Charte pour la paix et la réconciliation nationale »  qui dispose:

"Est puni d’un emprisonnement de trois à cinq ans et d’une amende de 250 000 à 500 000 dinars quiconque qui, par ses déclarations, ses écrits ou tout autre acte, utilise ou instrumentalise les blessures de la tragédie nationale, pour porter atteinte aux institutions de la République algérienne démocratique et populaire, fragiliser l’Etat, nuire à l’honorabilité de ses agents qui l’ont dignement servie, ou ternir l’image de l’Algérie sur le plan international. "


Alors il trouve en Aube, le témoin idéal de ce qu'ils ont fait ces barbares barbus. Il veut l'emmener à Batna, sa ville, celle de son père éditeur et libraire qui avait deux femmes, sa mère et les livres,  là où on ne veut plus l'entendre. Parce qu'Aube n'a pas besoin de raconter il suffit qu'elle montre.

"Une jambe plus courte, ça ne vaut rien face à une cicatrice au cou".

"Ma fille, tu es l'unique preuve"

 Aube poursuivra  son voyage, jusqu'à son village et là... je m'arrête.

Je vous laisse la suite extraordinaire, comme tout ce qui précède. 

Juste un mot encore pour vous dire que ce livre est un cri sur la nécessaire mémoire, sur  l'oubli forcé qui est une offense aux morts, que c'est un hommage à la femme et que Kamel Daoud, qui se met dans l'âme et dans le coeur d'Aube, parle en elle avec un talent fou et que c'est un très grand écrivain. 





lundi 11 novembre 2024

 


                                                Le Cow-boy et la Vieille Dame


Le Cow-boy entra du fond de la scène. À grand bruit.

La Vieille Dame était là, assise sur une pauvre chaise en bois jaune, un fichu sur la tête, comme pour cacher sa peur.

Lui, rouge, la mèche laquée, la cravate rouge aussi, pendante sur un ventre que l'âge et l'abus des Mac Do ne lui permettaient plus de cacher, santiags aux pieds,  brandit son doigt, bras tendu à la face à la Vieille Dame et hurla:

 "Tu vas voir la Vieille: droits de douanes, extraction du pétrole, Ukraine, fake news - au cas où tu ne saurais pas avec Musk j'ai X dans ma main-  ça va tanguer vielle idiote !" 

 Puis, emporté par sa gloire, il explosa d'un méchant rire vulgaire, lui qui pourtant ne riait jamais.


Comme si elle l'ignorait, la Vielle Dame se tourna vers la public et chanta à la manière d'une complainte :

" J'ai la France qu'est en transe,

  En Allemagne ça se castagne,

  L'Italie se raidit

  En Belgique y a rien de chic

  En Hollande c'est pas tendre,

   J'ai l'Espagne qui se soigne.

  En Hongrie c'est pourri.


  Bon Dieu qu'c'est embêtant 

  D'être toujours patraque

  Bon Dieu, qu'c'est embêtant

  De n'avoir plus d'amant"


Elle se tût, une minute, davantage peut-être. 

Puis se leva, saisit un micro caché dans les coulisses et après avoir parodié Ouvrard,  se tourna vers le ciel d'où Brel la regardait sans doute et de sa voix qui était encore belle, la Vielle Dame chanta doucement :


"Les vieux ne rêvent plus,

Leurs livres s'ensommeillent, 

Leurs pianos sont fermés.

Le petit chat est mort, le muscat du dimanche ne les fait plus chanter.

Les vieux ne bougent plus, 

Leurs gestes ont trop de rides, 

Leur monde est trop petit,

Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil,

Et puis du lit au lit"


Dans le silence le rideau se baissa. 

Le public était triste; il sortit sans un mot.


C'était presque la nuit. 




 




lundi 4 novembre 2024

 



                                                     Ça va mal finir


          C'est ainsi qu'en 2008, François Léotard, qui avait une bien belle plume, avait titré un petit livre plein de colère à peine rentrée. Le sujet: les excès du président de l'époque allaient au bout du compte renforcer l'extrême droite et l'amener au pouvoir.

Il s'est trompé sur l'imminence, pas sur la tendance.

Léotard avait écrit "J'ai voté Sarkozy et depuis je dors mal"

J'ai voté Macron et depuis quelques temps je dors très très mal. Nous sommes nombreux, sans aucun doute.

Avions-nous d'autre choix ? Cela ne console pas.

Le spectacle que nous donnent à voir les députés abêtis par la dissolution est affligeant: retournements constants, alliances contre nature et contre programmatiques, basses manoeuvres pour empêcher l'autre au prix du bureau de l'assemblée confié majoritairement au Nouveau Front Populaire, c'est à dire à Mélenchon, aussi.

Les écuries des nains ambitieux à la manoeuvre,  au prix des intérêts de la France, - voyez le cirque du projet de loi de finances. Au bout du compte la relégation possible de sa dette.

Pendant ce temps, accompagnant au Maroc une délégation de chefs d'entreprises partis signer d'importants contrats, le Président s'était entouré d'une suite nombreuse - couteuse en cette période de disette-  et baroque pour le moins. Cette suite comprenait notamment trois repris de justice, l'un pour violences volontaires, le deuxième -militant de l'islamisme politique-  pour avoir proféré des menaces de mort, le troisième pour avoir abusé - très grassement- de la vieillesse d'une vieille dame milliardaire.

Dans le Figaro, Albert Zennou titre son billet:

"Qui imagine le général de Gaulle inviter trois repris de justice lors d'une visite d'État".

Puis-je ajouter: 

" Qui imagine le Général élever Bernard Arnault à la dignité de Grand-croix dans l'ordre de la légion d'honneur  - la plus haute des dignités rien que cela !-   pour un homme qui a préféré le "plaider-coupable" à la condamnation par la justice dans l'affaire de sa tentative de s'emparer d'Hermès par des moyens frauduleux , et dont deux collaborateurs proches sont aux prises de cette même justice pour espionnage de concurrents et traffic d'influence."

Qui imagine le Général ne pas dissuader sa femme - c'est idiot elle n'aurait jamais eu cette idée Tante Yvonne- d'aller au défilé de présentation de la nouvelle collection Dior appartenant au dit Bernard Arnault".

S'agissant de madame Macron, si vous la croisez, pouvez-vous lui souffler dans l'oreille qu'en France des gens souffrent; elle ne doit pas le savoir. À moins qu'elle s'en moque.

Nous ne sommes pas les seuls à vivre des moments difficiles me direz-vous: en Allemagne le PIB recule - cela ne nous arrange pas-  et la coalition n'est d'accord sur rien -cf. mon article du 24 juin-. C'est le bazar. En Espagne cela risque de l'être bientôt. Avant d'autres.

L'Europe piétine, donc elle recule. 

La Géorgie vient d'élire un parlement  pro-russe au terme d'élections truquées, et le Président du Conseil Européen pour deux mois encore, le hongrois Viktor Orban, s'en félicite.

Que se passe-t-il ensuite ?

Rien.

La voix de la France ? Elle ne porte plus au-delà de la grille du Coq.

Pas de budget, pas de majorité de gouvernement. Même pas de majorités de projets pour paraphraser Edgar Faure.  La cavalcade des nains, un premier-ministre qui s'épuise et, à la tête de l'État, un président qui ne dirige plus rien après avoir dirigé trop. 

Ça va mal finir.



Demain, élections aux États-Unis. 

Des dizaines de millions de doigts qui se croisent, dont les miens.


Dans "Ton absence  n'est que ténèbres" l'écrivain islandais Jón Kalman Stefánsson a écrit "Dieu ignore les questions dont seul l'homme a les solutions."

Eh bien s'il existe, Dieu a tort.



   Samedi soir à Versailles, au Théâtre Montansier , bourré à craquer, soirée magnifique avec Gaël Faye pour la présentation de Jacaranda, primé cet après-midi par le Renaudot (Voir mon article du 16 septembre)

Tant d'intelligence, de talent et d'humanité. 

Du baume au coeur et de l'espoir tout de même. Un peu .










lundi 28 octobre 2024

 



                                                                           


                                     Quand la mousse sort du verre


Monsieur le Directeur général,


Permettrez-vous qu'en vertu de mon grand âge, de ma longue expérience à côté des entreprises, et malgré la modestie de ma carrière au regard de la vôtre, je prenne la liberté de vous donner quelque conseil.

Ils n'altèrent pas ce que j'avais écrit à votre sujet le 29 avril dernier.

Il faut d'abord que je vous raconte.

Il se trouve que ma voiture une 3008 Peugeot m'a été empruntée le 25 juin dernier et que l'emprunteur, anonyme, n'a pas pensé à me la rendre. 

Une fois le délai de viduité de 30 jours passé, soit le 26 juillet, j'ai pu acheter une nouvelle voiture. Stellantis met à ma disposition une 2008 hybrid non rechargeable sur laquelle j'avais jeté mon dévolu. 

Toutefois, s'agissant d'une voiture dite "de direction",  vos collaborateurs ne pouvaient pas me la vendre avant un délai de 10 jours. Dont acte. On me la prêta donc.

Me voilà ce faisant au volant de ma future nouvelle voiture. 

Pour peu de temps hélas car figurez-vous, Monsieur le Directeur général, qu'au quatre-cent- soixante-deuxième kilomètre la 2008 refusa de démarrer. 

Diagnostic: la boîte de vitesse ne fonctionne plus. 

- Le démarreur, me dit l'aimable mécanicien, ne sachant pas si vous êtes au point mort, refuse d'exercer son office. 

Voilà qui est logique.

- Combien de temps faudra-t-il pour la réparer ? 

- Hélas Monsieur, un temps non déterminé.

- Un mois?

- Davantage sans doute. Nous avons des cas ...

Suspension célinienne.

Comme nous devons partir en voyage, ma femme me convainc: sa vieille golf fera l'affaire. 12 ans d'âge et toutes se facultés. 

Eh bien, Monsieur le Directeur général,  la golf nous a conduit vaillamment en Allemagne du nord puis dans notre périple hanséatique pendant 5000 kms. Ma femme ne veut pas changer de voiture;  je la comprends.

De retour, la 2008 étant vôtre et ne m'y sentant plus à l'aise je me suis enquis de la possibilité de la troquer contre une 308.

Vos équipes sont gentilles et prévenantes, de sorte que l'on me dit: 

- Évidemment, Monsieur,  cela ne pose pas de problème.

Je passe donc commande, le 7 septembre, d'une 308 hybrid non rechargeable. La voiture étant disponible, livraison est prévue pour le 17 du même mois.

En attendant votre groupe me prête une autre voiture.

Tout va bien.

Le 17 arrive, pas de 308.

Le 25 pas de 308. En revanche, je reçois la carte grise.

Octobre arrive, toujours pas de voiture.

Un peu agacé, je me renseigne. Quelqu'un d'aimable s'assoit devant un écran et, après quelques recherches, trouve la vilaine absente. 

- Votre voiture est bien fabriquée, Monsieur.

- Voilà qui est bien.

- Elle a été vérifiée. 

- Voilà qui est parfait.

-Seulement pour qu'elle soit livrée, il faut qu'un "8" soit disponible.

(Un "8" est, si j'ai bien compris, un camion de transport de voitures à double plateau: 4 en bas, 4 en haut.)

- Et de "8" pour livrer votre voiture, Monsieur, on n'en pas de disponible pour le moment. Donc votre voiture est parquée du côté de Rennes.

Mais vous pouvez garder bien entendu la voiture que nous vous avons prêtée.

Je la garde donc, craignant à chaque tour de roue d'abimer un véhicule qui ne m'appartient pas.

Et puis la délivrance arrive.

- Votre voiture arrivera demain, Monsieur.

- Merveille m'exclamai-je !

- C'est à dire qu'il y a un problème, votre voiture fait l'objet d'une campagne de rappel.

- Pouvez-vous me redire, mon ouïe baisse ? M'avez-vous bien dit que ma voiture neuve, qui n'a pas roulé un seul kilomètre,  connaît déjà des problèmes ?

-  Possiblement Monsieur. Nous sommes désolés et savons  bien que vous avez eu des ennuis avec une 2008 neuve , mais mieux vaut vérifier avant que vous preniez livraison de votre 308. 

J'ai enfin pris livraison de la voiture dont on m'a assuré qu'elle avait été vérifiée.

Dans la boîte à gants, j'ai mis une boîte de cierges.

Je veux toutefois vous rassurer: mes premiers 500 kms se sont fort bien passés. C'est une voiture agréable et comme on me l'avait annoncé, elle consomme très peu d'essence.


Ceci raconté j'en viens à l'objet de mon insolence.

Je crois comprendre vos contraintes; elle sont énormes. La Chine qui fabrique des voitures subventionnées et inonde nos marchés, les normes européennes qui changent au gré du vent, etc.etc. Vous les avez très bien dites, ces contraintes, dans une interview éclairante au journal Les Echos, le 13 octobre..

La pression est énorme. 

Les marchés vous surveillent.

Votre conseil d'administration qui vous adulait commence  à durcir le regard. Que voulez-vous les Groupes n'ont pas d'âme.

Mais, justement! Raison de plus!

 Au moment où les choses deviennent difficiles il faut très particulièrement veiller à vos équipes et à vos fournisseurs.

Quand les gens n'y arrivent plus, que la pression est trop forte ils trouvent le moyen d'en évacuer un peu.  Ils vont à la vitesse que vous exigez mais prennent des raccourcis qui s'appellent  contournement des procédures de contrôle, baisse de la qualité, mise en place d'économies inopportunes , attention insuffisante à la satisfaction du client. 

"Parce que tout simplement, on n'a pas le temps et que l'on en peut plus"

Regardez derrière vous, l'histoire des entreprises, automobiles notamment,  en est pleine.

Alors voilà mon conseil  Monsieur le Directeur général, bien osé j'en conviens:

 Veillez à mesurer la pression que vous mettez sur les salariés de votre Groupe  et  sur ses partenaires, fournisseurs notamment, car à force de trop de pression la mousse emplira tout le verre, puis en débordera. Les clients pourraient bien aller boire ailleurs. 

Alors, tout ce que vous aurez sauvé et que j'ai salué le 29 avril n'aura servi à rien. Ce serait bien triste.


    

lundi 21 octobre 2024

 



                                       L'Europe, combien de dirigeants ?


En 1935, alors que Laval demandait à Staline de respecter les libertés religieuses - venant de Laval cela est tristement savoureux- et de faire un geste envers le Vatican, Staline lui aurait répondu : "Le pape, combien de divisions ? " (Frédéric Le Moal: Les divisions du pape). Il aurait dit la même chose à Churchill plus tard, à Yalta.

On lui parlerait de l'Europe aujourd'hui, ce criminel psychopathe   demanderait sans doute: L'Europe combien de dirigeants ?

La réponse est dans la question camarade: "Il y a en a trop c'est à dire qu'il n'y en a pas".

C'est exactement ce que pense Poutine, c'est exactement ce que pense Xi, c'est exactement ce que pense Trump.

Si l'on veut être juste c'est exactement ce que pensent, sans doute, la plupart des dirigeants du monde. 

L'Europe a été une grande ambition, puis un début de réalité. Au regard du monde, elle est devenue un concept. Le Général aurait dit un  Volapük , en d'autres termes une tour de Babel dans laquelle chacun parle sa langue et joue sa partie, qui est rarement celle des autres.

27 membres. 27 droits de veto.

Alors que rarement dans l'histoire, le danger est à ce point venu souffler sur sa nuque, en matière de géopolitique l'Europe n'existe pas.

Sylvie Kauffmann à publié un article dans Le Monde daté du 17 octobre intitulé: "L'Europe au défi d'une victoire de Trump." Article remarquable, une fois de plus.

En substance, si Trump  gagne - ce n'est pas improbable, hélas- il imposera la paix à l'Ukraine par l'arrêt du soutien militaire que les USA lui prodiguent.  L'Europe étant incapable de suppléer les USA, l'Ukraine alors incapable de faire face, sera contrainte de négocier dos au mur, aux conditions de Poutine qui veut en faire un pays neutre, donc isolé, donc dépouillé de sa capacité à rejoindre l'Alliance Atlantique. 

Et dans cette affaire, soutient Madame Kauffmann,  personne ne demandera l'avis de l'Europe parce que précisément, l'Europe ne compte plus. Cela se passera entre Poutine et Trump. Point barre!

On n'attend rien de Trump. En revanche de Kamela Harris, oui. Or si elle gagne, écrit-elle,  la présidente américaine ne négociera pas la paix sans mettre l'Ukraine autour de la table, au contraire de Trump. Elle l'a déclaré. Mais d'Europe ?  Elle n'en a pas parlé.

C'est pourtant de nous aussi qu'il s'agit, la menace Poutine n'est pas nouvelle.

Les Etats-Unis ne sont pas menacés dans cette histoire, nous si.

Mais voilà! Faute de vision, d'unité, de courage, et faute d'ambition supérieure à autre chose que la réélection de ceux qui sont en charge d'eux-mêmes , le concept palabre.

Pendant ce temps, les dictateurs rigolent. 

Alors allez-vous me dire, "Une fois que vous avez dit cela..."

Vous avez raison, une fois que j'ai dit cela je n'ai rien dit. Hors ma tristesse devant tant d'inconsistance et d'inconscience. 


"The apprentice", est un biopic réussi consacré à Trump.

 L'homme était prédestiné à devenir une ordure, il deviendra une ordure. Il a appris à l'être avec délice. C'en est devenu une, intégralement. Observez sa campagne, le caniveau est beaucoup trop haut, il se vautre dans les égouts. 

Il pourrait bien gagner pourtant. Car ça plait, les égouts. 

Si par malheur, cela advenait, verdict le 5 novembre, nous pourrions dire alors, avec Woody Allen, que je cite à nouveau et pourrais citer chaque semaine devant les malheurs du monde: 

"Si Dieu existe, j'espère qu'il a une bonne excuse".







lundi 14 octobre 2024

 



                                          Vous avez quatre heures.

Il y a quelques jours alors qu'il pleuvait sans discontinuer sur la France, un ami plus que cher, m'a adressé ceci:

                    " La pluie assèche-t-elle nos âmes"

                            Vous avez quatre heures.


Alors je m'y suis mis.

Le 24 février 2022 un orage de Russes tombait sur l'Ukraine. Depuis, chaque jour, il pleut des bombes et des morts sur ce pays innocent à l'histoire tragique. L'hiver arrive, les bombes et les roquettes accompagneront la neige. 

Le 7 octobre 2023 un orage de barbares a massacré près de 1200 israéliens dont plus de 800 civils et fait 250 otages. Depuis, Israel riposte au-delà de la riposte, tuant selon l'UNICEF plus de 40.000 civils dont près de 15.000 enfants. Les missiles pleuvent, de part et d'autre, le sol est inondé de cadavres. 

Au Venezuela, en Tunisie, et dans tant et tant de pays, des dictateurs aux petits pieds, des généraux véreux, s'enrichissent et capturent la démocratie. Il pleut sur leurs prisons, inondées de prisonniers politiques.

Où que l'on regarde, les extrêmes progressent pour, pays après pays, atteindre le pouvoir. Pleut alors discrètement d'abord, plus franchement ensuite, la censure de la justice, de l'information, des lettres et des arts.  Et nous de nous dire, pourvu que Trump n'y parvienne pas. Car les Etats-Unis, tout de même, ce n'est pas la Venezuela.

"Il est des fauteuils qui définissent ceux qui sont assis dessus" (Proust: Sodome et Gomorrhe)

On se consolerait presque de la situation de la France, où après tant de légèreté, l'indispensable rigueur fera pleuvoir des larmes.


Alors, les coeurs de ceux qui restent ou qui survivent, ou qui s'estiment simplement abandonnés ou méprisés s'assèchent et s'assèchent encore puis se durcissent. 

A la fin si cela dure, les âmes qui s'y nourrissent, desséchées elles-mêmes finiront par périr.


Foutu dérèglement climatique !