lundi 27 janvier 2025

 



                                   Hervé a bien raison.


       Voilà donc Donald Trump assis dans le bureau ovale. 

Et ça n'a pas tardé, 42 décrets:

Droits de douane, fermeture des frontières, expulsions,  amnistie des criminels qui avaient envahi le capitole, relance des forages, retrait des accords de Paris, sortie de l'Organisation Mondiale de la Santé, abandon des contraintes s'imposant aux banques en matière de régulation financière  (rappelez-vous 2008)  etc. etc. 

Tout cela au nom d'un prétendu patriotisme.  

"Les ordures savent toujours trouver refuge dans le patriotisme."

(Le Tellier: Anomalies)

Peu de temps avant, au cours d'un meeting de célébration, Elon Musk qui sera l'un sinon le personnage le plus influent de l'administration  Trump - au moins pour un temps - a fait par deux fois un salut qui ressemblait fort au salut nazi. Mettons qu'il faille mettre cette atrocité sur  le compte de la maladie d'Asperger dont il a avoué être atteint. Mais un tel type au gouvernement des Etats-Unis, tout de même! 

Sauf si, finalement, à bien y réfléchir, Trump trouve que cela au fond ... 

Cela fait froid dans le dos.

Emmanuel Macron, comme beaucoup, n'a pas été invité le 20 janvier. La tradition avant Trump était qu'assistent à l'investiture des diplomates et non des chefs d'État et de gouvernement. 

Sauf que le président d'Argentine Javier Miléi, à côté duquel les diatribes de Trump sont d'aimables bluettes était là, tout comme Madame Meloni la présidente d'extrême droite du Conseil italien.  Viktor Orban le premier ministre "illibéral" hongrois invité lui aussi, n'est pas venu. 

Pas loin Zemmour avec mademoiselle Knafo et Louis Alliot vice-président du RN. 

Que du beau monde en quelque sorte.

Les messages étaient clairs: 

- Nous voulons diviser l'Europe.

- Voyez sur qui nous nous appuierons.

Le drame, est que les dictateurs et leurs émules annoncent toujours ce qu'ils vont faire et qu'il y a toujours des optimistes pour croire qu'ils ne le feront pas.

Dans L'orgie capitaliste, livre d'entretiens que Marc Dugain a eus avec Adrien Rivière et dont je parlerai un jour peut-être,  Dugain dit à propos du peuple juif: "les optimistes ont fini à Auschwitz, les pessimistes ont fini à Hollywood". 

Il ne faut pas être optimiste, il faut être déterminé. 

 Si j'entends bien, mais à mon âge l'ouïe baisse, il semblerait que quelques dirigeants européens commencent à bouger.

Si grâce à Trump, les pays d'Europe venaient à travailler ensemble, voilà qui serait une excellente nouvelle.

 Rêvons un peu.

Pendant ce temps, en France, l'impayable Jean-Luc Mélenchon (*) assimilait Emmanuel Macron au président sud-coréen, lequel a été arrêté et condamné pour avoir instauré, motu proprio, la loi martiale dans son pays. 

Mélenchon est un homme tout en nuance, auquel il faut tout de même rappeler que la loi martiale est un état d'exception pendant lequel l'armée assure le maintien de l'ordre à la place des autorités civiles - dont la police et la justice-   et qu'elle se traduit par la suspension de la plupart des libertés fondamentales. On sait ce que les suspensions veulent dire.

Il devrait le savoir lui le thuriféraire de Castro. Lui l'ami de Maduro qui a créé des milices paramilitaires pour mâter l'opposition, celle qui n'est pas encore emprisonnée.

Je le voyais, notre valeureux Mélenchon sur une photo publiée récemment dans Les Échos, je crois.

Il avançait le visage fermé, le regard étincelant de fureur, la mine telle qu'il l'avait composée sans doute,  en tricot de corps, le matin devant son armoire à glace.

Portant une cravate rouge, la main plaquée sur l'estomac, entouré de sa garde prétorienne , chemise blanche, col ouvert, barbe de trois jours, conduite par Manuel Bompard.

Coluche aurait dit "pas tibulaire mais presque". Et j'aurais corrigé toute révérence gardée: si si, Coluche, tout à fait tibulaire!

On crie, on hurle, on insulte, on menace. Tout est bon pourvu qu'on soit un jour élu président.

Dans Le fil de l'épée, de Gaulle écrivait:

"On ne remue pas les foules autrement que par des sentiments élémentaires, de violentes images, de brutales invocations."

Hervé un ami cher, a bien raison qui m'a écrit il y a peu: "Au fond, la politique est un espace à la périphérie duquel les extrêmes se rejoignent."

Rien à ajouter.



(*) Pour celles et ceux qui sont arrivés plus tard, et n'auraient pas lu,  ils comprendront mon époustouflante admiration pour le leader en lisant ma chronique du 22 avril 2024.

 

 




lundi 20 janvier 2025


Le Renard, le Guide et l'Âne. 

Libre adaptation du Renard et le Bouc 

Fable de Monsieur Jean de La Fontaine

 

 

L’un était avocat, nerveux et fort petit,

Déterminé à vaincre et puis à présider.

L’autre était grand et rouge, son principal souci

Était de fort bien vivre sans beaucoup travailler.

Les deux étaient bourgeois, et s’étaient connus tôt,

L’un avait de l’argent, l’autre avait du culot.

 

« Mets-toi à mon service dit le Petit au Grand,

Je suis jeune c'est vrai, mais il est déjà temps,

Et tu seras, crois-moi, grandement récompensé. »

Le temps fit à l’affaire. Année après année,

Le Petit prospéra dans la sphère publique

Et le Grand le suivant, entra en politique.

Tous deux, l’un trainant l’autre, furent nommés aux affaires.

Le Petit dans un grand ministère,

Le Grand dans un petit, car en cette matière, 

La taille ne fait pas la carrière.

 

Le vieux Président faiblissant, 

Le Petit sentit bien que son heure arrivait. 

En politique dit-il, l'important est de tuer.

Il ne faut jamais perdre ne fut-ce qu'un instant.

Chaque jour, y pensait, la mousse sur le menton,

Se disant ce qu’il manque "ce sont des picaillons". 

 

Il envoya le Grand dans les sables libyens.

« Va voir le Guide, dit-il trouve donc un prétexte, 

Invente le sujet peu importe lequel,

Tu as faites des études, écris nous donc un texte.

Ce qui compte c’est l’argent car j’en ai grand besoin.

Tuer la concurrence par ma puissance de feu.

La dégoûter et submerger le jeu.

Et puis à la toute fin, arriver à l’autel ! »

 

« Dis-lui que Président, car je l’emporterai,

Le recevrai en pompe jusque dans mon palais.

Se rêvant rétabli parmi les souverains

Le sinistre sanguinaire casquera, c’est certain. »

 

Tu as peur lui dit-il ?

Ne suis-je pas ton ami ? Que dis-je, je suis ton frère!

Allez, va, ne crains rien, parole d’Évangile,

Je suis un homme sincère.

Mon cœur te protègera et puis ma force aussi. »

Notre homme part en voyage, et fait comme il est dit.


Le temps vint à passer, des mois, et des années

Un juge s’en mêla et puis d’autres en nombre,

Ils trouvèrent des choses que l’on avait cachées,

Des libyens bavardèrent étant sortis de l’ombre.


Le Petit n’était plus grand-chose, 

Et le Grand encore moins, on s’en doute et pour cause.

Ils furent donc poursuivis et vinrent au tribunal, 

Avec leurs complices, les uns derrière les autres.

Ainsi qu’au carnaval.

Ils cherchaient à paraître, mais avaient la mine pauvre.

 

Interrogé d’abord, ayant été le chef,

Le Petit se fâcha, monta sur ses ergots,

Rouge de colère il prononça ces mots :

« Comment peut-on oser, vierge comme Saint-Joseph,

 N'ai jamais fait de mal, ne vais pas dans les soutes . »

Et désignant le Grand il dit aux magistrats, « Voilà qui sait sans doute.

Questionnez-le maintenant

Moi, je suis exemplaire. »

Puis, lui tournant le dos, son chauffeur l'attendant, 

Roula vers ses affaires.

 

Le Grand, triste et perdu, le regard soudain vide, 

Se dit mais c’était tard "Mais quel âne je fais!".

Avoir vécu pour lui, et être ainsi lâché!  

Qui veut un ami fiable honnête et courageux,

Pour qui nommer "son frère" n’est pas un simple jeu,

Doit l'observer cent fois, le sonder à l'envi,

Et préserver son âme d'un si méchant ami.



lundi 13 janvier 2025



                          Le canard, le rat et le petit garçon.


"Donnez autant de pouvoir, vous aurez les mêmes vices"  Soljentsyne  L'Archipel du Goulag.


                                           XXXX

Le canard est un animal moyennement intelligent mais orgueilleux, avide de pouvoir, de sexe et d'argent. Jetez une mie de pain dans la mare, il tuerait ses congénères pour s'en emparer.  

Le rat, à l'inverse, est supérieurement intelligent. Il observe, crache et sème la peste.  Quand la maladie a blessé ou tué, il dévore. 

Dans cette histoire funeste, le rat et le canard ont fait alliance.  

Elon, après avoir manipulé, flatté et financé Donald est entré dans sa maison. L'a -t-il en estime, évidemment non. Il compte en tirer grand profit, tout simplement, et il a malheureusement raison. 

La partie va commencer le 20 janvier. 

Les deux vont s'attaquer,  aux valeurs essentielles des démocraties que sont notamment, le respect de l'autre, le souci de la vérité, la pratique de la libre concurrence et la déférence devant la justice. 

Pour se faire, ils utiliseront leurs armes qui s'appellent, manipulation de l'information, pressions sur les juges et sur les opposants, droits de douanes exorbitants et menaces sur les faibles. 

Ils ont les outils: le dollar, les réseaux sociaux, des frontières commercialement stratégiques et la puissance militaire. Ils ne s'en cachent pas.

Robert Merle écrivait dans Malevil:

" Ce qu'il y a de nauséeux chez ce type d'homme, c'est qu'on peut savoir d'avance comment son esprit va fonctionner: puisque c'est moi qui ai le bazooka, c'est moi qui fait la loi".

Donald a le bazooka. Elon fournit les roquettes.

Le petit garçon n'a pas peur. Il a décidé de parler au canard et au rat. Il les a même invités à la réouverture de Notre-Dame. Oui, le rat aussi. Que voulez-vous c'est ainsi.

Camus: La peste:

"Pour le moment, il voulait faire comme tous ceux qui avaient l'air de croire, autour de lui, que la peste peut venir et repartir sans que le coeur des hommes en soit changé".

 C'est un optimiste le petit garçon. Il est convaincu qu'il peut les retourner à son avantage. 

Il avait déjà essayé avec l'ours de Moscou. Cela n'avait pas fonctionné. Mais est-ce une raison ? 

Dans La peste encore, livre essentiel décidément, où les rats, métaphore des nazis, investissent la ville et tuent en mourant, Albert Camus écrivait:

"Je dis seulement qu'il y a sur cette terre des fléaux et des victimes et qu'il faut, dans toute la mesure du possible, refuser d'être avec les fléaux".

Le petit garçon ne veut pas être avec les fléaux; il croit simplement à la magie de son verbe qui pourtant ne porte plus.

Il serait avisé, davantage,  de ne pas jouer en solitaire et de travailler à unir la classe européenne.

Il serait bien qu'il mette, modestement si cela lui est possible, ses capacités intellectuelles et son énergie à convaincre nos alliés que ne pas être avec les fléaux est possible et que la seule magie qui tienne avec ces animaux est celle du bazooka.

L'Europe a le bazooka et les roquettes. Thierry Breton en a très bien parlé dans une interview aux Échos le 9 janvier. 

L'Europe peut le faire, il lui "suffit" d'exister.

"Suffire" c'est bien le problème.

 Mais après tout, si l'on rêvait un peu.  

"On s'aime de haïr ensemble" a écrit Cohen dans Belle du Seigneur

Alors espérons que ceux qui nous dirigent haïront ensemble suffisamment le canard et le rat et,  s'aimant davantage,  ne se laisserons pas dévorer.

On a le droit d'y croire un peu, non ?


 








 

lundi 6 janvier 2025

 




                                             Françaises, Français,

                           Mes chers compatriotes,


En 1973, 1980, 1996, 2008, 2013 et 2020, depuis le président Pompidou donc, jusqu'à Moi-même, nous avons tous évoqué lors de nos voeux "l'année difficile". Soit qu'elle l'avait été, soit qu'elle le serait.

Eh bien 2024, n'a pas été une année difficile.

2024 a été une année enthousiasmante. 

Rappelez-vous.

Les Jeux Olympiques, Léon Marchand, Antoine Dupont, Tony Estanguet -un palois comme votre nouveau premier ministre, mais  populaire- .

Rappelez-vous la réouverture de Notre-Dame de Paris.

Je veux vous dire combien Je suis fier de ces succès qui ont illuminé le monde.

Alors oui, c'est vrai,  en décidant de dissoudre l'Assemblée Nationale, J'ai fait une boulette. 

Je pensais apporter clarté et stabilité et J'ai fichu le bazar. 

Mais dites-Moi, Mes chers compatriotes, qui n'a jamais fait de boulette ?

Qui parmi les chauffeurs de taxis n'a jamais franchi un feu au moment où celui-ci passait au rouge ?

Qui parmi les plombiers-chauffagistes n'a jamais quitté son chantier en oubliant de serrer un joint ?

Quel chirurgien peut-il prétendre n'avoir jamais manqué une cicatrice ?

Nous pouvons tous faire des boulettes, même Moi.  

Tenez, chers compatriotes, Je vais utiliser une métaphore. 

Pour celles et ceux d'entre vous qui maitrisent insuffisamment  la langue française - voyez comme Je me mets à votre portée- la métaphore est une figure de style qui emploie un terme concret pour exprimer une notion abstraite. 

Voici donc une figure de style relative à la boulette:

Imaginez:

 Je suis Mbappé, je fais involontairement une passe à l'adversaire, celui-ci file au but. Le gardien manque son arrêt. L'adversaire marque et l'équipe de notre génial footballeur perd le match.

Il n'en reste pas moins que Mbappé est Mbappé et que malgré sa boulette, il demeure Mbappé.

Il en est de même pour Moi. J'ai fait une boulette mais Macron Je suis et Macron Je demeure.

Cela dit, il M'importe d'attirer votre attention, vous qui rouspétez à l'envi,  sur l'exceptionnelle capacité qu'a montré la France et son administration à s'adapter aux temps changeants.

Voici quelques chiffres concernant trois ministères essentiels à votre vie, à celle de vos enfants et pour tout dire à l'avenir de la France.

Depuis que Je suis en charge de votre destin, c'est à dire depuis 7 années et demie:

Le ministère de l'Education Nationale a connu 7 titulaires . 

Celui du logement, 7. 

Celui de la santé: 9.

Et l'on dénonce la sclérose de l'État et de son administration ! Soyons sérieux.

Dites-Moi, Mes chers compatriotes, connaissez-vous une entreprise, une seule, capable de gérer de tels continuels changements de dirigeant ? Evidemment non! 

La réponse est dans la question: il n'y a en a pas.

Soyez donc fiers et ne récriminez point.

Mes chers compatriotes: 2024 a été enthousiasmante.

2025 sera audacieuse.

Je vous interrogerai pour vous proposer des voies nouvelles sur des sujets qui vous importent.

J'ai voulu vous donner la parole en juin 2024, Je vous la redonnerai en 2025.

Dans la Chambre des officiers Marc Dugain fait demander à Adrienne

"Qu'est-ce qu'on va faire maintenant ?"

Weil lui répond:

"Leur apprendre la gaieté"

Je vous ai vu tristes, trop souvent. Je veux, Moi aussi, vous apprendre la gaieté.

Françaises, Français, Je vous souhaite une année 2025 gaie, prospère et lumineuse.

Vive la République, 

Vive la France.




lundi 30 décembre 2024

 



                                                   Chers amis lecteurs ,

 .

 Je n'ai guère envie d'écrire, mais finalement, j'ai cédé.

"Il te faut bien dire au-revoir à cette année 2024" m'a dit un ami plus que cher alors que j'entendais prolonger mes vacances.

 Je lui tourne le dos pourtant à cette année funeste. Je luis tourne le dos avec bonheur, malgré les Jeux Olympiques,  malgré Notre-Dame, sans avoir envie de la saluer et sans envie d'écrire. 

Alors, je me retire et laisse la place à quelques maîtres.

                                    XXXX

Observant, terrifié,  les malheurs du monde, il y en eu tant , je passe la plume à Victor Hugo: 

"Qu'est-ce que la mort à tout prendre ? Un mauvais moment, un péage, le passage de peu de chose à rien."

Poutine, Assad, Netanyahou, Khamenei et tant d'autres se disent sans doute qu'au fond, massacrer n'est pas si grave.


Regardant d'ici les sècheresses, les inondations et les cyclones je me rappelle David Grossman:

"Dieu possède une grande imagination pour les malheurs".


Apercevant Trump, la cohorte des démagogues et celle des extrémistes qui s'approchent, chez nous aussi, je me tourne vers Péguy :

" Le triomphes de démagogies est passager. Mais les ruines sont éternelles" .


S'agissant de notre président, je pense à Kundera:

" Son drame n'était pas le drame de la pesanteur, mais de la légèreté"

Son drame ? 

                        XXXX

Allez, au diable 2024! 

Et puisque nous terminons le premier quart de ce siècle, tentons de passer à autre chose.

N'ayons pas d'espérance, c'est une foi aveugle.   

Mais d'espoir, oui, malgré tout, et de courage surtout, 

 Avec Camus pour finir:

"Un homme, ça s'empêche".

Empêchons-nous, cela ira mieux, je vous l'assure.

Au revoir, Chers amis qui me faites l'honneur de me lire,

À l'année prochaine.

lundi 23 décembre 2024




                                                 Rit des malheurs de Poels.


    Quand j'étais collégien chez les bons Frères, notre professeur de latin s'appelait le Frère Avelin. Comme sa tête penchait sur le côté, nous l'appelions Jacinthe.

Un jour il colla Poels , mon meilleur ami à l'époque, pour un motif futile. Jacinthe était un virtuose de la colle. 

La réaction ébahie du collé fit rire Duvivier.

Jacinthe lui colla deux heures

Pour quel motif Frère ? demanda Duvivier qui ne s'en laissait pas conter.

Rit des malheurs de Poels répondit le latiniste.

Eh bien je ne rirai pas des malheurs de Nicolas Sarkozy.

Pour deux raisons au moins, il faut faire court:

La première est qu'on ne rit pas des malheurs des autres sauf s’il s’agit d'Assad, de Poutine, de Xi, ou de Maduro par exemple. Mais ils vont bien. 

La deuxième est qu'il n'y a pas de quoi rire. 

 J'ai lu beaucoup de choses sur cette affaire Bismuth, jusque et y compris l'arrêt de la Cour de Cassation.

Ma conviction est que Nicolas Sarkozy, son ami et avocat Thierry Herzog et l'avocat général Gilbert Azibert ont fauté.

Maître Herzog a proposé un marché, Nicolas Sarkozy l'a accepté et l'avocat général a tenté d'intervenir avec l'espoir d'une contrepartie.

Que finalement les choses ne se soient pas réalisées, que la tentative n'ait pas prospéré, peu importe le code pénal est clair: s'agissant de corruption, il suffit d'en avoir eu l'intention.

Y-a-t-il eu des preuves matérielles? Eh bien oui: les écoutes.

Qu'un avocat ayant prêté serment, se livre par amitié à cette manoeuvre de cour de récréation,

Qu'un autre avocat, ayant prêté serment, ancien président de la République garant de l'indépendance de la justice y consente,

Qu'un avocat-général près la Cour de Cassation,  espère en tirer avantage,

Eh bien oui, pour moi, tout cela mérite condamnation.

Quant au quantum de la peine et à son mode d'exécution, fussent-ils infamants, il y a pire.

Il n'y a pas de quoi rire parce que à un moment, l'ancien président incarnait la France et qu'on conséquence cette condamnation touche la France

Il n'y a pas de quoi rire parce que cette affaire Bismuth, vient après l'affaire Bygmalion qui a vu notre ancien président condamné en première instance, puis en appel pour dépassement ( de près de 100% , excusez du peu) - du plafond légal relatif aux dépenses de sa campagne de 2012 . 

Pour avoir dirigé un certain nombre de campagnes électorales, personne ne parviendra à me faire croire qu'un candidat ayant l'expérience de Nicolas Sarkozy, qui a conduit, lui même, un nombre considérable de campagnes électorales, ait pu ne pas s'apercevoir que les dépenses engagées  crevaient à ce point le plafond autorisé.  

Il n'y a pas de quoi rire parce que d'autres affaires arrivent, mais comme disait un ami notaire, "je n'ai pas le dossier."

Je ne rirai pas parce que tout cela participe de deux choses qui me terrifient:

- la montée du populisme au profit de gens qui ne sont pas forcément plus intègres.

- la tendance possible que les juges auront à considérer que les hommes politiques sont malhonnêtes.

Il y a des délateurs,  la France en est coutumière. Ils sauront trouver les juges qui sauront les écouter. 

"Amants de la vérité, les magistrats sont comme les femmes jalouses, ils se livrent à mille suppositions et les fouillent avec le poignard du soupçon" Balzac Splendeurs et misères d'une courtisane.

Le plus simple, n'est-il pas que chacun de ceux qui reçoivent un mandat du peuple considèrent que ce n'est pas un boulot ?

Rêvons un peu au terme de cette année funeste. 

A vous qui me faites l'honneur de me lire, mille voeux et à l'année prochaine.









lundi 16 décembre 2024

 


                                                            Eh bien non !



Je ne vais pas vous parler de François Bayrou bien qu'il ait atteint, enfin, l'avant dernière marche et regarde désormais celle du-dessus. Raison pour laquelle ceux qui la regardent aussi risquent fort de lui compliquer la tâche.

Je ne vais pas vous parler du François Bayrou, Haut-Commissaire au plan depuis 2020, c'est à dire Haut-Commissaire à rien, puisqu'il n'y a plus de plan.  

Imaginez cela dans la vie normale:  "Monsieur Dupont est nommé directeur de l'usine de fabrication de moules à gaufres qui a fermé  ses portes il y a quatorze ans. Il aura des émoluments, un bureau, une voiture et un chauffeur."  

Nicolas Sarkozy aurait répliqué à un interlocuteur qui lui reprochait le peu de réformes de l'État opérées sous son quinquennat:  "L'État ne se gère pas comme une entreprise"

Manifestement.

Non je vais vous parler d'Anne et de Mimi, dont l'histoire a été  joliment brossée par Solenn de Royer dans un de ses récents billets publié dans Le Monde.

Anne Braun a été secrétaire-générale du groupe gaulliste à l'Assemblée Nationale pendant des années jusqu'en 1993 . 

Hermine Pulvermacher, dite Mimi, occupait le même poste, dans la même assemblée, mais pour le parti communiste. Elle a cessé ses fonctions en 1998.

Toutes deux avaient vu leurs familles massacrées par les nazis.

Partageant à l'Assemblée la même photocopieuse - à quoi ça tient- elles avaient appris à se connaître. Les adversaires sont devenues amies.  Sans renier leurs convictions, elles ont travaillé ensemble à résoudre les problèmes, chaque fois que les tensions entre leurs groupes devenaient excessives et qu'elles n'apportaient rien au débat politique. 

Alors qu'après la mort d'Anne, on lui demandait ce qui les liait, Mimi avait répondu "Anne et moi avions le même amour de la France".

On aimerait bien que les chevaux du cirque, puissent aujourd'hui en dire autant. 

Les praticiens du droit connaissent cette locution latine:

"Nemo dat quod non habet"   (Personne ne peut donner ce qu'il n'a pas).

C'est peut-être bien notre problème.